Homélie du 15 juillet 2018

Il commença à les envoyer

Dimanche, 15ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Pierre de Béthune

Nous sommes tous envoyés

En suivant la lecture de l'évangile de Marc, nous arrivons aujourd'hui à ce qu'on appelle l'envoi en mission. Les trois évangiles synoptiques nous rapportent ces paroles de Jésus à ses disciples qu'il envoie pour annoncer à leur tour la Bonne Nouvelle. Il appelle les douze ; ailleurs il en envoie soixante-douze, finalement il envoie tous ses disciples : nous sommes tous envoyés.

».

Mais il nous faut voir comment, comment annoncer le Royaume et réaliser cette évangélisation aujourd'hui.

Le texte de l'évangile est assez étrange, parce qu'il ne dit pas ce que nous devons dire, le contenu de la prédication ; il précise seulement la façon de nous y prendre. : « -ne rien prendre pour la route, pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie », Comment comprendre ces injonctions ?

On a toujours expliqué qu'il s'agit ici encore de recommandations en style hyperbolique, comme quand Jésus nous demande de couper la main ou le pied qui aurait été occasion de péché. En disant de ne rien prendre avec soi, il recommande seulement aux envoyés d'être vraiment détachés de tous les biens de ce monde.

Mais je me demande s'il ne faut pas prendre ce texte-ci à la lettre, non pas comme une invitation à être détachés, mais bien à se découvrir dépendants de nos hôtes. En effet, si les envoyés n'ont même pas de pain pour la route, ils seront bien obligés de demander l'hospitalité. Et c'est ainsi, comme demandeurs, comme demandeurs d'asile, que Jésus leur propose d'aller. Avant de 'donner gratuitement', il faut avoir fait l'expérience d'avoir 'reçu gratuitement' de nos hôtes.

D'ailleurs c'est bien ainsi que Jésus lui-même a vécu et enseigné. Il demandait l'hospitalité à Pierre, à Mathieu, à Lazare, à Simon, à Zachée. À la Samaritaine, il commence par demander : « Donne-moi à boire ». Il demande constamment à être reçu chez les siens, au risque de ne pas toujours être bien reçu, -- on l'a vu récemment, -- et de n'avoir parfois pas une pierre où reposer la tête. Pour témoigner de l'Évangile, il demande donc à ses disciples de commencer par se mettre dans une attitude d'humilité. Car celui qui possède une richesse, une compétence, des relations ou même la Vérité, surplombe, en quelque sorte, son interlocuteur et fausse dès le début la relation. Pour se présenter au nom de Jésus, les envoyés doivent donc d'abord demander humblement d'être reçus, non pas comme des bienfaiteurs, mais comme des hôtes. Quand alors les disciples auront « trouvé, dans une maison, l'hospitalité » dont ils ont besoin, ils pourront effectivement annoncer le Dieu de Jésus-Christ, un Dieu qui a besoin des hommes.

Plus fondamentalement, ce passage de l'Évangile nous rappelle ce qui est au coeur de toute relation, et dont nous faisons l'expérience dans l'amour : oui, quand nous aimons, nous entrons dans la dépendance de la personne aimée. En demandant à ses disciples de commencer par demander l'hospitalité, et donc de se mettre sous la dépendance de leurs hôtes, Jésus indique que l'évangélisation est une invitation à respecter le chemin de l'amour : aimer et se découvrir dépendant, ou, en retour, dépendre et susciter l'amour. Ceux qui ont fait un pèlerinage à pieds, en demandant l'hospitalité sur leur chemin attestent qu'en faisant ainsi, ils donnaient l'occasion à leurs hôtes de réveiller leur capacité d'amour gratuit.

Mes frères, mes soeurs, c'est à cela que nous sommes appelés, c'est pour cela que nous sommes envoyés. Notre mission de chrétien est bien d'annoncer l'amour gratuit de notre Père des cieux. Et cet amour ne tombe pas du ciel ; il est enfoui dans le coeur de tout homme créé à son image. A nous de le réveiller en nous présentant démunis, au plus vrai de nous-mêmes, et en faisant confiance à la bonté des humains, plus profonde que tous les égoïsmes, les calculs et les indifférences mondialisées. C'est ainsi que nous pouvons répandre la lumière et la saveur de l'Évangile.

En nous rassemblant pour célébrer le repas du Seigneur, nous apprenons de lui à commencer ainsi à nous accueillir les uns les autres. Oui, comme le demandait saint Paul aux Romains : « Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu ». (Rm 15, 7)

 

Va, tu seras prophète pour mon peuple

En ces jours-là, Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : ‘Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.’ »

Am 7, 12-15

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles : son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

Ps 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14

Il nous a choisis dans le Christ avant la fondation du monde

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ.

Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour.

Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ.

Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.

En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes.

C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.

Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.

En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ.

En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu est une première avance sur notre héritage, en vue de la rédemption que nous obtiendrons, à la louange de sa gloire.

Ep 1,3-14

Il commença à les envoyer

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

Mc 6,7-13

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