Homélie du 24 janvier 2016

Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture

3ème dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Une homélie de fr. Bernard poupart

l'Évangile de Jean montre d'abord Jésus parmi les disciples de Jean-Baptiste au Jourdain, où il rencontre ses premiers compagnons, et c'est une indication très précieuse sur le début de l'activité de Jésus et la source de l'Évangile: tout a commencé avec le Baptiste.

Puis vient tout de suite le récit des noces de Cana. L'activité propre de Jésus commence donc par ce mariage et le récit est plein d'énigmes qui sont comme des invitations à chercher: il y a un mariage à Cana mais on ne dit pas qui se marie, et encore moins qui est la mariée, totalement absente du texte. Mais la première nommée est la mère de Jésus. Pourquoi est-elle là? Comme nous ne savons pas qui se marie, la seule réponse est que le narrateur veut la mettre au premier plan. Jésus a le statut d'invité, avec ses disciples.

Et tout de suite est exprimé un manque, le manque de vin, que sa mère expose à Jésus. Tristes noces donc, noces sans vin, noces sans joie. Exprimer un manque, c'est demander de le combler, ce que Jésus n'est pas disposé à faire. Il dit que ce n'est pas encore le moment, l'heure. Il y aura donc bien une heure pour cela, et le signe qui est comme arraché à Jésus avant l'heure annonce ce qui viendra à son heure.

Car la mère de Jésus ne renonce pas après cette rebuffade. En s'adressant directement aux serviteurs, elle prend elle-même l'initiative de ce qu'elle demande, elle force le signe: « Faites tout ce qu'il vous dira », car il est bien obligé de dire quelque chose.

Le narrateur nous tourne alors vers ces jarres qui vont être remplies de 600 litre d'eau qui deviennent 600 litres de vin excellent. Seuls les serviteurs sauront ce qui se passe, et apparemment les disciples aussi. Le maître d'hôtel ne saura rien, ni le marié. Et la mère de Jésus a disparu du récit. Elle réapparaîtra à la Croix, à l'Heure de Jésus.

Que faire de cet étonnant récit? Il est placé là comme un porche de l'Évangile, comme pour nous dire: lisez toute la suite comme le passage de noces tristes dans le manque à une surabondance de vin délicieux. Tous les Pères de l'Église ont fait le rapprochement avec la multiplication des pains: même manque au départ et même surabondance. Il devenait alors clair qu'il s'agissait du pain et du vin eucharistique distribués jusqu'à la fin des temps.

Mais les noces? Et surtout ce passage de noces tristes, en manque, à la joie du bon vin?

A Noël, nous avons bien fêté des noces, les noces de Dieu et de l'humanité quand le Fils éternel du Père épouse notre humanité en prenant chair de notre chair, comme l'annonçait Isaïe: « Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t'a construite t'épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. » Nous croyons cela.

Mais aujourd'hui, je lis ce texte autrement. Vous avez sûrement fêté Noël joyeusement chez vous et ici, et sans doute avec du bon vin. Mais nous fêtions Noël dans un monde triste, hébété par toutes les formes de violence, et pas seulement celles des djihadistes. Un monde en manque cruel de cette paix pourtant annoncée par les beaux anges chanteurs de Bethléem.

Et si nous lisions alors ce récit des noces de Cana non seulement comme le porche de l'Évangile de Jean, mais comme le signe du passage pour notre humanité d'une pauvre fête en manque de joie à une surabondance? Est-ce seulement un beau rêve en attendant des jours meilleurs?

Lisons cet Évangile jusqu'au bout. L'Heure de Jésus, l'Heure de sa gloire, pour Jean, c'est l'heure de sa mort sur la Croix.. L'eau et le sang ont coulé de son côté pour la vie du monde, et l'Esprit nous a été remis. La mère de Jésus était là, et elle a reçu le disciple bien-aimé comme son fils.

Ne pouvons-nous alors lire la passion actuelle du monde comme Jean nous fait lire la Passion de Jésus? Cette humanité qui souffre est celle que Dieu aime, qu'il épouse dans les larmes, dans des noces de sang. Il travaille en son coeur pour combler son manque. Pouvons-nous alors en discerner les signes en cherchant où sont les serviteurs qui voient l'eau, l'eau qu'ils versent, se changer en vin joyeux? Ce sont les réfugiés qui trouvent une terre d'accueil et des amis pour commencer une nouvelle vie avec leurs enfants. Ce sont tous ceux qui acheminent des secours et ceux qui s'obstinent à préparer une paix si difficile. Ce sont encore tous ceux qui s'engagent à tous les niveaux pour sauver la planète. Et il y a sûrement aussi beaucoup de jeunes soldats qui n'ont qu'une envie, celle de protéger les populations.

J'ai écrit récemment que Dieu pleure sur le monde, et que je pleure avec lui dans ma prière. Aujourd'hui, je voudrais dire que ses pleurs n'empêchent pas Dieu de vouloir et de chercher avec nous la joie de ses noces. Il est toujours à Cana avec nous. La mère de Jésus est là aussi qui nous dit encore: « Faites ce qu'il dit, il va vous faire remplir d'eau vos jarres vides pour vous donner à boire un vin de joie. Faites-le chacun, là où vous êtes, à votre mesure, et vous verrez sa gloire, et la vôtre. »

 

Tout le peuple écoutait la lecture de la Loi

En ces jours-là, le prêtre Esdras apporta le livre de la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois. Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi. Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès. Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les Lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.

Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les Lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

Ne 8, 2-4a.5-6.8-10

La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche, le murmure de mon cœur ; qu’ils parviennent devant toi, Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

Ps 18 (19), 8, 9, 10, 15

Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps

Frères, prenons une comparaison : notre corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.

Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

1 Co 12, 12-14.27

Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »

Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21

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