Homélie du 12 septembre 2021

 Tu es le Christ… Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup 

dimanche, 24ème Semaine du Temps Ordinaire — Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Homélie :
avancez jusqu'à  27' 20"

Je viens de dire : « Evangile, c.à.d. « Bonne Nouvelle de Jésus-Christ »... et, sans hésitation vous avez répondu « Gloire à Toi, Seigneur ! » Et à la fin, avec autant de conviction ou par la force de l'habitude, nous avons chanté : « Louange à Toi, Seigneur Jésus ! Autrement dit : d'accord, bravo... ! » Quelle réaction curieuse face à ce texte plein de choses désagréables, de propos violents, de mises en garde sévères, sans compter les annonces de souffrances, de malheurs et de mort concernant non seulement le Maître mais encore ceux qui se décideraient de se mettre à sa suite. Avons-nous le toupet d'appeler cela une bonne nouvelle ? Tout cela n'est-il pas fort démobilisant ? Et pour faire bonne mesure, le témoignage du prophète Isaïe n'est pas fait non plus pour mettre du baume sur les plaies.

Allons-nous pour autant traiter Jésus de prophète de mauvais augure ? Pas étonnant, dirons-nous, qu'il ait été mal accueilli chez les siens avec un message pareil ! Allons-nous suivre quelqu'un qui nous annonce qu'il n'y a pas de roses sans épines et qu'il faut mériter son ciel à coup de souffrances ? « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il prenne sa croix... » . Avons-nous déjà rencontré un homme politique en campagne, tenant ce langage-là ? Sur le plan personnel et dans la vie quotidienne, j'ai remarqué que lorsque j'ai résolu un problème, fait une démarche qui me coûte...et que je pense que, désormais, tout va marcher comme sur des roulettes, souvent, à ce moment-là une petite voix me murmure : « Prépare-toi, tu vas encore devoir en affronter de plus dures » ; alors j'ai tendance à écarter cette pensée menaçante. Et je me retrouve dans la peau de Pierre qui s'entend interpeller par Jésus : « Passe derrière moi, Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu ! » Question que Jésus pose à chacun de nous aujourd'hui : « Tes pensées sont-elles celles de Dieu ? » Les paroles de « Notre Père » : « Que ta volonté soit faite.. » est-ce que je les dis du bout des lèvres, par la force de l'habitude, ou comme Jésus à Gethsémani : « Père, non pas comme je veux mais comme Tu veux. » (Mt 26, 38)

Oui, frères et soeurs, Jésus s'adresse aujourd'hui à nous : « Prenez votre croix, à bras le corps et si possible avec joie, faites comme moi : je ne me suis pas dérobé : il fallait que je souffre beaucoup, et vous serez logés à la même enseigne. Autrement dit, on ne va pas au Royaume de Dieu en TGV mais à pied, par de des petites routes souvent inconfortables mais pas ennuyeuses pour autant !

Mais, au bout de cette route, Jésus ne nous laisse-t-il rien espérer ?

Ecoutons un passage de la première lettre de St Pierre : « Bien-aimés, ne trouvez pas étrange d'être dans la fournaise de l'épreuve comme s'il vous arrivait quelque chose d'anormal : mais dans la mesure où vous avez part aux souffrances du Christ, réjouissez-vous afin que lors de la révélation de sa gloire vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse. » (1P 4, 12-13) En effet, après avoir dit qu'il serait tué, Jésus ajoute : trois jours après, il ressuscitera ! Et encore : celui qui perd sa vie, la sauvera ! La perspective de joyeuse résurrection et de salut est donc bien présente et cette révélation est capitale puisque le Baptême plonge le chrétien dans cette mort de Jésus et le rend participant à sa résurrection.

« Il fallait que le Fils de l'Homme souffre beaucoup et ....qu'Il ressuscite ». Cette parole de Jésus j'ai cru la voir symbolisée mardi soir dans une scène d'un film retraçant la catastrophe des deux tours jumelles à New York, le 11 septembre 2001. On y voit deux femmes, une blanche et une noire, elles ne se connaissent pas, elles sont debout côte à côte, dans une salle où une foule de gens attend anxieusement des nouvelles des victimes de l'effondrement des tours. La femme blanche semble encore garder espoir ; la femme noire, par contre, se rend peu à peu à l'évidence qu'elle ne reverra plus son mari vivant : elle parle , elle parle , toute seule ; de plus en plus, les larmes baignent son visage, tandis que la femme blanche la regarde avec une intense compassion, jusqu'au moment où, en dépit de toutes les barrières sociales et de couleur, n'en pouvant plus, les deux femmes tombent dans les bras l'une de l 'autre et s'abandonnent dans une étreinte de mutuelle consolation.

On assiste à un poignant chemin de croix débouchant sur une petite lumière : cierge pascal déjà présent dans les ténèbres d'un vendredi saint. Le psaume 114 l'évoquait tout à l'heure : « j'éprouvais la tristesse et l'angoisse, j'ai invoqué le nom du Seigneur....Il a sauvé mon âme de la mort....je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants. »

Au milieu des aléas de l'existence, comme nous le rappelait le P. Pierre dimanche dernier, le chrétien a pour vocation de demeurer capable de louer, de remercier, d'admirer le Seigneur ressuscité qui ne cesse de nous répéter, eucharistie après eucharistie : « Prenez courage : voici mon corps livré pour vous... On vous traitera peut-être de fous parce que vous optez pour les pensées de Dieu : ne craignez pas : Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. »

 

J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient

Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Is 50, 5-9a

J’aime le Seigneur : il entend le cri de ma prière ; il incline vers moi son oreille : toute ma vie, je l’invoquerai.

J’étais pris dans les filets de la mort, retenu dans les liens de l’abîme, j’éprouvais la tristesse et l’angoisse ; j’ai invoqué le nom du Seigneur : « Seigneur, je t’en prie, délivre-moi ! »

Le Seigneur est justice et pitié, notre Dieu est tendresse. Le Seigneur défend les petits : j’étais faible, il m’a sauvé.

Il a sauvé mon âme de la mort, gardé mes yeux des larmes et mes pieds du faux pas. Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.

Ps 114 (116 A), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9

La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. »

Jc 2, 14-18

Tu es le Christ… Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. »

Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.

Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »

Mc 8, 27-35

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