Homélie du 5 décembre 2021

 Tout être vivant verra le salut de Dieu 

2ème Dimanche de l'Avent - Année C

Une homélie de fr. Yves de patoul

Homélie :
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2e Dimanche de l'Avent C

En écoutant attentivement ces trois lectures, vous aurez certainement remarqué que le mot chemin ou sentier y revenait souvent. C'est sans doute le thème dominant de ce deuxième dimanche de l'Avent. Dans saint Paul, il ne s'y trouve pas mais bien son corrélat 'progression'. En effet, si nous empruntons des chemins droits et sûrs à la place des chemins tortueux, c'est bien pour que nous avancions plus vite vers le terme de notre voyage qui est notre salut, pour que nous «  progressions dans la connaissance et le discernement de ce qui est important  », comme dit saint Paul. Relisons quelques-unes de ces belles phrases du prophète Baruc: «  Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu'Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu ;  car Dieu conduira Israël dans la joie ». Saint Luc quant à lui prête à Jean le Baptiste reprend les prophéties bien connues d'Isaïe : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.  Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis.  

La beauté de ces textes prophétiques tient à plusieurs procédés. C'est d'abord et avant tout la poésie des mots : si les collines et les montagnes symbolisent à coup sûr l'orgueil des humains, a contrario les ravins font référence à une trop grande pauvreté, à l'humiliation des pauvres, des petits qui subissent la domination des grands. Quant aux passages tortueux ils évoquent bien évidemment toutes les turpitudes humaines qui sont innombrables. Mais il y a un autre procédé qui me paraît également très remarquable et grâce auquel ces textes prophétiques nous parlent tellement : le sujet de ces prophéties c'est toujours le peuple, Israël en l'occurrence, et jamais des individus. Ainsi est esquissée d'une façon très prononcée une responsabilité collective de la réussite aussi bien que de l'échec.

À mon sens, aujourd'hui, seules les organisations caritatives sont encore capables de nous faire vivre, ressentir cette dimension importante du salut qu'est la dimension collective, voire universelle. Nous sentons de plus en plus cette composante du salut en réalisant l'importance des mesures prises par les états pour sortir des différentes crises que traverse aujourd'hui notre humanité, crise migratoire, sanitaire, écologique. Ajoutons la presse libre qui a pour vocation de nous informer sur toutes les bonnes réalisations, mais aussi toutes les dérives sociales en matière des droits de l'homme ou des droits liés à la démocratie. Chacun est appelé à faire des gestes, même symboliques, pour participer à la solution de toutes ces crises.

On pourrait ajouter les fêtes qui sont nombreuses autour de la fin de l'année. C'est vrai, dans la mesure où elles respectent les règles élémentaires de la solidarité sociale. Parlant des fêtes, le plaisir et la joie qu'elles promeuvent et qu'elles dégagent est un élément positif incontestable. Ils sont l'écho authentique de la joie qui ressort des nombreux textes liturgiques que nous lisons pendant le temps de l'Avent, à condition qu'ils soient purifiés par l'Esprit Saint. Rappelons-nous quelques-uns d'entre eux entendus aujourd'hui. Baruch s'exprime ainsi : Tes enfants rassemblés du couchant au levant se réjouissent parce que Dieu se souvient (d'eux qui étaient déportés à Babylone) ; Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice. Pour saint Paul, les Philippiens seront comblsé du fruit de la justice qui s'obtient par Jésus Christ.

Pour continuer cette homélie, revenons sur notre chemin, creusons cette piste comme dirait notre cher feu Père François, le chemin que nous avons reconnu comme étant le thème dominant de cette liturgie dominicale d'Avent. Il exprime assez bien ce qu'est la vie de chacun et celle de nos communautés. Nos parents nous ont lancé sur la route ; chacun a choisi la sienne avec plus ou moins de bonheur. Il est possible de distinguer plusieurs types de route. Au début il y a la route sentimentale qui a été heureuse pour les uns et qui a été plus sinueuse pour d'autres. Il y a la route professionnelle qui, elle aussi, peut avoir subi quelques méandres mais, qu'importe? du moment qu'on a trouvé sa voie, qu'on a marché vers un lieu où nos rêves se sont accomplis. Certains ont même pris plusieurs routes parallèles pour accomplir plusieurs objectifs. A côté de leur profession, par exemple, ils se sont engagés pour une cause humanitaire dans la société civile au secours des sans abri, des sans papier, des prisonniers.

Nous tous chrétiens, nous suivons ensemble autant que possible, un chemin particulier, parallèle lui aussi à nos autres routes. Il a un nom qui est le Christ lui-même. C'est un chemin d'espérance qui consolide tous nos chemins personnels. Ce chemin est marqué, ponctué par des rencontres. La catéchèse reçue de nos parents et amis, prêtres ou non, nous ont fait découvrir la personne du Christ. Si nous avons été fascinés par lui, nous avons cheminé en empruntant les uns des «  grands routes  » dans lesquelles beaucoup se sont égarés faute de repères solides, les autres des chemins étroits comme il nous l'a enseigné lui-même. Nous avons été marqués par des signes sacramentels. Chaque eucharistie dominicale à laquelle nous participons est une nouvelle rencontre, nécessaire pour réajuster la direction de nos chemins personnels et communautaires vers un terme qui porte plusieurs noms : le Royaume de Dieu, le Jour du Christ, le salut. Ce terme est une réalité qui dépasse infiniment la mort puisqu'elle a été vaincue définitivement par le Christ qui, par sa mort et sa résurrection, a ouvert la voie royale vers la vie éternelle à laquelle nous aspirons tous.

Certains de nos chemins se sont croisés et nous avons fait route ensemble avec d'autres frères et sœurs qui ont éprouvé la même attirance pour le Christ. Comme nous le dit saint Paul, l'important est la progression dans la bonne direction, laquelle est toujours la même : le Christ car il est notre seul chemin. Il est tout à fait possible que nous fassions fausse route seule ou en communauté. Et les illusions sont nombreuses. Ces derniers temps, nous en savons quelque chose sur les mauvais sentiers pris par les uns et les autres. Examinons soigneusement chacun nos propres voies avant de jeter l'opprobre sur les autres. Rabaissons nos prétentions à vouloir corriger les autres. Il est vrai que les médias de nos jours sont sans aucune pitié et toujours à la recherche de révélations sensationnelles dans le but souvent d'acquérir une plus grande audience. La miséricorde est quelque chose qui leur est presque totalement étrangère. Reconnaissons quand même le bienfait de leur travail, celui de mettre au jour la vérité qui peut nous déranger, nous faire s'envoler nos belles illusions sur la vertu des uns et des autres.

«  Debout, Jérusalem ! Tiens-toi sur la hauteur et regarde vers l'orient  ». C'est par ces paroles du prophète qui aperçoit ses compatriotes exilés revenir vers la ville sainte, que je termine cette homélie en vous invitant à prendre de la hauteur et marcher à la rencontre de celui qui vient nous sauver : notre Seigneur Jésus Christ. Il ne vient pas comme les rois de ce monde mais comme un petit enfant. Bon temps de l'Avent à tous !

Fr. Yves de Patoul

 

Dieu va déployer ta splendeur

Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel. Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ». Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l'orient : vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient. Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal. Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu'Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu. Sur l'ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ; car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice.

- Parole du Seigneur.

Ba 5, 1-9

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie.

Il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.

Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

Dans la droiture, marchez sans trébucher vers le jour du Christ

Frères, à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c'est avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu'à maintenant, pour l'annonce de l'Évangile. J'en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu'à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de la justice qui s'obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

- Parole du Seigneur.

Ph 1, 4-6.8-11

Tout être vivant verra le salut de Dieu

L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d'Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

- Acclamons la Parole de Dieu.

Lc 3, 1-6