Homélie du 11 novembre 2018

Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres

Dimanche, 32ème semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Bernard poupart

Deux femmes, deux veuves, toutes les deux avec peu de ressources : une poignée de farine, un peu d'huile, deux piécettes. Le maitre mot de ces textes est le peu. Des gens de peu avec peu de choses. Nous avons une jolie chanson que je ne vais pas vous chanter mais quand même vous lire :

« Les gens de peu n'ont rien à perdre

ils n'ont jamais rien possédé
et le peu qu'ils auront gagné
ils savent encore le partager. »

Est-ce possible ? En s'engageant dans la vie monastique, les moines doivent se délester de tous leurs biens, et plus encore que de leurs biens matériels, de la projection d'une carrière et de la joie de fonder une famille. C'est souvent bien dur quand on voit les autres avec leurs enfants. Mais ils ne peuvent pas facilement dire qu'ils ont tout donné alors qu'ils trouvent au monastère tout ce dont ils ont besoin. Les parents savent tout ce qu'ils ont donné et qu'ils donnent à leurs enfants. Il y a ici entre nous bien des différences : différences d'âge, de statut social, d'engagements dans la cité. Les uns sont pleins de projets tandis que d'autres caressent leur passé. Mais devant Dieu nous sommes tous des gens de peu. Nous lisions hier dans l'évangile que les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter et Jésus aimait s'asseoir à leurs tables. Les publicains portaient peut-être de belles tuniques, ils en avaient les moyens, mais ils ne pouvaient pas prétendre aux salutations et aux places d'honneur. Au Temple, le publicain se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais c'est lui que Dieu a accueilli.

Je vais parfois visiter une vielle amie dans une maison de retraite, et il y a là un home qui fut un notable mais que la maladie d'Alzheimer a déchu : ceux qui le courtisaient autrefois ne viennent pas le voir. Mais il est servi par ceux-là même qu'il aurait considéré avant comme des gens de peu.

Ainsi va la vie. Marie chantait : « Il renverse les puissants, il élève les humbles ». Son magnificat est la balade des gens de peu.

 

Avec sa farine la veuve fit une petite galette et l’apporta à Élie

En ces jours-là, le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l’entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l’appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d’eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. » Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. » Élie lui dit alors : « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi ; ensuite tu en feras pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. » La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé, et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie.

1 R 17, 10-16

Le Seigneur garde à jamais sa fidélité, il fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l’étranger.

Il soutient la veuve et l’orphelin, il égare les pas du méchant. D’âge en âge, le Seigneur régnera : ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

Ps 145 (146), 6c.7, 8-9a, 9bc-10

Le Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

He 9, 24-28

Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres

En ce temps-là, Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie. Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Mc 12, 41-44

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