Homélie du 6 mai 2018

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime

6ème Dimanche de Pâques - Année B

Une homélie de fr. Bernard poupart

Luc a donné le chiffre symbolique de quarante jours au temps particulier où Jésus ressuscité apparaissait de temps à autre aux disciples. Paul précise même qu'il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois.

L'Ascension marque la fin de ces apparitions. On ne verra plus Jésus de manière sensible. Mais ce départ et cette absence ne sont pas vécus comme une épreuve par les disciples : Jésus s'est séparé d'eux en les bénissant et ils retournent à Jérusalem remplis de joie.

Dans l'évangile de Jean, Jésus avait dit : « Il est bon pour vous que je m'en aille pour que vienne en vous l'Esprit Saint ».

L'absence sensible de Jésus peut parfois nous tourmenter. Nous aimerions quelque signe sensible de sa présence. Mais nous ne pouvons plus le retrouver que dans la relecture constante des évangiles, et il nous arrive heureusement d'éprouver la joie des disciples, quand ces textes nous le rendent présent, mais non plus de manière sensible. Il nous parle au coeur quand nous en ressentons la brûlure, comme les disciples d'Emmaüs, et comme ces disciples ont eu une 'apparition disparaissante', selon l'heureuse expression de https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Jank%C3%A9l%C3%A9vitch » >Jankélévitch, nous faisons l'expérience d'une présence absente.

Les évangiles parlent de montée aux cieux : ce sont des images dont nous avons besoin pour exprimer une réalité spirituelle. Dieu n'est pas plus en haut qu'en bas. D'ailleurs, il aime descendre : nous disons bien que Jésus est descendu du ciel avant d'y remonter. Descente et montée : ces images verticales nous sont familières ; nous disons par exemple que quelqu'un est descendu bien bas, ou au contraire qu'il est parvenu au faîte de ses ambitions. Ce qu'exprime le mystère de l'Ascension, c'est que le Christ ressuscité élève son humanité, et la nôtre avec lui, jusqu'en Dieu même. Nous pouvons ainsi dire qu'il y a désormais de l'humain en Dieu. Le Christ nous entraine dans son ascension.

Mais il y a aussi un mouvement horizontal qui est lancé au départ du Christ. Les anges disent aux disciples : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? ». Et au moment où il part, Jésus envoie les disciples poursuivre la course de l'évangile qu'il a lancée. La dernière parole de Jésus c'est : « Allez ! ».

Il nous appartient, à nous chrétiens, de rappeler la vocation de l'humanité, exprimée dans le mystère de l'Ascension : elle est appelée à s'élever au-delà d'elle même, à conjurer ce qui la dégrade et l'humilie. Et nous devons bien nous garder de penser que nous n'avons pas de grands moyens, là où nous sommes les uns et les autres, pour cet engagement. Si chacun de nous s'applique à honorer tout ce qui fait grandir l'humain, c'est toute la pâte qui lèvera.Il nous arrive peut-être de penser que nos rangs vont s'éclaircir avec nos âges. Mais nous avons vingt siècles d'histoire et la foi chrétienne vit toujours sur toute la face de la terre. Le message de l'Ascension, c'est bien que l'évangile sera toujours lancé pour les générations à venir, et qu'il fera monter l'humanité en Dieu.

 

Même sur les nations païennes, le don de l’Esprit Saint avait été répandu

Comme Pierre arrivait à Césarée chez Corneille, centurion de l’armée romaine, celui-ci vint à sa rencontre, et, tombant à ses pieds, il se prosterna. Mais Pierre le releva en disant : « Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi. » Alors Pierre prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. » Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants qui accompagnaient Pierre, et qui étaient juifs d’origine, furent stupéfaits de voir que, même sur les nations, le don de l’Esprit Saint avait été répandu. En effet, on les entendait parler en langues et chanter la grandeur de Dieu. Pierre dit alors : « Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? » Et il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux.

Ac 10, 25-26.34-35.44-48

Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ; il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël.

La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez !

Ps 97 (98), 1, 2-3ab, 3cd-4

Dieu est amour

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés.

1 Jn 4, 7-10

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Jn 15, 9-17

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