Homélie du 30 janvier 2017

Esprit impur, sors de cet homme !

Lundi, 4ème Semaine du Temps Ordinaire - Année Impaire

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Les béatitudes seraient-elles une invitation à réaliser un programme volontariste et ambitieux ?

Ne sont-elles pas plutôt une invitation à croire profondément et humblement qu'il nous est donné d'y entrer, de les comprendre, grâce à Quelqu'un : grâce à Celui qui les a incarnées, qui est devenu lui-même paix, douceur, miséricorde, justice- ? Notre tâche à nous ce sera alors d'entrer dans l'intimité de ce Dieu profondément bon et ami des hommes, de nous débarrasser tranquillement de toute ambition de toute-puissance comme de l'illusion qu'il est possible d'y arriver par la force des poignets.

Ce qui est requis c'est un coeur humble : en effet, dit St Paul : « Ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort, ce qui n'est rien, pour détruire ce qui est quelque chose » (1 Cor. 1, 27). Reconnaître avec Moïse, Celui qui est -o OON - comme le proclame chaque icône du Christ, confesser ce Jésus, le prier, reconnaître qu'en Lui tout a déjà été accompli.

Ecoutons encore St Paul : « C'est grâce à Dieu que vous êtes dans le Christ qui a été envoyé par Lui pour être notre sagesse, notre justice, notre justification, notre rédemption. »1 Cor. 1, 30) et encore : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. » et : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ».

Voici que ce beau rêve rabâché depuis des siècles mais démentis par tant de malheurs, de malédictions et de crimes ; et voici que ce beau rêve est devenu réalité dans une personne : Jésus, dont le nom signifie « Dieu sauve ».

Pour ne pas glisser dans un activisme fiévreux ou dans une inquiétude chronique, il est bon de faire mémoire, de se remémorer qu'en Jésus-Christ tout a été accompli. Il est bon de ruminer le petit psaume 130 « Seigneur je n'ai pas le coeur fier ni le regard ambitieux je n'ai pas pris un chemin de grandeur ni de merveilles qui me dépassent-.. »

Alors, que nous reste-t-il à faire, sinon suivre les conseils du prophète Sophonie : « Cherchez le Seigneur, vous tous les humbles du pays, cherchez la justice, cherchez l'humilité ! » En d'autres mots, accueillons l'Esprit de Celui en qui les Béatitudes ont pris corps.

« Oui, Seigneur, je ne suis pas capable d'agir, de réaliser le rêve que tu as sur moi, sur tes enfants de ce vaste monde : mais comme Marie, à l'Annonciation je veux te dire : « Qu'il me soit fait, qu'il nous soit fait selon ta parole », qu'il nous soit donné de t'offrir une humanité de surcroît. Ton Esprit, j'irai le puiser dans la Parole transmise par tes saints témoins au long des siècles, dans le pain rompu et le vin versé où se concentre toute la tendresse pour tes enfants, dans l'onction sainte de la Confirmation, dans la bénédiction vivifiante de ton merveilleux sacrement de la Réconciliation, dans ta présence forte auprès des époux dans le rude chemin de leur amour au quotidien, bref à chacune des étapes de notre vie. »

Dieu bon, Dieu juste, Dieu miséricordieux

Dieu crucifié, Dieu pur, Dieu saint.

Merci pour tes Béatitudes !

 

Par leur foi, ils ont conquis des royaumes. Pour nous Dieu avait prévu mieux encore

Frères, sur la puissance de la foi, que dire encore ? Le temps me manquerait pour rappeler l’histoire de Gédéon, Baraq, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes. Par leur foi, ils ont conquis des royaumes, pratiqué la justice, obtenu la réalisation de certaines promesses. Ils ont fermé la gueule des lions, éteint la flamme des brasiers, échappé au tranchant de l’épée, retrouvé leurs forces après la maladie, montré du courage à la guerre, mis en fuite des armées étrangères. Des femmes dont les enfants étaient morts les ont retrouvés ressuscités. Mais certains autres ont été torturés et n’ont pas accepté la libération qui leur était proposée, car ils voulaient obtenir une meilleure résurrection. D’autres ont subi l’épreuve des moqueries et des coups de fouet, des chaînes et de la prison. Ils furent lapidés, sciés en deux, massacrés à coups d’épée. Ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de moutons ou de toisons de chèvres, manquant de tout, harcelés et maltraités – mais en fait, c’est le monde qui n’était pas digne d’eux ! Ils menaient une vie errante dans les déserts et les montagnes, dans les grottes et les cavernes de la terre. Et, bien que, par leur foi, ils aient tous reçu le témoignage de Dieu, ils n’ont pas obtenu la réalisation de la promesse. En effet, pour nous Dieu avait prévu mieux encore, et il ne voulait pas les mener sans nous à la perfection.

He 11, 32-40

Qu’ils sont grands, tes bienfaits ! Tu les réserves à ceux qui te craignent. Tu combles, à la face du monde, ceux qui ont en toi leur refuge.

Tu les caches au plus secret de ta face, loin des intrigues des hommes. Tu leur réserves un lieu sûr, loin des langues méchantes.

Béni soit le Seigneur : son amour a fait pour moi des merveilles !

Et moi, dans mon trouble, je disais : « Je ne suis plus devant tes yeux. » Pourtant, tu écoutais ma prière quand je criais vers toi.

Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles : le Seigneur veille sur les siens ; mais il rétribue avec rigueur, qui se montre arrogant.

Ps 30 (31), 20, 21, 22, 23, 24

Esprit impur, sors de cet homme !

En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens. Comme Jésus sortait de la barque, aussitôt un homme possédé d’un esprit impur s’avança depuis les tombes à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l’attacher, même avec une chaîne ; en effet on l’avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! » Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! » Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. » Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays. Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.

Mc 5, 1-20

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