Homélie du 26 novembre 2017

Il siégera sur son trône de gloire et séparera les hommes les uns des autres

Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers - Année A

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Ouvrons notre TV : les événements se bousculent : parmi ceux qui m'ont frappé hier : l'attentat meurtrier dans le Sinaï, la prière pour obtenir la pluie dans les pays du Maghreb, la coupe Davis à Lille-les nombreux décès parmi nos proches jusqu'à ces tous derniers jours.

Et puis, au début de cette fête dédiée au Christ-Roi, nous avons chanté : « Amour qui nous attends au terme de l'histoire-. » Le Christ-Roi dès le départ nous met en garde : mon Royaume n'est pas de ce monde. Mon palais n'est pas fait de marbre et d'or : je frappe à la porte de votre coeur de chair pour y loger. Le Royaume de Dieu est à l'intérieur de vous. Le Temple de Dieu est saint et ce temple c'est vous ! Sur mon image de première communion on pouvait lire « Il a reçu pour la première fois Jésus dans son coeur. » On peut trouver ça un peu gentil, léger, mais cela rejoint une intuition évangélique profonde et cela contrebalance l'image d'un souverain terrestre pour lequel on organise en fanfare un cortège triomphal.

La fête à laquelle Jésus nous convie est une fête intérieure, l'hommage sincère d'une foi confiante, car notre Roi n'est pas un dictateur qui veut faire plier l'échine de notre intelligence et de notre coeur mais un « amour qui nous attend au terme de l'histoire ». « Il faut qu'il règne, » comme le dit solennellement St Paul, mais qu'est ce que cela veut dire sinon que nous avons à vivre les évènements de notre vie quotidienne, des plus insignifiants aux plus tragiques, avec les yeux, les oreilles, le coeur, les mains et les pieds de Celui qui habite en chaque baptisé et que St Benoît appelle son très doux Seigneur.

En ce jour de la fête du Christ-Roi nous remercions le Père pour l'envoi dans ce monde du roi doux et humble de coeur, né il y a 2000 ans de la Vierge Marie et dont l'incarnation se poursuit mystérieusement au fil de l'année liturgique au bénéfice du peuple des baptisés que nous formons. Ecoutons à ce propos l'enseignement de Maître Eckhart : Dans la personne de Dieu le Fils, comme charpentier de Nazareth, Dieu est entré dans la profondeur de l'âme, ce sanctuaire intérieur commun à tous les humains de tous les âges de l'histoire ; et depuis lors Il y est resté.

Ce Roi que nous fêtons ne vient pas régler tous les problèmes de nos royaumes ou de nos républiques terrestres que chaque génération a pour devoir de prendre à bras le corps : le climat, la fin de vie, les questions autour de la procréation, la pauvreté, la faim dans le monde, sans compter nos petits ou grands problèmes nationaux, urbains, domestiques, familiaux, communautaires- Dans l'évangile de ce jour Jésus nous dit être présent personnellement dans toutes ces situations et nous appelle à lui prêter assistance tendre et efficace.

C'est un « amour qui nous attend au terme de l'histoire » et son royaume s'ébauche à l'ombre de nos croix terrestres : mais « déjà sa lumière traverse nos vies »- Ce n'est donc plus le temps des démonstrations spectaculaires mais la prise au sérieux du fait que Dieu veut habiter au milieu de son peuple, c.à.d. en chacun de nous : Jésus règne sur ma vie : grâce à Lui je trouve le centre à partir duquel les actions les plus humbles comme les engagements les plus risqués trouveront leur juste source. Jésus règne sur ma vie : grâce à lui la pleine conscience porte un nom : « Je vous envoie mon Esprit : il vous enseignera toutes choses. » Jésus règne sur ma vie : Grâce à lui, que je sois homme ou femme, blanc ou noir, grand savant ou humble exécutant, je suis avant tout enfant de Quelqu'un à qui je peux m'adresser en toute confiance : « Notre Père qui es aux cieux, notre Abba, notre « papa » ! Enfantin, humiliant ce vocabulaire ? Non : ce n'est pas autre chose que l'attitude du savant qui s'agenouille devant un brin d'herbe, reconnaissant que cela le dépasse.

Fête du Christ-Roi : fête de glorieuse humilité : mon Royaume n'est pas de ce monde : il ne se laisse pas voir : il est en nous dans la mesure où nous lui ouvrons la porte. La prière ne serait-ce pas avant tout cela ? Une ouverture confiante à la lumière de Dieu toujours présente : « Déjà sa lumière traverse nos vie- »

Frères et Soeurs, la lumière de Jésus notre Roi traverse notre écran de TV, notre journal, les peines et les joies de notre quotidien. Et comme le formulait le Concile d'Orange aux premiers siècles de l'Eglise, cette lumière donne à tous « la douce joie de consentir et de croire à la vérité de Dieu ».

Rendons grâce de recevoir, en cette Eucharistie, Jésus, notre Roi!

 

Toi, mon troupeau, voici que je vais juger entre brebis et brebis

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, – oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. Et toi, mon troupeau – ainsi parle le Seigneur Dieu –, voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.

Ez 34, 11-12.15-17

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

Il remettra le pouvoir royal à Dieu le Père, et ainsi, Dieu sera tout en tous

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort. Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.

1 Co 15, 20-26.28

Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l'avez fait

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ? » Et le Roi leur répondra : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : « Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. » Alors ils répondront, eux aussi : « Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? » Il leur répondra : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. »

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Mt 25, 31-46

pageData
Array
(
    [page] => Array
        (
            [title] => Homélie
            [description] => 
            [headerLogo] => Array
                (
                )

        )

    [description] => Monastère Saint-André de Clerlande
)
GET
Array
(
    [page] => liturgie
    [page2] => homelie
    [page3] => 4689
    [page4] => Il_siegera_sur_son_trone_de_gloire_et_separera_les_hommes_les_uns_des_autres
)
tooltip