Homélie du 10 juillet 2016

Qui est mon prochain ?

15ème dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

A proportion des grandes misères apparues dans le monde ces derniers temps, que naisse une grande miséricorde.

Je lisais dans un psaume, hier matin, cette petite phrase apparemment anodine : « Il est bon de rendre grâce au Seigneur, d'annoncer dès le matin sa miséricorde. »

Annoncer sa miséricorde, perçue à travers cette parabole si connue.

Qui est cet homme qui descend à Jéricho ?

Il gît là, à moitié mort : dès qu'on le voit on passe à côté, on s'en va, on le laisse. A deux reprises.

Et puis, tout à coup c'est le contraire : on arrive, on s'approche, on compatit, on verse huile et vin, on panse les plaies, bref : on prend soin jusqu'au bout.

Cet homme, c'est bien sûr le malheureux de tous les temps, de tous les lieux : celui à côté duquel je risque de passer parce qu'il y a tant d'autres choses - urgentes ? - à faire. N'y a-t-il pas ici un appel urgent à humaniser le tissu de ma vie d'homme du 21ème siècle pour prendre le temps d'écouter, de regarder-.

Et ce Bon Samaritain, ne pensez-vous pas que c'est Jésus en personne dont chaque ligne d'Evangile raconte comment Il est passé « en faisant le bien » et en révélant par là-même la figure du Père qui ne nous veut que du bien ?

Et l'aubergiste, ne serait-ce pas l'Eglise qui se voit confiée la tâche de prendre soin de chaque enfant de Dieu, de chaque frère de Jésus, jusqu'à ce qu'il repasse ?

En effetl'Eglise n'a d'autre pouvoir que celui de la miséricorde reçue de l'Esprit Saint : Vous êtes le temple de l'Esprit saint, rappelle st-Paul, et ce temple est sacré car il est porteur d'une parcelle de la bonté du « Dieu bon samaritain ».

Frères et soeurs, innombrables sont les bons samaritains à l'oeuvre dans le monde - le plus souvent dans le secret -; soutenons-nous mutuellement et rejoignons le cortège afin que le monde apprenne de la part de Dieu la consolation et le réconfort dont il a besoin comme de pain, ce réconfort dont parle Paul : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation qui nous console dans toutes os afflictions afin que par la consolation que nous recevons nous-mêmes de Dieu nous puissions consoler les autres en quelque affliction que ce soit. (2 Co. 1 3-4)

 

Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique

Moïse disait au peuple : « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses commandements et ses décrets inscrits dans ce livre de la Loi, et reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton c?ur et de toute ton âme. Car cette loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. Elle n'est pas dans les cieux, pour que tu dises : ?Qui montera aux cieux nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ?' Elle n'est pas au-delà des mers, pour que tu dises : ?Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ?' Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton c?ur, afin que tu la mettes en pratique. »

- Parole du Seigneur.

Dt 30, 10-14

La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le c?ur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables :

plus désirables que l'or, qu'une masse d'or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons.

Ps 18B (19), 8, 9, 10, 11

Tout est créé par lui et pour lui

Le Christ Jésus est l'image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui.

Il est aussi la tête du corps, la tête de l'Église : c'est lui le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin qu'il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu'habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel.

- Parole du Seigneur.

Col 1, 15-20

Qui est mon prochain ?

En ce temps-là, un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l'épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Et comment lis-tu ? » L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton c?ur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s'approcha, et pansa ses blessures en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : ?Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.' Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

- Acclamons la Parole de Dieu.

Lc 10, 25-37