Homélie du 3 décembre 2017

Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison

Dimanche, 1ère Semaine de l'Avent - Année B

Une homélie de fr. Martin Neyt

Mes soeurs, mes frères.

L' Avent se présente à nous comme un nouveau départ, le temps du long désir de la Venue de l'Enfant-Dieu à Noël. C'est donc une nouvelle année qui commence pour nous et que je vous souhaite habitée de cette quête de Jésus-Christ.

Chrétiens, nous savons que notre vie n'est pas cyclique, elle ne se répète pas, comme le font les saisons. Nous sommes en marche vers Quelqu'un de mystérieux qui vient à notre rencontre et à la rencontre de l'Histoire humaine. Quand nous regardons derrière nous, nos souvenirs, notre réalité, nous constatons, espérons-le, que nous changeons au fil des circonstances, de nos rencontres, de notre santé.

C'est au coeur de nos évolutions personnelles, des mutations du monde que le Seigneur vient nous apporter sa Bonne Nouvelle, ses Béatitudes : paix et joie, pardon et réconciliation, compassion et amour. Nous sommes comme l'enfant face à la mer. Le message de l'Evangile nous dépasse tellement.

L'amour de Dieu ne cesse de grandir en nous. Oui, nous avons besoin de marcher de commencements en commencements jusqu'à des commencements qui n'ont pas de fin. Telle est bien le chemin proposé jusqu'à Noël : vivre de ce grand mystère de Jésus qui vient à notre rencontre et qui nous invite à tout Lui donner et même davantage. L'amour du Christ est toujours actif et il nous invite à veiller, à répondre à sa Venue. Telle est la pédagogie de l'Eglise.

Nos rêves sont devant nous car nous sommes attendus par un Etre nouveau que nous connaissons si mal dans son amour extrême toujours en marche. Tournons-nous vers sa Croix et marchons joyeux vers une nouvelle naissance, celle du Christ vivant en nous.

Homélie

Mes soeurs, mes frères.

L'Avent, temps d'éveil et de vigilance, se présente à nous comme une rencontre inattendue sur un chemin à parcourir. Les semaines écoulées, j'étais parti me promener dans notre forêt : les couleurs des feuilles ne cessaient d'étaler leur infinie variété en cette fin de l'automne ; elles passaient du rouge pourpre des hêtres, à la palette si variée des verts et des ocres jaunes. Ces images restent gravées dans mon coeur comme une ouverture à un voyage intérieur qui se dévoile à l'intérieur de mon être.

Tout m'apparaît comme une histoire mouvante de ma liberté intérieure, de cette gratuité qui fait le mystère de nos vies. C'est accepter de se laisser conduire par la continuelle surprise du paysage, image du divin. Elle nous donne de lâcher prise du passé, de découvrir une disponibilité profonde et nouvelle de notre existence à la rencontre de l'inattendu, de Celui qui le premier nous fait signe et vient à notre rencontre. La nature est-elle le reflet de notre coeur ? Claude Monet, par sa peinture et le jardin qu'il a planté autour d'un étang où fleurissent les Nymphéas, des nénuphars, y transpose l'éclat de son être intérieur.

Le temps de l'Avent est ce temps liturgique du long désir vécu dans l'attente et l'espérance comme on ranime la flamme d'un amour, chemin du coeur où Dieu nous devance en son Amour et nous le manifeste.

Il s'agit en somme de réveiller en nous l'étonnement, l'émerveillement dans la nature, dans des rencontres nouvelles, dans la prière d'adoration. Dans le mot adoration, certains y ont vu le mot latin ad-os, vers la bouche. Adorer consisterait à porter spontanément la main devant la bouche en signe d'étonnement, de respect et d'émerveillement. Cette admiration grandit de cette rencontre avec l'Enfant-Jésus préparée de longue date au plus profond de nous-mêmes.

Dans l'Histoire sainte, par les Prophètes jusqu'à la venue de l'humble naissance à Bethléem, une intériorité croissante se développe. Elle est présente dans le cri du prophète Isaïe à son peuple, petit reste qui rentre d'exil, elle est présente dans l'appel à la conversion initiée par le baptême de Jean le Baptiste et dans la rencontre même de Jésus-Christ qui nous invite à être parfaits comme son Père est parfait. Voici donc le temps du long désir où nous sommes invités à une marche intérieure vers Noël. Le temps de la venue est proche. La liturgie, pédagogue de notre rencontre avec le Christ, nous éveille aux multiples venues qui transforment notre promenade en chemin de guérison, d'unification intérieure, de réconciliation et de paix.

De dimanche en dimanche, l'Eglise va nous présenter des êtres vigilants, icônes d'espérance, qui soutiennent notre désir de rencontrer Celui qui est au coeur de nos vies. Regardons ces trois grandes figures centrales qui ponctuent notre marche de l'Avent : le prophète Isaïe, Jean le Baptiste et la Vierge Marie.

Isaïe voit son peuple de retour de l'exil : c'est le chant des larmes, le désarroi devant le présent où tout a été détruit. Une espérance nouvelle doit naître et le prophète en est le chantre. Il crie vers Dieu, le Père : « Ah, si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi ». Notre frère Jean-Yves écrivait de son côté :

« Quand naissait l'univers, l'espérance était facile, car tout restait à recréer. Quand le Fils de l'Homme est venu sur terre, l'espérance était facile, car son message était là. Mais à présent, après 2000 ans, puisque tout est accompli, tout reste encore à espérer. Car tu nous as tout donné, la Création, le temps de l'histoire, ton Fils Jésus, sa voix, ses yeux et ses mains pour réchauffer les coeurs, pour briser les chaînes du vieux monde. Le Seigneur Jésus nous donne ce temps de l'attente, du soupir, du désir. Désir de Dieu, soupir de l'Esprit, attente du Christ ». Oui, le peuple juif, le petit reste qui demeurait, avait besoin de réconfort.

Jean-Baptiste, une figure prophétique si proche de Jésus, nous entraîne sur de nouveaux chemins à découvrir, ceux de la conversion personnelle et nous fait entendre la voix du Père, à travers notre baptême : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » et à ceux qui l'interrogent sur son identité, Jean le Baptiste dira : « Moi, je ne suis pas le Christ. J'ai été envoyé devant lui. Celui qui a l'épouse est l'époux ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, à l'écoute, et la voix de l'époux le comble de joie. Telle est ma joie, il faut qu'il grandisse et que moi je diminue. » Jn 3. 28-30.

Déjà dans le sein d'Elisabeth, il avait tressailli de joie à l'approche de Marie. Toutes deux attendaient la venue d'un enfant et cette attente commune les introduisent dans une intimité si profonde et habitée. Pourrons-nous, à notre tour, reconnaître l'Enfant-Jésus dans ce monde d'aujourd'hui si inhumain ?

Sommes-nous en marche vers l'espérance ? La rencontre du Fils de Dieu fait chair, toujours actuelle pour nous, ne cesse de nous interpeller dans notre marche vers Noël. Est-il vraiment concevable que le Fils de Dieu se soit fait homme, qu'il soit né au milieu de nous ? La réponse vient de Marie : Qu'il me soit fait selon ta parole !

L'autre et le tout Autre dans notre vie ne nous révèlent-t-il pas des réalités intérieures que seuls, sans doute, nous n'aurions jamais découvertes. Isaïe, Jean-Baptiste, Marie, nous conduisent dans une nouvelle découverte de notre être. L'Avent n'est pas l'avant écrit avec un a ; c'est un adventus, un avènement, une venue, une rencontre de qui vient à notre rencontre et vers qui nous marchons. Il est déjà là dans cette eucharistie et nous accompagne jusqu'à sa venue, son retour.

 

Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais !

C’est toi, Seigneur, notre père ; « Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom. Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ? Reviens, à cause de tes serviteurs, des tribus de ton héritage. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face.

Voici que tu es descendu : les montagnes furent ébranlées devant ta face. Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend. Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins. Tu étais irrité, mais nous avons encore péché, et nous nous sommes égarés. Tous, nous étions comme des gens impurs, et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés. Tous, nous étions desséchés comme des feuilles, et nos fautes, comme le vent, nous emportaient. Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi. Car tu nous as caché ton visage, tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes. Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main. – Parole du Seigneur.

Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7

Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l’homme qui te doit sa force. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom !

79 (80), 2ac.3bc, 15-16a, 18-19

Nous attendons de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ

Frères, à vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous. Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

1 Co 1, 3-9

Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Mc 13, 33-37

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