Homélie du 1 mai 2016

L’Esprit Saint vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit

6ème Dimanche de Pâques - Année C

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Comment faire pour que le message reçu ce dimanche soit parlant pour aujourd'hui ?

Pour que les paroles de Jésus nous touchent, pour que le Saint-Esprit soit accueilli comme une réalité vivante, aimante, pour que le Père soit reconnu, écouté, adoré, aimé ?

Il faut être aveugle pour ne pas voir que des personnes nombreuses et de tout bord s'efforcent de vivre de manière plus consciente, davantage en harmonie avec et dans le respect de la création. D'autres multiplient les initiatives pour se faire rencontrer des personnes venant d'horizons culturels et religieux très divers. D'autres encore ne ménagent pas leur peine pour accueillir les migrants et autres réfugiés avec humanité.

Il n'est pas question ici de récupérer le mérite de ces efforts admirables qui ont pour effet de rendre notre planète plus habitable et notre monde plus fraternel, ni de plaquer dessus la Parole de Dieu ou l'Evangile comme un habile prestidigitateur qui sort la surprise de son chapeau ; il est seulement question d'éviter que s'épuisent ces courants de générosité et d'humanité, faute d'être branchés sur leur source.

Cette source, Jésus lui donne un nom : «  Père ; Abba !  » et il ose dire, aujourd'hui : «  Le Père vous aime  ».

Je voudrais exprimer une crainte : (vous me direz après l'Eucharistie si ma crainte est justifiée) ;

J'ai peur que le Père ne soit pas adoré, que le Fils ne soit pas reconnu, que l'Esprit ne soit pas aimé.

Maurice Zundel a écrit : «  Le drame des origines, le drame de toute l'histoire, c'est finalement que Dieu n'est pas aimé.  »

En même temps ne peut-on pas dire que cette peur que j'évoquais est salutaire dans la mesure où elle nous rappelle que sans notre Abba, sans son Fils , sans son Esprit, la simple tâche d'être homme dépasse nos forces.

Alors peut mûrir en nous la confiance et la certitude que tout homme est dans la main du Père - aimé de Lui- qu'en toute entreprise humaine - dans les mots de St Paul-, «  ce n'est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi  » et enfin - cerise sur le gâteau - que nous ne sommes pas laissés à l'abandon comme des orphelins mais remis à la garde de l'Esprit qui s'occupe de nous instruire et de meubler notre mémoire de toute parole bonne.

La peur : elle est évoquée  » dans notre évangile : «  Que votre coeur ne soit pas effrayé !  » Comment ne le seraient-ils pas quand le Maître bien-aimé est en partance ? Vont-ils douter de la réalité des cadeaux qu'il leur promet : la joie, la paix, le Saint-Esprit pour les défendre ?  Ce n'est pas tant de Jésus qu'ils doutent mais plutôt d'eux-mêmes.

A propos de Sarah, mettant en doute la promesse de Dieu de mettre au monde un fils dans sa vieillesse, une théologienne suisse fait remarquer : «  Elle ne met pas explicitement Dieu en cause mais bien plutôt la capacité de l'humain à se rendre disponible pour qu'advienne ce que Dieu annonce.  » Anne Sandoz

Ne peut-on penser la même chose des Apôtres ? Ne mettent-ils pas en doute la capacité de l'humain à se rendre disponible au projet divin ?

Et nous - mêmes, aurions-nous oublié que Dieu, Lui, nous fait confiance, lui «  dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir.  »  Eph. 3, 20

Avant de conclure je voudrais encore vous lire une page d'un dominicain rendu célèbre il y a quelques années par un livre sur Jésus-Christ . Je cite : «  Au coeur de la spiritualité de Jésus se trouve la conscience de Dieu comme proche, très proche. Un des plus importants changements apportés par Jésus dans la pensée religieuse de son temps, c'est la conviction que Dieu n'est pas distant. Le Royaume de Dieu n'appartient ni au passé ni au futur, et Dieu n'est pas au plus haut des cieux. Le fait que Dieu soit proche de chacun, peu importe qui nous sommes ou ce que nous sommes, est fondamental dans l'enseignement des mystiques. Les mystiques musulmans ou soufis disent : «  Dieu est plus près de moi que ma veine jugulaire. «   Maître Eckhart dit, en écho au mot de St Augustin : «  Dieu m'est plus proche que je le suis à moi-même-. Dieu est près de nous mais nous sommes loin de lui. Dieu est dedans et nous sommes dehors.  »

Dieu est toujours tout près de nous,pas seulement quand notre vie est bonne, aimante ou sainte.Il est proche de nous, même quand nous ne croyons pas en lui ou quand nous l'ignorons-.Nous pouvons être loin de lui en ce sens que nos pensées sont bien ailleurs et que nous sommes inconscients de sa présence. Mais en aucune manière Dieu ne peut être en réalité loin de nous : si c'était le cas nous cesserions d'exister.

Le véritable défi est donc de devenir de plus en plus conscients de la présence du mystère et de la proximité de Dieu.

Notre expérience de Dieu commence comme un émerveillement et une admiration en présence du mystère.

Mais davantage encore : la conviction fondamentale de Jésus n'était pas seulement,t que Dieu est près de nous , mais aussi qu'il nous aime. (Albert Nolan, O.P. Suivre Jésus aujourd'hui, Le Cerf 2009, pp.181-183)

Dans cette homélie, il a été question de l'Evangile, je n'ai pas parlé de la belle lecture de l'Apocalypse mais j'emprunterai ma conclusion aux deux derniers mots de la première lecture :

«  Bon Courage ! » Ac. 15, 29

 

L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci qui s’imposent

En ces jours-là, des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. » Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question. Les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas. Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit : L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! »

Ac 15, 1-2.22-29

Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse, que son visage s’illumine pour nous ; et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie, car tu gouvernes le monde avec justice ; tu gouvernes les peuples avec droiture, sur la terre, tu conduis les nations.

La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que Dieu nous bénisse, et que la terre tout entière l’adore !

Ps 66 (67), 2-3, 5, 7-8

Il me montra la Ville sainte qui descendait du ciel

Moi, Jean, j’ai vu un ange. En esprit, il m’emporta sur une grande et haute montagne ; il me montra la Ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu : elle avait en elle la gloire de Dieu ; son éclat était celui d’une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin. Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes et, sur ces portes, douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus des fils d’Israël. Il y avait trois portes à l’orient, trois au nord, trois au midi, et trois à l’occident. La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau. Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau. La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine : son luminaire, c’est l’Agneau.

Ap 21, 10-14.22-23

L’Esprit Saint vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »

Jn 14, 23-29

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