Homélie du 22 janvier 2017

Il vint habiter à Capharnaüm pour que soit accomplie la parole d’Isaïe

3ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Une homélie de fr. Martin Neyt

Nous célébrons aujourd'hui la clôture de la semaine de l'unité et la conversion de saint Paul. Sur la route de Damas, Saul de Tarse fait une double découverte :

Jésus de Nazareth, Fils béni du Père, le Ressuscité de Pâques

Et il est face à une question qui le bouleverse jusqu'au fond de son être : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». Et dans ce tu, se présente le visage des chrétiens qu'il a tant persécutés. Jésus s'identifie aux frères, à la communauté.

Au début de cette eucharistie demandons au Seigneur qu'à notre tour nous reconnaissions la présence de Jésus Christ en chacun de nos frères.

Et pour être accordés à ce que nous célébrons, confessons notre pauvreté et la miséricorde de Dieu.

Nous connaissons bien la silhouette de St Paul par les icônes qui le représentent. « C'était un homme de petite taille, à la tête dégarnie, aux jambes arquées, vigoureux, aux sourcils joints, au nez légèrement aquilin, plein de grâce ; en effet, tantôt il apparaissait tel un homme, tantôt il avait le visage d'un ange », telle est la description qu'en fait Onésiphore qui reçut Paul chez lui à Iconium.

Paul est un homme passionné. Tempérament de feu, il est certes émotif et prend le temps d'intérioriser les évènements qu'il vit. C'est un homme qui voit loin et quand il prend la parole, il sait vers où il va, malgré certains écarts où se décèle sa vive émotivité. Il était absolu quand il faisait partie des juifs pharisiens zélés et radicaux ; il le deviendra après sa rencontre avec le Christ Ressuscité.

C'est sur le chemin de Damas, nous l'avons entendu, que cette rencontre provoque en lui une remise en question absolue. De la haine pour les chrétiens, il devient peu à peu l'apôtre de la charité jusqu'à pouvoir écrire : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi », « je puis tout en Celui qui me rend fort », « j'ai travaillé plus qu'eux tous, non pas moi mais la grâce de Dieu qui est avec moi » Gal. 2. 20 ; Ph 4. 13 : 1 Co 15. 10. En cette semaine de l'Unité, je rappelle simplement les 3 piliers sur lesquels repose le monde et commentés par Benoît Standaert : la parole de Dieu, la prière, la charité.

Paul est d'abord un homme pétri de la Parole tout en ne connaissant pas le Nouveau Testament. Sa mémoire est vive et il ne cesse d'appliquer selon les circonstances tel ou tel verset de la Torah, des Prophètes. Le Christ se présente comme le révélateur par excellence de la volonté de Dieu. Les Ecritures lui apportent la persévérance et la consolation. Rm 15. 2-7.

« Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d'être d'accord entre vous, comme le veut le Christ Jésus, afin que, d'un même coeur et d'une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu ».

?Paul est aussi un homme de prière. Ses lettres s'inscrivent dans ce climat de prière. Il commence le plus souvent en bénissant Dieu et en se souvenant de ses frères. Il les termine en offrant à ses destinataires la grâce et la paix de Dieu. Il prie spécialement le Père tout en gardant le Christ au centre de sa réflexion. Dans l'hymne aux Philippiens, rappelant que le Père a donné à Jésus le Nom qui est au-dessus de tout nom afin qu'au nom de Jésus tout genoux fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre et que toute langue confesse que le Seigneur c'est Jésus-Christ, il conclut : à la gloire de Dieu le Père. Ph 2. 8-11. Tant de choses seraient à compléter sur la joie, l'eucharistie, son intercession pour les autres, son attitude face à la mort.

Parole de Dieu, prière et charité

Je terminerai par ce 3ème pôle : Paul est l'apôtre de la charité. Et j'en reviens à sa conversion : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». Puis, « Je suis Jésus que tu persécutes ». La répétition du nom est selon la tradition rabbinique une expression d'amour. Dans tous les lieux où il passe, Paul construit des communautés et fait l'éloge de l'agapè. Dans l'épître 1 CO 13-15 nous atteignons un sommet. Je vous le rappelle :

« Quand je parlerais en langues-quand j'aurais le don de prophétie. Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, s'il me manque l'amour, je n'y gagne rien. L'amour prend patience, l'amour rend service, il ne cherche pas son intérêt. L'amour ne disparaîtra jamais.

Que cette célébration de la conversion de Paul nous invite à relire ses lettres avec ses trois clés, la Parole de Dieu, la prière et la charité. Qu'elle nous invite à poursuivre notre quête de l'unité des chrétiens et qu'elle fasse de notre communauté un signe de cette adhésion à Jésus-Christ pour la plus grande gloire du Père.

 

Dans la Galilée des nations le peuple a vu se lever une grande lumière

Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane.

Is 8, 23b – 9, 3

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie.

Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »

Ps 26 (27), 1, 4abcd, 13-14

Tenez tous le même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous

Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ : ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités. Je m’explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul », ou bien : « Moi, j’appartiens à Apollos », ou bien : « Moi, j’appartiens à Pierre », ou bien : « Moi, j’appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.

1 Co 1, 10-13.17

Il vint habiter à Capharnaüm pour que soit accomplie la parole d’Isaïe

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

Mt 4, 12-17

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