Homélie du 2 septembre 2018

Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes

22ème dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

« Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ; c'est elle qui peut sauver vos âmes » (Jc, 1)

Pourquoi Jacques exhorte-t-il à la douceur ? Y aurait-il une manière violente d'accueillir la parole ? Comment avons-nous reçu l'évangile de ce jour avec ces invectives contre les pharisiens hypocrites, dont le coeur est loin de Dieu. Et puis, ces paroles de Jésus concernant le pur et l'impur ?

Ces paroles, nous les avons déjà entendues combien de fois ! Est-ce que je les reçois, une fois de plus, comme une menace, comme un message décourageant qui me laisse amer au bord du chemin ?

« Accueillez avec douceur-- » Ne s'agit-il pas d'une bonne nouvelle ? A savoir, comme le dit le Deutéronome « Que le Seigneur notre Dieu est proche, chaque fois que nous l'invoquons ». Et que ce qu'Il désire de tout son coeur ce ne sont pas tant des « pratiquants » que des « aimants « et des « confiants » qui, loin des observances tatillonnes, minutieuses et infantilisantes, ont opté pour une relation à Dieu cordiale et adulte.

« Accueillez avec douceur la Parole qui peur sauver vos âmes- » J'ai le choix, en effet, de ne pas accueillir la Parole et de donner naissance à tout ce qui va à l'encontre de la vie : « pensées perverses, vols, méchancetés envie, orgueil-. » : Tout ce mal dont Jésus nous dit qu'il vient « du dedans ». Une fois de plus il met tout à l'envers : nous pensons : le mal vient du dehors : Jésus dit : ça vient du dedans. Victime d'un mal, je me rend complice de ce mal si je rends le mal pour le mal : nous connaissons ces hommes et ces femmes qui, emprisonnés, torturés, n'ont pas versé dans la haine de leurs bourreaux mais ont vaincu le mal par leur amour héroïque.

Les héros, ce n'est pas nous mais Jésus-Christ qui ne nous laisse pas entrer dans le mal mais vient planter sa croix au milieu du stupéfiant chaos personnel et social non pas pour donner un coup de pouce, une aide occasionnelle, un bon conseil mais pour sauver.

Notre présence à l'Eucharistie, n'est ce pas cela ? Ce qui a été proclamé devient réalité quand nous recevons dans la foi le Corps et le Sang de notre doux Seigneur : il se fait proche comme ce n'est pas possible ; Il se fait douceur de pain et de vin déposés en nous : il nous insuffle la vie même du Dieu-Amour en nous disant : « J'ai pris sur moi tout ton mal et tout le mal du monde, tut est déjà sauvé, restauré, ressuscité : à toi de te laisser prendre par la main par ton Sauveur, pour devenir comme lui, bonté de Dieu parmi tes frères ! »

 

Vous n’ajouterez rien à ce que je vous ordonne… vous garderez les commandements du Seigneur

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, vous entrerez, pour en prendre possession, dans le pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères. Vous n’ajouterez rien à ce que je vous ordonne, et vous n’y enlèverez rien, mais vous garderez les commandements du Seigneur votre Dieu tels que je vous les prescris. Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces décrets, ils s’écrieront : ‘Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation !’ Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation dont les décrets et les ordonnances soient aussi justes que toute cette Loi que je vous donne aujourd’hui ? »

Dt 4, 1-2.6-8

Celui qui se conduit parfaitement, qui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur. Il met un frein à sa langue.

Il ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain. À ses yeux, le réprouvé est méprisable mais il honore les fidèles du Seigneur.

Il ne reprend pas sa parole. Il prête son argent sans intérêt, n’accepte rien qui nuise à l’innocent. Qui fait ainsi demeure inébranlable.

Ps 14 (15), 2-3a, 3bc-4ab, 4d-5

Mettez la Parole en pratique

Mes frères bien-aimés, les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses. Il a voulu nous engendrer par sa parole de vérité, pour faire de nous comme les prémices de toutes ses créatures. Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ; c’est elle qui peut sauver vos âmes. Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Devant Dieu notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde.

Jc 1, 17-18.21b-22.27

Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes

En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats. Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. » Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »

Appelant de nouveau la foule, il lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »

Il disait encore à ses disciples, à l’écart de la foule : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Mc 7, 1-8.14-15.21-23

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