Homélie du 15 juillet 2018

Il commença à les envoyer

Dimanche, 15ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Pierre de Béthune

« Il est venu parmi les siens, et les siens ne l'ont pas reçu »

L'évangile d'aujourd'hui raconte un épisode anecdotique : contrairement aux autres textes évangéliques, il n'y a pas de miracles merveilleux que nous pourrions admirer, ni d'enseignement nouveau et frappant que nous devrions méditer et mettre en oeuvre, - du moins à première vue. Pourquoi alors les évangiles Mathieu, Marc et Luc l'ont-ils retenu ?

C'est qu'en réalité, en le méditant plus intensément, on découvre, non pas un enseignement particulier, mais l'évocation d'un aspect important de la vie de Jésus parmi nous. L'évangéliste Jean l'exprime en quelques mots : « Il est venu parmi les siens, et les siens ne l'ont pas reçu ».

»

En méditant sur cet épisode de la visite de Jésus à Nazareth nous pouvons donc réfléchir sur notre façon de voir, et plus particulièrement sur nos façons de nous étonner.

L'étonnement des Nazaréens ne leur a servi à rien. Ils n'ont pas su voir le don de Dieu en la personne de Jésus, ils n'ont rien appris. Ils ont vite fait de chasser celui qui troublait leur vie religieuse paisible.

Par contre l'étonnement de Jésus nous interpelle. Nous avons en effet entendu comment, à la fin de cette visite dans sa patrie « il s'étonna de leur manque de foi ». Les habitants de Nazareth étaient certainement des croyants fidèles, nourris chaque sabbat de l'enseignement de la religion. Mais Jésus ne parle pas ici du contenu de leur foi. Le manque de foi qu'il leur reproche est leur incapacité d'accueillir la grâce qui passe. Leur étonnement est stérile, il n'est qu'une agitation malvenue, vite calmée. Or la foi est d'abord une capacité de nous étonner positivement, un étonnement qui pousse à l'admiration et à l'action.

Aussi Jésus nous demande d'abord de pouvoir vraiment nous étonner. Tant de choses nous sollicitent aujourd'hui. Nous avons vu tant de choses étonnantes dans notre vie, -- et même les plus jeunes ont déjà voyagé partout ! Nous ne nous étonnons plus de rien. Or la foi que Jésus attend de nous est précisément cette forme d'accueil qu'il pratique lui-même : accueil de tout ce qui nous est donné, à commencer par ce qui est imprévu, étonnant, insolite, neuf, étranger. Cela suppose une capacité de toujours nous laisser surprendre. Cela suppose un regard neuf, un « oeil sain », comme dit Jésus. Un regard positif qui non seulement ne juge pas tout depuis son point de vue, et reste curieux, mais qui est aussi capable de discerner chez ceux que nous rencontrons les germes de vie, parfois cachés sous des apparences banales, ce qu'il y a en eux de plus vrai, de plus natif. Oui, l'Évangile nous apprend à avoir sur nos frères et soeurs un regard d'espérance qui invite à développer ces germes de vie et d'amour.

En posant autour de nous un regard neuf, étonné, nous devenons ou redevenons capables de promouvoir la vraie vie. Et en voyant comment nous pouvons ainsi accueillir de façon nouvelle nos concitoyens, nos voisins, nos frères et soeurs trop connus, Jésus pourra alors s'étonner de notre foi.

Nous allons maintenant continuer cette célébration en ouvrant les yeux de notre coeur aux dimensions du monde, et très concrètement en priant pour tous ceux qui nous sont recommandés.

Et puis nous referons les gestes si simples du partage du pain et de la coupe : si simples et connus que nous ne pouvons plus facilement nous en étonner. Et cependant ils expriment le coeur de notre vie chrétienne : c'est dans le pain quotidien, rompu et partagé, que notre Seigneur est présent. C'est pourquoi, après avoir redit les paroles de Jésus à la Dernière Cène, le prêtre s'arrête un instant, il fait un arrêt sur image, un bref moment de silence, pour nous étonner devant ce mystère, et adorer.

 

Va, tu seras prophète pour mon peuple

En ces jours-là, Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : ‘Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.’ »

Am 7, 12-15

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles : son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

Ps 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14

Il nous a choisis dans le Christ avant la fondation du monde

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ.

Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour.

Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ.

Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.

En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes.

C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.

Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.

En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ.

En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu est une première avance sur notre héritage, en vue de la rédemption que nous obtiendrons, à la louange de sa gloire.

Ep 1,3-14

Il commença à les envoyer

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

Mc 6,7-13

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