Homélie du 27 janvier 2019

Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture

Dimanche, 3ème Semaine du Temps Ordinaire - Année C

Une homélie de fr. Pierre de Béthune

C'est aujourd'hui le 3ème dimanche du temps ordinaire, mais cette eucharistie sera un peu spéciale, d'autant plus que c'est un dimanche autrement ! Elle a en effet été préparée par des membres des Fraternités de Clerlande, dont je fais partie. L'homélie sera partagée entre Philippe Grévisse et moi-même, tandis que la prière universelle a été rédigée par Anne-Marie et Jean-François Grimmiaux. L'assemblée de Clerlande sera donc plus concrètement active ce dimanche.

Mardi passé nous avons médité en Fraternité sur les textes de la messe, en particulier l'évangile, qui est selon saint Luc, comme durant toute cette année. Aujourd'hui nous serons invités à entrer dans le mouvement qui porte toute la Bonne Nouvelle. On y entend que Jésus y fait une première intervention publique dans la synagogue de Nazareth, et, dit le texte « tous avaient les yeux fixés sur lui ». Nous aussi, portons toute notre attention sur le message qui nous est donné et commençons par nous recueillir dans la prière

Homélie

Pierre

« En ce temps-là » ces mots ont été ajoutés au texte de l'évangile. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas tant ce qui se passe en ce temps-là, mais ce qui se passe en ce temps-ci. Quand Jésus parle à la synagogue de Nazareth, il dit : « Aujourd'hui », c'est aujourd'hui que se réalise la prophétie d'Isaïe. Et nous aussi, si nous sommes rassemblés ici, dans la chapelle de Clerlande, c'est pour accueillir l'aujourd'hui de Dieu : nous voulons réaliser aujourd'hui l'annonce de l'évangile que Jésus proclamait jadis. Laissons-nous donc guider par l'évangéliste Luc, le fidèle 'serviteur de la Parole' (comme il se définit), pour que l'appel de Jésus nous atteigne dans notre vie d'aujourd'hui.

Nous avons déjà entendu comment le baptême de Jésus au Jourdain a été un évènement déterminant de la vie du Christ. Après 30 années passées dans la discrétion, il y reçoit la confirmation, ou la révélation, qu'il est le Fils bien-aimé de Dieu, engendré par Lui et que le Messie attendu par le peuple, c'est bien Lui ! Il a senti l'Esprit de Dieu descendre sur lui et 40 jours au désert Lui ont permis de bien percevoir l'esprit de sa mission, tournée d'abord vers les plus pauvres, les malades, les prisonniers de toute sorte, les laissés pour compte-et même les païens ! Quittant le désert, il s'est mis en route, en guérissant les malades et handicapés, en libérant les prisonniers et en annonçant une Bonne nouvelle. Et lorsqu'il arrive en Galilée, sa réputation de faiseur de miracles l'a précédé.

Et Jésus de proclamer solennellement devant les siens : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, le Seigneur m'a choisi et consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres et aux aveugles qu'ils verront la Lumière, apporter aux opprimés la libération et annoncer une année de bienfaits » Lorsqu'il s'arrête de lire et referme le livre, « Tous ont les yeux fixés sur Lui ». Et Jésus fait son coming-out : il affirme pour la première fois que c'est bien lui que les écritures annoncent : « Cette parole de l'Ecriture, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit ».

Lorsque quelque temps plus tard, Jean Baptiste se met à douter et envoie ses disciples demander à Jésus s'il est bien celui qui doit venir, Jésus répondra par la même identification à des faits concrets : « Allez rapporter à Jean ce que vous voyez et entendez : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent-et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

C'est aujourd'hui aussi, ce 27 février 2019, que si nous le voulons, cette Parole de l'Ecriture s'accomplit, ici à Clerlande, pour nous, en chacun de nous et aussi à travers chacun de nous.

Jésus parle, rempli de la puissance de l'Esprit. Dans le silence du coeur et du désert, IL a longuement médité la Parole pour y discerner ce que Dieu attendait de lui. La parole l'a nourri, parce qu'elle a alimenté une relation de plus en plus personnelle avec son Dieu, son Père. La parole l'a envoyé, et en lui, à travers lui, cette parole s'accomplit pour l'humanité entière.

Chacun de nous aussi, nous avons été baptisés, avons reçu l'onction et sommes remplis de l'Esprit. Encore faut-il prendre le temps pour ruminer la Parole, jusqu'au coeur de nos soucis et de nos faiblesses, pour prier et discerner en quoi cette parole peut aujourd'hui m'ouvrir les yeux, me remettre debout et en marche, me libérer de tout ce qui m'enchaîne et m'opprime ? Laisser la parole s'accomplir en moi, pour moi, ce peut bien sur consister à la laisser se traduire au travers de comportements et d'options de vie, mais c'est d'abord une relation qui se développe, se nourrit et s'accomplit. Une relation avec Dieu, une relation qui me guérit et me libère parce qu'elle me couvre d'amour, et parce qu'elle se développe au coeur même de nos faiblesses. Une relation de plus en plus présente qui fait de nos vies une prière ; une relation qui met la louange au coeur de chaque, parce que nous goûtons la Joie d'être aimé de Dieu et de savoir combien Il nous veut libre et heureux. La Bonne Nouvelle, c'est que Dieu vient s'occuper de nous, handicapés, et veut nous rendre libres ! A plusieurs qui lui demandaient une guérison, Jésus a répondu : « Si tu le veux, sois guéri ! ». En nous, pour nous, aujourd'hui cette parole peut s'accomplir. Si nous le voulons- Mais est-ce que nous ouvrons suffisamment les mains et nos coeurs pour qu'il puisse les remplir de sa Bonne Nouvelle ?

Car nous faisons bien de lire l'évangile jusqu'au bout. Nous voyons alors que, tout à fait à la fin de l'évangile de Luc, après la résurrection, le Christ dit à ses disciples, en les envoyant dans le monde enter : « Vous en êtes les témoins ». Le Christ Jésus a été envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, comme nous l'avons entendu dans le passage de ce dimanche, mais désormais, c'est nous qui sommes envoyés pour continuer sa mission et être, pour nos frères et soeurs en humanité, signes vivants de la tendresse de Dieu pour chacun d'eux.

Le Pape François nous invite aujourd'hui à aller d'abord, avec l'Esprit, aux périphéries de l'Eglise, là où sont les prisonniers, les réfugiés, les malades, les handicapés, les isolés, les moins nantis, les rejetés en tout genre. Parce que nous pouvons, nous aussi, contribuer à guérir les blessés de la vie, les accompagner simplement sur leur chemin, les libérer, les aider à se remettre debout. Et parce que c'est nous qui décidons de qui nous serons le 'prochain' ! Par amour gratuit du prochain, mais sans oublier que l'on ne peut bien aimer ce prochain si l'on ne s'aime et ne se respecte aussi soi-même. Jésus lui-même ne s'accordait-il pas régulièrement du répit, pour raviver dans le silence et la solitude sa relation au Père et discerner le chemin à prendre ?

Pierre

De fait, lors de notre réunion, en Fraternité, mardi passé, nous avons tenté de voir, pratiquement, comment « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » que nous rencontrons, comment libérer, comment donner. Et nous avons reconnu qu'au-delà de notre bonne intention, notre générosité est encore souvent motivée par des préoccupations personnelles. Nous donnons, mais, pour une part, c'est pour recevoir quelque chose en retour, -- ne fût-ce que l'estime de nous-mêmes. Nous voulons porter plus de liberté, -- mais sommes-nous vraiment libres ?

Oui, nous sommes constamment confrontés à nos limites personnelles. Vouloir à tout prix les dépasser avec nos seules forces ne conduit-il pas à donner sans amour ? « Ce qui importe, dit le Pape dans son exhortation apostolique La Joie et l'allégresse, c'est que chaque croyant discerne son propre chemin, et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui. -Et qu'il ne s'épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n'a pas été pensé pour lui »

C'est ainsi seulement que nous pourrons accueillir l'Évangile aujourd'hui, et trouver les façons justes de l'annoncer en ce temps-ci.

Mes soeurs, mes frères, c'est de cette manière que nous apprenons à laisser Jésus agir en nous, à travers nous pour que s'annonce sa Bonne nouvelle. Comme Marie, nous pourrons alors affirmer : L'Esprit de Dieu repose sur moi, j'exulte de joie en Dieu mon sauveur ! Oui, c'est aujourd'hui que la parole s'accomplit !

Fr. Pierre de Béthune et Philippe Grévisse.

 

Tout le peuple écoutait la lecture de la Loi

En ces jours-là, le prêtre Esdras apporta le livre de la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les Lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.

Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les Lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

Ne 8, 2-4a.5-6.8-10

La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche, le murmure de mon cœur ; qu’ils parviennent devant toi, Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

Ps 18 (19), 8, 9, 10, 15

Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps

Frères, prenons une comparaison : notre corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.

Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

1 Co 12, 12-14.27

Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »

Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21

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