Homélie du 28 janvier 2018

Il enseignait en homme qui a autorité

Dimanche, 4ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Cette petite phrase de St Paul est suivie d'une série de propos qui m'ont déconcertés - comme vous aussi peut-être - : « Celui qui n'est pas marié a le souci des affaires du Seigneur-..celui qui est marié a le souci des affaires de cette vie- »

Sans doute St Paul dit-il cela parce qu'il croit la fin du monde, le retour du Christ, tout proches. Sans vouloir commenter cela, je voudrais m'arrêter sur ces quelques mots : « libres de tout souci ».

Paul n'est pas le premier : je suppose qu'on pourrait trouver la même chose chez des grands Sages d'Inde, de Chine, d'Egypte, chez les Grec, les Latins ou les Indiens d'Amérique. Dans l'Evangile , en revanche, voici Quelqu'un qui ne parle pas comme les sages et les scribes de son temps : les foules sont, paraît-il, suspendues à ses lèvres ; et pourquoi ? Parce qu'il parle « en homme qui a autorité ».

Et nous-mêmes alors ? Eh bien oui ! Nous sommes parfois suspendus à ses lèvres non parce qu'il a promis de belles choses ou proposé un plan d'action-miracle qui verrait tous les problèmes résolus le temps d'une législature ? Non, nous sommes frappés parce que son autorité repose sur une bienveillance active et cordiale, ses paroles sont devenues action dans un repas, fondateur de notre Eucharistie et, le lendemain, sur un instrument de supplice : d'un signe d'horreur il a fait le symbole d'une infinie bonté.

Ce signe d'amour semble faire peur au point de l'écarter des lieux publics : « Jésus de Nazareth, es-tu venu pour nous perdre » ? Le crucifix, le crucifié est-il venu pour nous perdre ? Les hébreux dans le désert ne parlaient pas autrement : « Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur, je ne veux pas mourir ».

Mes frères, mes soeurs, est-ce que je me trompe en disant que nous venons à l'Eucharistie du dimanche pour être tirés vers le haut et non vers le bas, pour nous laisser doucement débarrasser de l'esprit négatif en laissant le champ libre à la parole de Jésus : parole non de perte mais de salut proclamée avec autorité et tendresse : « Ne vous faites pas tant de souci -nous retrouvons le mot de Paul - pour votre vie, votre corps, vos vêtements, votre lendemain- » Ces quelques mots « Pas de soucis » qu'on nous adresse à tout bout de champ

« pas de soucis, pas de soucis- », le Seigneur nous demande de les prendre très au sérieux car ils sortent d'une bouche « autorisée » : pas de soucis, pourquoi ? Parce que le Père sait : cet « Abba » avec qui il entretient une relation privilégiée, Lui, vous couvre de ses ailes, lui vous a inscrits sur la paume de ses mains, lui vous choie comme un maman son enfant. Ce sont les termes mêmes de la Bible.

Revenons à Paul : « J'aimerais vous voir libres de tout souci-..afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage. » (1 Cor 7 32 et 35) Cela ne veut pas dire : se tourner les pouces, bailler aux corneilles mais plutôt : ne pas ajouter la pré-occupation aux occupations : parce que le Père sait. Le moine est appelé à prier et à s'engager activement dans la bienveillance fraternelle faute de quoi sa recherche de Dieu risque d'être faussée et hypocrite. Le laïc est appelé à s'engager pour un monde fraternel en s'ouvrant par la prière à l'Esprit du Dieu bon et ami des hommes. Adoration et action sont, pour un chrétien intimement liés. Le Missel qui a parfois le secret des formules justes et concises résume tout cela dans la prière d'ouverture de ce jour :

Seigneur, accorde nous de pouvoir t'adorer sans partage Et d'avoir pour tout homme une vraie charité .

 

Je ferai se lever un prophète ; je mettrai dans sa bouche mes paroles

Moïse disait au peuple : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez. C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : « Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir ! » Et le Seigneur me dit alors : « Ils ont bien fait de dire cela. Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.

Mais un prophète qui aurait la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra. » »

Dt 18, 15-20

Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre salut ! Allons jusqu’à lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête acclamons-le ! Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits. Oui, il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu’il conduit le troupeau guidé par sa main. Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? « Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi, où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

94 (95), 1-2, 6-7abc, 7d-9

La femme qui reste vierge a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée

Frères, j’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé. La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde, elle cherche comment plaire à son mari. C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.

1 Co 7, 32-35

Il enseignait en homme qui a autorité

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Mc 1, 21-28

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