Homélie du 14 mai 2017

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie

5ème Dimanche de Pâques - Année A

Une homélie de fr. Yves de patoul

Ainsi commence le long discours d'adieu de Jésus la veille de son arrestation. (Jean 14-17). C'est son grand testament, un discours qui est tourné non pas vers le présent actuel de Jésus mais vers l'avenir, le sien et celui de ses disciples et de nous tous les croyants. Il commence juste après avoir prophétisé le reniement de Pierre. Un petit mot assure le lien avec ce qui précède : le verbe ?, agiter (faire un médicament au sens premier), et au sens passif : être troublé, remué, bouleversé. Saint Jean l'utilise plusieurs fois à cette forme passive pour Jésus : lorsqu'il arrive devant le tombeau de Lazare ensuite lorsqu'il est sur le point d'annoncer la trahison de Juda, et puis ici pour les disciples : «  Que votre coeur ne soit pas troublé  » ou  «  bouleversé  ». Le rapprochement de ces occurrences nous montre en tout cas que le contexte dans lequel nous sommes est la mort qu'il faut vivre ou aborder comme Jésus avec foi et avec lui sans aucun doute. «  Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures  », ou de tentes, comme on se le représentait à cette époque. «  Le Seigneur descendra du ciel et les morts ressusciteront - et nous serons enlevés à la rencontre du Seigneur et nous serons pour toujours avec lui. Réconfortez-vous les uns les autres par cet enseignement  » lit-on dans 1Th 4,16-18.

Jésus part nous préparer une place, puis il reviendra nous prendre : «  je reviendrai vous prendre avec moi  », voilà qui doit nous réconforter. Le principal enseignement qui peut nous réconforter est la communion avec le Christ : celui qui a vécu toute sa vie dans l'obéissance à la parole de Dieu, celui-là reste en communion avec la Christ dans les demeures éternelles.

Pour poursuivre son idée, Jésus lance d'une façon innocente, à ses disciples une affirmation qui paraît évidente pour lui mais qui ne l'est pas pour ses disciples : «  Pour aller où je vais, vous connaissez le chemin  », et Thomas l'homme toujours avisé lui répond avec pertinence : «  Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin  » Le discours peut alors progresser par une réponse sublime de Jésus : «  Moi, je suis la voie, la vérité et la vie  » si on aime les allitérations, «  le chemin, la vérité et la vie  » si on a peur de confondre voie avec voix. Un commentateur de cet évangile résumait humoristiquement les choses en disant que Jésus est notre GPS ; et, curieusement en français du moins) avec un GPS, une voix qui semble descendre du ciel nous indique la bonne voie à suivre.

Jésus est bien plus qu'un GPS pour notre vie. Il n'est pas seulement le chemin, il est également la vérité et la vie ; la vérité qui est une vie : la personne de Jésus. La communion étroite avec la personne du Christ, c'est cela la vie en vérité. Avec lui, nous n'avons plus à craindre de nous perdre dans un monde déboussolé, qui ne sait plus vers où il va, ni encore moins vers où il doit aller, un monde où beaucoup de personnes ont perdu le sens de la vie, un monde aussi qui n'a plus de guide fiable sur lequel on peut compter dans les moments de turbulence, de détresse. Jésus nous indique le but de notre voyage : c'est son Père, qui est aussi notre Père.

Mais il joue un peu avec les mots : «  Puisque vous me connaissez, vous connaissez aussi mon Père  » et l'apôtre Philippe de réagir spontanément et naïvement : «  Montre-nous le Père, cela nous suffit  ». Cette demande nous vaut un enseignement sur la consubstantialité du Père et du Fils en termes savants: «  Celui qui m'a vu a vu le Père. Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? ». Heureux ceux qui ont vu le Christ en chair et en os. Mais plus heureux encore ceux qui croient en Jésus mort et ressuscité, dans le Christ vivant au milieu de nous pour nous faire grandi dans l'amour et nous mener paisiblement vers le Père.

A ceux qui doutent du sens de leur vie, ou bien qui ont perdu le sens de leur vie, je pense que cet enseignement de Jésus sur sa relation profonde et constante avec son Père est très importante : Jésus reçoit tout du Père, il reste en communion avec lui jusqu'au dernier moment de sa vie, il ne fait rien sans l'avoir reçu du Père. La filiation divine , spirituelle de Jésus est un modèle pour tout homme. Tout ce que nous faisons de faire, tout ce que nous essayons de vivre, nous le faisons en obéissance au Berger divin dont nous percevons assez clairement la voix.

 

Ils choisirent sept hommes remplis d’Esprit Saint

En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien. Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. » Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche. On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi.

Ac 6, 1-7

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! Hommes droits, à vous la louange ! Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait. Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine.

Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19

Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal

Bien-aimés, approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. En effet, il y a ceci dans l’Écriture : Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte. Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche. Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

1 P 2, 4-9

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place’ ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père »

Jn 14, 1-12

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