Homélie du 18 avril 2019

L’Esprit du Seigneur est sur moi ; il m’a consacré par l’onction

Jeudi Saint -

Une homélie de fr. Bernard poupart

Jésus tient sa vie dans ses mains, et il regarde les siens. Il n'a retenu que les Douze pour ce dernier soir. Il veut leur livrer tout le sens de son être et de sa mission, et leur laisser des gestes ultimes à refaire pour le rendre présent au long des siècles.

D'abord il leur lave les pieds. Il renverse ainsi le sens de toute prière : ce ne sont pas les disciples qui sont à genoux, mais le Maitre. Il ne faudra plus chercher Dieu en haut, mais en bas, aux pieds des autres.

En leur lavant les pieds, il s'est sans doute souvenu de la femme qui lui avait lavé les pieds, chez Simon. Elle les avait lavé de ses larmes et essuyés avec ses cheveux, les couvrant de baisers et y versant du parfum. Jésus avait les pieds sales, Simon ne les lui avait pas fait laver en arrivant comme il se devait. Les larmes se mêlaient à la poussière. Elle aimait ces pieds. Elle se répandait en humidité : larmes, baisers, parfum. Jésus l'avait laissé faire. Il aimait son amour.

Nous n'avons gardé le lavement des pieds qu'une fois par an : ce jeudi saint. Dans nos monastères, nous accueillons un novice en lui lavant les pieds, et chaque frère vient les baiser. Ce soir, le célébrant lave les pieds de quelques fidèles. Il faudrait que chacun puisse laver les pieds de son voisin, ce qui demanderait trop de bassines ! Mais gardons avec soin le sens de ce geste : « vous devez vous laver les pieds les uns aux autres », vous servir mutuellement.

Nous allons le faire encore, et quand nous partagerons le pain et la coupe, nous deviendrons son Corps. Il ne faudra pas fermer les yeux pour réaliser sa présence en notre coeur, mais ouvrir les yeux tout grands au corps du Christ que nous devenons ensemble. Ceci, cette assemblée fervente et fraternelle, c'est mon corps. Vous êtes mon corps, et mon sang coule en vous. Alors, comme je me suis livré, livrez-vous ce soir encore. Le Père vous ouvre ses mains. Et vos frères humains attendent le don de vous-même. Cette nuit où je fus livré, qu'elle soit la nuit où vous vous livrez pour vivre pleinement de ma vie. La paix que je vous ai laissée au dernier soir dilatera vos âmes.

 

Prescriptions concernant le repas pascal

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.

Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

Ex 12, 1-8.11-14

Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple.

115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18

Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »

Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

1 Co 11, 23-26

Il les aima jusqu’au bout

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur », et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Jn 13, 1-15

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