Homélie du 23 décembre 2018

D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?

Dimanche, 4ème Semaine de l'Avent - Année C

Une homélie de fr. Yves de patoul

« Ah qu'ils sont beaux sur la montagne les pas de ceux qui portent la bonne nouvelle, qui annoncent le salut et la paix ».

La deuxième lecture, aux Hébreux, va dans le même sens : le seul sacrifice qui subsiste dans l'alliance nouvelle c'est l'action de grâce. Remercier Dieu pour tout ce qu'il nous a déjà donné, et offrir non pas quelque chose d'extérieur à soi (des holocaustes, des offrandes, des sacrifices pour les péchés), mais soi-même. Le seul sacrifice qui plaise vraiment à Dieu, c'est de s'offrir soi-même, consentir à devenir un instrument entre les mains de Dieu pour que sa volonté soit faite. « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté ». Cette parole du psaume 39 est mise dans la bouche du Christ (par l'auteur de la lettre très pompeuse aux Hébreux) lorsqu'il entre dans le monde. Elle reprend en quelques mots simples toute la substance de la tradition prophétique relative à la venue du Messie.

Marie et Elisabeth sont également les instruments de Dieu en mettant au monde Jésus son fils l'Emmanuel, Dieu qui sauve, et Jean celui qui le baptisera dans le Jourdain. Toute la symbolique de la grandeur de Dieu qui choisit le plus petit pour sauver ce qui était perdu apparaît clairement encore dans le passage du Livre de Michée que nous avons entendu tout à l'heure. C'est du plus petit des clans de Juda que sortira celui qui doit gouverner les peuples : « il sera leur berger par la puissance du Seigneur - Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu'aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix ».

« Tu n'as voulu ni offrande, ni sacrifice, mais tu m'as formé un corps ». Le Fils de Dieu n'est pas un pur esprit, mais un homme à part entière avec toutes ses fragilités que nous connaissons tous si bien. Il vient se donner corps et âme pour accomplir la volonté du Père.

À la suite de Jésus, et sur le modèle de Marie pleine de grâce, et d'Elisabeth la stérile qui enfanta celui qui précéda le Christ et qui le baptisa, soyons nous aussi les instruments entre les mains de Dieu pour que sa volonté soit faite.

 

Jusqu’au jour où enfantera...celle qui doit enfanter

Ainsi parle le Seigneur : Toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois. Mais Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera... celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix !

Mi 5, 1-4a

Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l’homme qui te doit sa force. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom !

Ps 79 (80), 2a.c.3bc, 15-16a, 18-19

Me voici, je suis venu pour faire ta volonté

Frères, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

He 10, 5-10

D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Lc 1, 39-45

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