Homélie du 1 novembre 2021

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux !

Tous les Saints, La Toussaint 2021

Une homélie de fr. Benoît Standaert

Homélie :
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Bienvenue à vous tous, chers frères et soeurs, ici présents ou connectés avec nous par internet ! La fête de la Toussaint ouvre notre communauté sur une assemblée remarquable : pas de ciel couvert au-dessus de notre célébration ! Le Voyant de l'Apocalypse, dans la première lecture, voit à travers une porte ouverte dans le ciel une immense assemblée de saints ! et elle se prolonge sur terre. Les saints, les défunts et les vivants forment pendant deux jours au début de ce mois de novembre une grande communion. Le saint n'est pas seulement en face de nous, au-delà de notre horizon, il est à côté de nous, ici, dans cette assemblée, et il est au fond de chacun de nous. La sainteté est semée dans notre propre coeur, comme une aspiration toute pure et vraie que l'on découvre déjà chez l'enfant et l'adolescent et qui fleurit, le plus souvent par-delà bien des épreuves, dans l'homme mûr. Accueillons ce grand espace ouvert, écoutons ce que les Ecritures choisies pour la fête nous en disent, et invoquons Celui qui est capable d'achever ce qu'il a commencé en nous. Faisons-le avec la pleine conscience de ce qui se décidera justement pendant ces jours-ci à Glasgow en Ecosse, avec la Cop 26. Portons tout cela avec gravité et espérance devant le Seigneur Dieu, le maître des coeurs. Invoquons-le ensemble.

Homélie

Chers frères et soeurs, chers amis.

«  Nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté  ». Ainsi parlait saint Jean dans la deuxième lecture de ce jour. Nous sommes déjà et nous ne sommes pas encore. Il y a un secret que nous portons en nous, une vie qui n'existe qu'en espérance. Nous marchons vers toujours plus de lumière, de beauté, de gloire. Saint Paul parle, en Romains 8, d'une grande aspiration qui habite la nature, qui traverse même l'homme et qui provient de Dieu. L'Esprit en Dieu gémit à son tour, nous visite et aspire au fond de tout le créé. Arrivons-nous à le reconnaître autour de nous et au fond de nous ?

Prenez l'acte de mourir des arbres, tout autour du monastère : même sans soleil ils produisent des tons remarquables, une variété infinie dans un seul arbre, une fête de vert, jaune, rouge et brun dans tout un coin du bois. Le chant du cygne de la nature en cet automne, comporte un message secret sur la vie : celle-ci serait bien plus qu'éphémère, car en mourant elle dit le plus beau qu'elle porte en elle ?

L'aspiration à la sainteté nous habite tous : les béatitudes de l'évangile de ce jour ne sont pas célestes mais bien humaines et terrestres. Car en chacun de nous il y a un pauvre, un démuni, un aspirant, assoiffé de justice, désireux de paix et artisan engagé d'un peu plus de paix, dans la relation la plus courte comme la plus longue. Examinons-nous : quelle béatitude nous collerait le plus à la peau ?

Inventez un jeu à table ce midi : que le plus jeune recopie les 8 béatitudes matthéennes sur huit petits bouts de papier. Mêlez-les convenablement, et puis choisissez un billet. Ne le regardez pas encore. Mais vous donnerez à votre voisine ou voisin à votre droite et recevez celui que vous présente la personne à votre gauche. Ouvrez le billet et essayez de donner un sens à cette béatitude pour votre vie bien concrète. Et si vous êtes seul, faites de même et choisissez pour aujourd'hui une béatitude, et demain une autre et toute la semaine qui vient vous aurez de quoi grandir dans ces qualités que Jésus place comme porte d'entrée pour accéder au Royaume et pour voir Dieu.

Et n'oubliez pas : chacune de ces huit qualités se trouvent d'abord en Jésus. Elles forment un portrait secret de qui il est et a voulu être. Car il est par excellence le pauvre en esprit, le doux et humble de coeur, l'affamé et l'assoiffé de justice, l'artisan de paix.

La fête aujourd'hui nous interpelle dans ce que chacun de nous a de plus beau. Pour le réaliser il ne faut pas essayer d'être plus grand en s'élevant sur la pointe des pieds. Non, il vaut beaucoup descendre au plus bas, au plus humble, au plus démuni : car alors nous sentirons la proximité divine, nous nous ouvrons à la force qui ne vient justement pas de nous, nous redeviendrons dociles à l'Esprit de Dieu qui rend tout possible.

Faisons de cette journée et de celle de demain une journée de lumière, en communion avec nos chers défunts, notamment avec ceux qui depuis un an nous ont quittés ? pour notre communauté, on songe à nos trois frères qui nous ont quittés en trois mois de temps, entre mai et juillet : Matthieu, Christian et François.

Vivons ces jours aussi en communion intense de sympathie et d'intercession avec tout le monde réuni en Ecosse, pour la Cop 26 à Glasgow. Ne sont-ils pas par excellence parmi nous «  les assoiffés de justice  » et «  les artisans de paix  » dont parle l'évangile de ce jour ? Et surtout devenons à notre tour des disciples de ce Maître unique qui au coeur de l'évangile nous confie : «  Mettez-vous à mon école et apprenez de moi : « Je suis doux et humble de coeur ». Et vous trouverez la paix  ». Ainsi soit-il.

 

Voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer : « Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.

Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! » Tous les anges se tenaient debout autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre, ils se prosternèrent devant Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

Ap 7, 2-4.9-14

Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face !

Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6

Nous verrons Dieu tel qu’il est

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

1 Jn 3, 1-3

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux !

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Mt 5, 1-12a

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