Homélie du 5 mai 2016

Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel

Jeudi, -

Une homélie de fr. Bernard poupart

Luc a donné le chiffre symbolique de 40 jours au temps particulier où Jésus ressuscité apparaissait aux disciples. Paul précise même qu'il est apparu à plus de 500 frères à la fois. L'Ascension marque la fin de ces apparitions. On ne verra plus Jésus de manière sensible. Mais ce départ et cette absence ne sont pas vécus comme une épreuve pour les disciples. Jésus s'est séparé d'eux en les bénissant et ils retournent à Jérusalem remplis de joie.

Dans l'évangile de Jean, Jésus avait dit: « Il est bon pour vous que je m'en aille, pour que vienne en vous l'Esprit Saint. »

L'absence sensible de Jésus peut parfois nous tourmenter. Nous aimerions quelque signe sensible de sa présence. Mais nous ne pouvons plus le retrouver que dans la relecture constante des évangiles. Et il nous arrive bien heureusement d'éprouver la joie des disciples quand ces textes nous le rendent présent, mais non plus de manière sensible. Il nous parle au coeur quand nous en ressentons la brûlure, comme les disciples d'Emmaüs. Et comme ces disciples ont eu une apparition disparaissante, nous faisons l'expérience d'une présence absente.

Les évangiles parlent de montée aux cieux. Ce sont des images dont nous avons besoin pour exprimer une réalité spirituelle. Dieu n'est pas plus en haut qu'en bas. D'ailleurs, il aime descendre: nous disons bien que Jésus est descendu du ciel avant d'y remonter. Descente et montée. Ces images verticales nous sont familières: nous disons par exemple que quelqu'un est descendu bien bas, ou au contraire qu'il est parvenu au faîte de ses ambitions. Ce qu'exprime le mystère de l'Ascension, c'est que le Christ élève son humanité, et la nôtre avec lui, jusqu'en Dieu même. Nous pouvons ainsi dire qu'il y a désormais de l'humain en Dieu. Le Christ nous entraîne dans son Ascension.

mais il y a aussi un mouvement horizontal qui est lancé au départ du Christ. Les anges disent aux disciples: « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel? » Et au moment où il part, Jésus envoie les disciples poursuivre la course de l'évangile qu'il a lancée. La dernière parole de Jésus, c'est: « Allez! »

Et c'est bien cette parole qui nous est encore adressée aujourd'hui. Nous croyons que le Christ élève l'humanité vers Dieu. Mais c'est une foi à tenir dans un contexte qui nous incline à penser tout le contraire. Notre monde est hanté par la violence et habité par la peur. Regardons nos pays d'Europe: ils multiplient les barrières pour contenir des invasions qui seront pourtant irrésistibles. Nos pays se ferment alors que la salut ne peut être que dans l'ouverture. Les valeurs sur lesquelles nous avions fondé l'Europe sont dédaignées. Le pape François nous appelle sans cesse à l'accueil des autres, mais entendez-vous beaucoup les chrétiens d'Europe témoigner comme lui? Que font les chrétiens qui se rassemblent le dimanche à Clerlande? Trois irakiens habitent maintenant notre maison au bas de la colline. Et nos frères de Blocry et de Saint-François à Louvain-la-Neuve s'organisent pour l'accueil des réfugiés avec tous les citoyens de la commune qui y sont engagés. C'est notre témoignage.

Nous pouvons aussi le répercuter dans nos rencontres et nos voisinages: réagir à la peur et à la fermeture par l'accueil et la rencontre. Et discerner avec bonheur toutes les formes de générosité autour de nous. Chercher avec obstination tout ce qui nous ouvre et nous conduit à vivre ensemble dans nos différences. Nos pays ne sont pas condamnés au vieillissement et à la morosité frileuse. Tant d'énergies sont disponibles si les responsables à tous les niveaux savent les solliciter. Il nous appartient, à nous chrétiens, de rappeler la vocation de l'humanité exprimée dans le mystère de l'Ascension: elle est appelée à s'élever au-delà d'elle-même, à conjurer ce qui la dégrade et l'humilie. Et nous devons bien nous garder de penser que nous n'avons pas de grands moyens là où nous sommes les uns et les autres pour cet engagement. Si chacun de nous s'applique à honorer tout ce qui fait grandir l'humain, c'est toute la pâte qui lèvera.

Regardez l'assemblée que nous formons. Chaque dimanche, en vous voyant arriver, je me dis: ils reviennent toujours, et aujourd'hui entre deux dimanches, vous êtes revenus ce jeudi. Bénis soyez-vous. Notre persévérance est notre force et notre témoignage. Il nous arrive peut-être de penser que nos rangs vont s'éclaircir avec nos âges. Mais nous avons vingt siècles d'histoire et la foi chrétienne vit toujours sur toute la surface de la terre. Le message de l'Ascension, c'est bien que l'évangile sera toujours lancé pour les générations à venir et qu'il fera monter l'humanité en Dieu.

 

Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva

Cher Théophile, dans mon premier livre j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Ac 1, 1-11

Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l’annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré.

Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9

Le Christ est entré dans le ciel lui-même

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Frères, c’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire grâce au sang de Jésus : nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair. Et nous avons le prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.

He 9, 24-28 ; 10, 19-23

Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. à vous d’en être les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. » Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Lc 24, 46-53

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