Homélie du 10 mai 2026

 Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur 

6ème Dimanche de Pâques (semaine II du Psautier) - Année A

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Un petit garçon, confirmé il a 75 ans, raconte avoir reçu à cette occasion une image de la scène de la Pentecôte avec une citation de l'Evangile de Jean qui suit de peu celui que nous venons d'entendre : «  L'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.  ». (Jn. 14, 26)

A la demande du petit garçon : «  Qu'est-ce que cela veut dire ?  » son professeur ne sait que répondre !


Et nous adultes, quelle serait notre réponse ? On voit bien qu'il ne s'agit pas d'un enseignement scolaire, ou d'une leçon de bonnes manières, mais de recevoir des «  commandements  ». «  Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements.  »

Oh, qu'on n'aime pas ce mot ! Mais voilà : celui qui  commande, ce Maître, est quelqu'un d'extraordinaire, non pas dans le sens qu'il ferait des choses terrifiantes, qu'avec lui désormais tout irait bien, que tous les autres seraient nuls et que lui seul accomplirait de exploits à couper le souffle.


Sa manière à lui c'est plutôt de s'effacer après une brève apparition - quelques années de vie publique - où il ne s'est fait remarquer que par son extrême attention pour ses frères et sœurs humains, les soignant, les mettant en garde contre les maladies de l'âme et guérissant les corps. Voilà sa manière à lui d'enseigner !

Non content de cela, par amour, il nous fait cadeau de sa vie, de sa mort, 
pour que nous puissions éliminer toutes les fausses images, les icônes imparfaites de son Père invisible.
 Et ce n'est pas tout : ressuscité désormais, il fait une magnifique promesse : 
«  Je ne vous laisserai pas orphelins  ». En effet, son Père nous donne un Défenseur, un Avocat, l'Esprit qui, comme nous l'entendions dans les Actes des Apôtre, délivre, guérit, et fait jaillir une grande joie chez les croyants.


Joie, cadeau de Dieu qui n'est pas absent de l'Ancien Testament : Réécoutons le psaume 65 que nous venons de chanter : «  De là cette joie qu'Il nous donne  ». Joie qui découle d'un amour dont parle encore le psalmiste : « Je vous dirai ce que Dieu 
a fait pour mon âme..... Il n'a pas détourné de moi son amour  ». Ce n'est pas un amour à l'eau de rose : en effet, le psaume n'hésite pas à proclamer à propos de Dieu, que ses exploits et ses actions sont redoutables.

Nous voici donc disciples de cet homme d'exception que fut Jésus ! Pour recevoir l'enseignement de son Esprit nous n'avons pas à nous soumettre à un pénible blocus même aidé par la désormais célèbre I.A. : il s'agit d'une personne à recevoir : 
l'Esprit de Vérité  « que le monde ne peut recevoir  » mais que nous pouvons cultiver moyennant un patient travail de foi, d'espérance, de charité.

Comment faire, sinon en regardant Jésus, en priant, en nous inspirant de Lui : comment était-il ? comment se comportait-il dans la Palestine de son temps face aux violences de toutes sortes, à la duplicité humaine ? Accablait-il les gens de reproches, passait-il son temps à faire le relevé des défauts des autres et des maux de la société ? Quelle était sa mentalité, son penchant, son Esprit ? Cet homme pur, branché sur l'immense bonté de son Père, quelle agonie a-t-il du vivre dans un monde impur ?

Et cependant il n'a pas passé son temps à vitupérer et à se plaindre mais plutôt à témoigner de cet Esprit d'Amour qui l'habitait. Ses disciples en ont pris de la graine :
nous venons d'entendre l'Apôtre Pierre exhortant les chrétiens à rendre raison de l'espérance qui est en eux : «  Faites le avec douceur et respect...  » (1P 3, 16) tel est le style de Dieu, peut-on dire !

C'est bientôt la Pentecôte : Jésus dit que le monde ne peut recevoir l'Esprit de vérité...car il ne le connaît pas ; il ajoute : «   Il sera en vous.  »
Comment faire pour prendre acte de cette promesse, et la prendre au sérieux ? 
Le petit garçon dont je parlais tout à l'heure n'a pas à apprendre une matière mais à faire confiance : «  Je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu'un m'ouvre la porte, j'entrerai  » peut-on lire dans l'Apocalypse. Réapprendrons-nous à ouvrir la porte, à donner priorité à Celui qui nous aime ?


Il me semble que pour briser la routine d'une foi menacée d'engourdissement voire de découragement, il est bon de réentendre ces lignes écrites par Julienne de Norwich, grande Mystique anglaise du 14è siècle :«  Beaucoup d'hommes et de femmes croient que Dieu est tout-puissant et qu'il a le pouvoir de tout faire et qu'en outre ,il sait tout et peut tout. Quant à dire qu'il est entièrement amour, là ils sont plus réservés...

Pour ceux qui aiment Dieu, ce manque de connaissance de Dieu constitue 
le plus grand obstacle. Car lorsqu'ils se corrigent de leurs fautes... il reste planer une certaine crainte qui les incite à maintenir le regard fixé sur eux-mêmes et sur leurs péchés passés. Ils prennent cette crainte pour de l'humilité mais en fait il s'agit d'une détestable forme d'aveuglement et de faiblesse.

Dieu veut que nous soyons surtout assurés de sa bienveillance et de 
son amour, cet amour qui donne à la puissance et à la sagesse une qualité 
de grande douceur envers nous. Car telle est la courtoisie de Dieu qui oublie nos péchés dès que nous nous en repentons. Telle est sa volonté, que nous les oubliions ainsi que toute mélancolie et toute incertitude anxieuse.  »
 «  Petits enfants, de tous les siècles, de tous pays, Je ne vous laisserai pas orphelins  »

 

Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l'Esprit Saint

En ces jours-là, Philippe, l'un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d'un même c?ur, s'attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu'il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie.

Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu'ils reçoivent l'Esprit Saint ; en effet, l'Esprit n'était encore descendu sur aucun d'entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l'Esprit Saint.

- Parole du Seigneur.

Ac 8, 5-8.14-17

Acclamez Dieu, toute la terre ; fêtez la gloire de son nom, glorifiez-le en célébrant sa louange. Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

Toute la terre se prosterne devant toi, elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. Venez et voyez les hauts faits de Dieu, ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme : ils passèrent le fleuve à pied sec. De là, cette joie qu'il nous donne. Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ; Béni soit Dieu qui n'a pas écarté ma prière, ni détourné de moi son amour !

Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20

Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l'esprit, il a reçu la vie

Bien-aimés, honorez dans vos c?urs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l'espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c'était la volonté de Dieu, plutôt qu'en faisant le mal. Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair ; mais vivifié dans l'Esprit.

- Parole du Seigneur.

1 P 3, 15-18

Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l'Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »

- Acclamons la Parole de Dieu.

Jn 14, 15-21