Homélie du 12 avril 2026

 Huit jours plus tard, Jésus vient 

2ème Dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde - Année A

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Homélie :
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Thomas est moderne, archimoderne, il n'aime pas les «  fake news  », c'est un homme avec beaucoup de « si » : «  Si je ne vois pas, si je ne mets pas...  ». Il ne croit pas ce que lui disent ses condisciples à propos de Jésus et n'a pas peur de le leur dire. 
 Bien sûr, il L'a bien connu pour l'avoir fréquenté des années. Il ne s'est gêné de le contredire quand Jésus avait promis aux Apôtres : «  Je vais vous préparer un place et du lieu où je vais vous connaissez le chemin  » (Jn 14,3-4) «  Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment connaîtrions-nous le chemin ?  » 
 Généreux, il se propose même de suivre son Maitre jusque dans la mort, 
si nécessaire. Mais de là à croire que les Apôtres l'ont revu vivant, c'est une limite qu'il n'est pas prêt à franchir. Bref, il est encore dans la lamentation 
et le deuil tels que Jésus l'avait annoncé : «  Vous allez pleurer et vous lamenter, le monde se réjouira, vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie  », et encore : «  Je ne vous laisserai pas orphelins  ».
 En effet, les disciples sont pleins de joie : ils voient le Seigneur qui leur montre ses mains et son côté transpercés et leur souhaite la paix. 
 Mais voilà ! Thomas n'est pas là ! Il n'a pas le cœur de chanter : «  Ma force et mon chant, c'est le Seigneur, éternel est son amour  » (ps.117) comme nous venons de le faire. Il en est encore au psaume 21 : «  Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?  » Il lui faudra encore huit jours, à Thomas, 
pour adopter d'autres sentiments. Qu'a-t-il fait pendant ce temps-là ?
 Je pense tout à coup à l'homélie du P. Pierre le jour de Pâques : la foi en la résurrection de Jésus ne peut se contenter de reposer sur des signes «  improbables  » mais sur l'Esprit de Dieu qui inspire aux croyants une vie de ressuscités, résolument engagée, dans la charité. 
 Thomas, rejoignant les Apôtres au Cénacle, doit se rendre à l'évidence : 
pas de signes de deuil ni de lamentation. Encore de la crainte, oui, mais aussi un climat de joyeuse paix : «  La paix soit avec vous !  » et, à l'adresse de Thomas, une invitation on ne peut plus directe : «  Cesse d'être incrédule, sois croyant !  » A ce moment-là, Il n'est pas dit que Thomas va jusqu'à toucher le Maître : il va droit à l'essentiel : «  Mon Seigneur et mon Dieu  ».


Qu'en est-il de nous maintenant ? 
St Jean nous le dit clairement : le but des écrits évangéliques où ne sont racontés qu'une toute petite partie des signes (et des paroles) de Jésus, c'est «  que nous croyions que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et qu'en croyant nous ayons la vie en son nom.  » Que signifie : «  Avoir la vie en son nom  » ?
 St Pierre, dans son épître nous l'explique en écrivant comme une icône du disciple de Jésus, c'est-à-dire de nous. Il énumère les cadeaux - les grâces - que Dieu fait à ceux et celles qui suivent les traces de son Fils : 
 une foi, plus précieuse que l'or,
 une espérance vivante, grâce à la résurrection de Jésus,
 un amour pour Jésus-Christ.
Et Pierre de taper sur le clou : «  Lui que vous aimez sans l'avoir vu  ». 
 Mes Sœurs, mes frères, en ces temps troublés, notre foi n'est-elle pas mise à rude épreuve, comme celle de St Thomas ? Avons-nous le cœur de chanter des «  Alléluias  » ? 
 St Augustin : qui ne vivait pas dans un temps plus doux que le nôtre, parle de l'Alleluia :  «  Alleluia signifie «  Louez le Seigneur !  » Louons le Seigneur, par la vie, par les lèvres, le cœur et la bouche, notre voix et notre conduite... Chantons, non encore pour charmer notre repos mais pour alléger notre fardeau. Comme chante le voyageur. Chante mais marche... Chante pour soutenir ton effort. Avance, avance dans le bien... avance dans la foi droite, avance dans la vie pure. Sans t'égarer, sans reculer, sans piétiner, chante et marche.  »
 Marchons donc, sous le regard du Père, animés par l'Esprit, à la suite de Jésus
qui ne cesse de redire : «  La paix soit avec vous !  » AMEN !

 

Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun

Les frères étaient assidus à l'enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les c?urs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres.

Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.

Chaque jour, d'un même c?ur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de c?ur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.

- Parole du Seigneur.

Ac 2, 42-47

Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour ! Que le dise la maison d'Aaron : Éternel est son amour ! Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour !

On m'a poussé, bousculé pour m'abattre ; mais le Seigneur m'a défendu. Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; il est pour moi le salut. Clameurs de joie et de victoire sous les tentes des justes.

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle ; c'est là l'?uvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie !

Ps 117 (118), 2-4, 13-15b, 22-24

Le Christ, vous l'aimez sans l'avoir vu ; en lui, vous mettez votre foi, vous exultez d'une joie inexprimable

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d'entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s'il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d'épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l'or - cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu - , afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. Lui, vous l'aimez sans l'avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d'une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l'aboutissement de votre foi.

- Parole du Seigneur.

1 P 1, 3-9

Huit jours plus tard, Jésus vient

C'était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Or, l'un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c'est-à-dire Jumeau), n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom.

- Acclamons la Parole de Dieu.

Jn 20, 19-31