Homélie du 12 août 2018

Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel

Dimanche, 19ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr.

C'est ce que nous célébrons en partageant le pain et le vin venus de l'autel. Nous les recevons, et puis nous les donnons au suivant. C'est ainsi que tout se transmet dans l'Évangile : ce que nous recevons, nous devons le transmettre aux autres : pardonnez, parce que vous avez été vous-mêmes pardonnés, aimez-vous les uns les autres, vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. C'est seulement en entrant dans ce mouvement que nous pouvons un peu comprendre l'Évangile et le sens du pain de vie.

Ensuite nous mangeons tous ensemble ce pain, et nous buvons le vin consacré, pour entrer plus avant dans le mystère du Christ. Il n'y a pas de communion plus intime qu'avec ce qu'on mange ou boit. Dans l'eucharistie nous communions donc au Seigneur Jésus toujours vivant qui se donne éperdument : comme il a donné sa présence, son temps son affection, il donne sa vie, sa chair et son sang.

Mais je crois que nous devons bien nous entendre sur ce qu'est ce pain de vie, le 'pain consacré' à la messe. Personnellement, je le reçois essentiellement comme une participation, une communion avec le don, le sacrifice du Christ. Il est tout particulièrement présent parmi nous, par son Esprit, quand nous sommes réunis en son nom et que nous nous laissons convertir, transformer par la communion au pain et au vin consacrés.

Le pain et le vin ne sont pas pour cela transmutés ou 'transsubstanciés', comme on dit, mais la présence sacramentelle du Seigneur fait de ce pain et de ce vin une occasion de vie plus intense. Cette 'présence réelle', ne remplace pas la nature (la substance) du pain et du vin mais elle y ajoute une grâce essentielle. Je m'explique par un exemple. Je voudrais évoquer la mémoire d'une personne, une femme ordinaire qui s'appelait Louise. Elle n'avait rien de très extraordinaire, -- mais il se trouve que c'était ma mère. Ce n'est pas parce qu'elle était une femme ordinaire qu'elle n'était pas moins ma mère chérie ; et ce n'est pas parce qu'elle était ma mère qu'elle était moins une femme ordinaire. Ainsi du pain eucharistique : ce n'est pas parce qu'il est pour nous le Corps du Christ qu'il est moins du pain ordinaire ; et inversement, ce n'est pas parce qu'il est du pain ordinaire, savoureux, croustillant, qu'il est moins le Corps du Christ parmi nous.

Mais pour faire l'expérience de cette présence réelle, il nous faut entrer toujours plus profondément dans ce mouvement de don du Christ, il nous faut communier à son amour ardent pour la vie du monde. La présence réelle n'est donc pas d'abord un dogme à croire, à comprendre avec notre raison, en dépit de l'expérience de nos sens de la vue et du goût. Non ! nous croyons à la présence réelle du Christ dans la mesure où nous nous donnons nous-mêmes au Christ, à tous nos frères et soeurs. La liturgie nous y invite clairement : « Devenez ce que vous recevez ! » Pour comprendre ce qu'est le pain consacré, il nous faut devenir nous-mêmes un pain donné, consacré au service des humains. Comme l'écrivait Etty Hillesum, à la dernière page de son Journal : « J'ai rompu mon corps comme le pain et l'ai partagé entre les hommes ».

Je crois même que pour aller jusqu'au bout du don, comme Jésus l'a vécu, il faut avoir fait l'expérience de donner 'de notre indigence'. C'est ce que le Christ nous a expliqué en attirant notre attention sur la veuve pauvre qui mettait deux piécettes dans le tronc du Temple. Tant que nous donnons ce que nous avons, c'est bien, mais nous ne faisons que redistribuer les biens de notre monde. Par contre, quand, dans nos échanges et rencontres, nous donnons au-delà de ce que nous pensons avoir, quand, paradoxalement, nous 'donnons de notre indigence', alors nous donnons vraiment, nous ne donnons plus notre avoir, mais notre être et c'est un don créateur, créateur d'amour. « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie- »

Oui, mes frères, mes soeurs, l'eucharistie nous apprend comment faire de notre vie un don. Nous sommes « instruits par Dieu », comme dit le prophète, et nourris par le Christ pour que notre vie soit elle aussi 'consacrée', parce que vraiment donnée.

 

Fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu’à la montagne de Dieu

En ces jours-là, le prophète Élie, fuyant l’hostilité de la reine Jézabel, marcha toute une journée dans le désert. Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, et demanda la mort en disant : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. » Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange ! » Il regarda, et il y avait près de sa tête une galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau. Il mangea, il but, et se rendormit. Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange, car il est long, le chemin qui te reste. » Élie se leva, mangea et but. Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.

1 R 19, 4-8

Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour, pour libérer ceux qui le craignent. Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge !

Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9

Vivez dans l’amour, comme le Christ

Frères, n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance. Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, tout cela doit être éliminé de votre vie, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.

Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur.

Ep 4, 30 – 5, 2

Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? » Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Jn 6, 41-51

pageData
Array
(
    [page] => Array
        (
            [title] => Homélie
            [description] => 
            [headerLogo] => Array
                (
                )

        )

    [description] => Monastère Saint-André de Clerlande
)
GET
Array
(
    [page] => liturgie
    [page2] => homelie
    [page3] => 7038
    [page4] => Moi_je_suis_le_pain_vivant_qui_est_descendu_du_ciel
)
tooltip