Homélie du 8 mai 2022

 À mes brebis, je donne la vie éternelle 

4ème Dimanche de Pâques - Année C

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Homélie :
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Ce que j'ai retenu de l'homélie de dimanche dernier c'est l'appel à témoigner du Christ ressuscité à la suite du fougueux Apôtre Pierre : parler au nom de Jésus, offrir sa vie à sa suite. J'ai retenu aussi la triple question posée à l'Apôtre : «  M'aimes-tu ?  » et j'en conclus qu'il ne s'agit pas seulement de croire, d'espérer mais : d'aimer.

St Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne au 4ème siècle commentant le passage d'évangile où Jésus, ayant rejoint ses Apôtres au bord du lac de Tibériade, après la résurrection, leur réclame de quoi manger : «  Le Seigneur n'a pas faim de nos plats mais de notre amour  ».

Il me semble que la Parole de Dieu de ce dimanche oriente vers ce premier commandement : «  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu  ». Mais qu'est ce que cela implique ? Qui est Dieu pour nous ? Comment le prions-nous ? Quelle idée nous faisons nous de Lui ?

On demande souvent à l'Eglise, aux prêtres, aux catéchistes aux pasteurs, d'adapter son langage, sa manière de faire : la démarche synodale nous y invite. Mais je me demande s'il n'y a pas de notre part un effort à faire pour nous adapter au langage de Dieu transmis par les Ecritures.

Un coup d'œil sur les lectures de ce jour.

Quand le psaume 99 proclame que le Seigneur est bon, que son amour est éternel, sa fidélité sans faille : y croyons-nous ? Quand Jésus affirme que le Père est plus grand que tout, que nous sommes dans sa main, que rien ne peut nous en arracher, y croyons-nous ? Est-ce que l'annonce d'une vie éternelle, d'une grâce, don gratuit de Dieu, nous rend profondément joyeux ? Est-ce que nous nous laissons toucher par la personne de l'Agneau - en même temps pasteur - qui a versé telle et telle goutte de sang pour toi, pour moi (B. Pascal.)

Ou bien, comme le racontent les Actes des Apôtres, serons nous tentés de nous dérober à la grâce de Dieu et rejoindre ceux qui injuriaient Paul et Barnabé, refusant la parole de Dieu et se jugeant indignes de la vie éternelle ?

Frères et Sœurs, Jésus invite les siens à un grand retournement, une conversion mais une conversion joyeuse où l'on ne s'esquinte plus à se faire justice à soi-même par une vie irréprochable et un respect scrupuleux de la loi mais où l'on se jette dans les bras d'un Dieu dont la tendresse dépasse toute imagination.

Il me semble que cette humble démarche ouvrira nos yeux et nos oreilles, notre cœur aussi pour saisir la hauteur, la largeur, la profondeur de l'amour de Dieu et qu'il est le bon Pasteur qui donne la vie à ses brebis et nous tient dans sa main. Charles de Foucauld qui sera proclamé saint dimanche prochain, parle de ces mains de Dieu dans une prière bien connue : «  Mon Père, Je remets mon âme entre vos mains, je vous la donne, mon Dieu avec tout l'amour de mon cœur parce que je vous aime et que ce m'est un besoin d'amour de me donner et de me remettre en vos mains, sans mesure, avec une infinie confiance car vous êtes mon Père.  »

En cette Eucharistie, accueillons avec une humble joie ce Dieu inouï et rappelons-nous « qu'il n'a pas faim de nos plats mais de notre amour.  » AMEN !

 

Nous nous tournons vers les nations païennes

En ces jours-là, Paul et Barnabé poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place. Une fois l'assemblée dispersée, beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur. Quand les Juifs virent les foules, ils s'enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l'injuriaient. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C'est à vous d'abord qu'il était nécessaire d'adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C'est le commandement que le Seigneur nous a donné : J'ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. » En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.

Mais les Juifs provoquèrent l'agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient remplis de joie et d'Esprit Saint.

- Parole du Seigneur.

Ac 13, 14.43-52

Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l'allégresse, venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.

Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d'âge en âge.

Ps 99 (100), 1-2, 3, 5

L'Agneau sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie

Moi, Jean, j'ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. L'un des Anciens me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l'Agneau. C'est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent, jour et nuit, dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l'Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

- Parole du Seigneur.

Ap 7, 9.14b-17

À mes brebis, je donne la vie éternelle

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

- Acclamons la Parole de Dieu.

Jn 10, 27-30