Homélie du 24 octobre 2021

 Rabbouni, que je retrouve la vue 

dimanche, 30ème Semaine du Temps Ordinaire — Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Homélie :
avancez jusqu'à  28' 50"

En finale de cet évangile, une question : «  Que veux-tu que je fasse pour toi ?  » Dimanche dernier : même chose : «  Que voulez-vous que je fasse pour vous ?  » Ça me rappelle une question familière de mon père : «  Que puis-je faire pour toi ?  » Ou encore : la question posée par le P. Abbé de St André de Bruges à ses 6 postulants, le 7 octobre 1962 - : «  Que demandez-vous ?  »

La plus belle réponse est sans doute celle de l'aveugle de l'évangile : «  Rabbouni ! Que je voie !  » Beaucoup d'autres ne demandent pas de retrouver la vue : ainsi Jacques et Jean, revendiquant de bonnes places dans le Royaume : ces Apôtres ne sont pas aveugles mais ils manquent de «  vision  » : Jésus ne peut acquiescer à leur demande. Par contre, il les met en garde contre les mauvaises intentions des Pharisiens à son égard :«  Ouvrez loeil, gardez-vous du levain des Pharisiens. (Mc 8,15) Et ce n'est pas fini : après la multiplication des pains, il s'étonne que les Apôtres n?aient pas saisi la signification profonde de ce geste : «  Vous ne comprenez pas encore ? Avez-vous l'esprit bouché, des yeux pour ne pas voir ?  » (Mc 8, 18) Pierre, lui aussi reçoit son paquet pour avoir voulu faire la leçon à son Maître qui lui annonçait ses souffrances futures et sa mort ignominieuse : «  Passe derrière moi, Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes.  » (Mc 8, 33) C'est ce même Pierre qui prétendra ne pas connaître Jésus quand il se fera interpeller par une servante du grand-prêtre durant le procès : «  Je ne connais pas cet homme  » autrement dit : «  je ne vois pas ce dont tu parles  ».

«  Que veux-tu que je fasse ?  » La plus belle réponse vient de cet homme tout simple assis aux portes de Jéricho, la ville la plus basse du monde : «  Rabbouni, que je retrouve la vue ! «  L'aveugle appelle Celui dont le nom signifie «  Dieu sauve  » : il n'a que faire des rebuffades, de son sans gêne, de son impureté rituelle : il ressemble aux enfants, au bon larron, au fils prodigue, au publicain, qui osent s'approcher, demander, tout simplement et avec confiance. Il croit en ce grand-prêtre dont l'épitre aux Hébreux nous dit si délicatement «  qu'il n'est pas incapable de compatir  »(He 4, 14) ; bref il fait exactement ce qui est requis pour avoir accès à Dieu et à la puissance divine bienveillante qui est en Jésus.

Bartimée est notre prédicateur d'aujourd'hui : il nous dit comment faire, comment être : nous, baptisés, membres de l'Eglise catholique, ne sommes-nous pas, après les rapports accablants remis à l'Eglise de France, après l?invitation pressante du Pape François de nous mettre en état de Synode, ne sommes-nous pas comme cet aveugle, au bord du chemin, en quête de lumière. N?est-ce pas le moment de secouer le manteau des faiblesses et des péchés pour recourir au Sauveur Jésus ? Sans doute ne faut-il pas brûler les étapes, louper la pause de la prière et de la confiance : Bartimée a fait confiance, il a prié et enfin, encouragé par les proches il a bondi .En cette journée de la Mission Universelle, comment faire pour l?imiter ?

Seigneur, nous ne sommes pas dignes, et peut-être moins que jamais, de te recevoir, mais nous bondissons vers Toi et, plus que jamais nous attendons d?être guéris !

 

L’aveugle et le boiteux, je les fais revenir

Ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! » Voici que je les fais revenir du pays du nord, que je les rassemble des confins de la terre ; parmi eux, tous ensemble, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée : c’est une grande assemblée qui revient. Ils avancent dans les pleurs et les supplications, je les mène, je les conduis vers les cours d’eau par un droit chemin où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël, Éphraïm est mon fils aîné.

Jr 31, 7-9

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.

Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité

Tout grand prêtre est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ; et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple. On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron.

Il en est bien ainsi pour le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré, car il lui dit aussi dans un autre psaume : Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.

He 5, 1-6

Rabbouni, que je retrouve la vue !

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Mc 10, 46b-52

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