Homélie du 22 août 2021

Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle

Dimanche, 21ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Benoît Standaert

Homélie :
avancez jusqu'à  25' 45"

Bienvenue à vous tous, montés jusqu'ici à Clerlande et bienvenue à vous qui nous suivez grâce à la connexion internet, garantie par notre équipe du Studio Clerlande, avec Francesco Ruffo et fr. Godfrey du Nigeria ! Au fil des mois ils ont acquis une belle maîtrise de tout l'instrument !

Dans la vie il faut choisir. Parfois cela peut nous prendre à la gorge. Il y a des moments carrefour, des lieux où il faut se décider : s'en aller ou continuer, prendre à droite ou à gauche, trancher par rapport au passé et oser l'aventure nouvelle et inconnue devant nous. Jésus et Josué nous placent aujourd'hui devant un choix décisif et même Paul, dans la vie de mariage, nous dégage une voie en profondeur à découvrir. Écoutons et clarifions nos esprits, en marchant à la lumière de la Parole de Dieu. On n'a pas d'autre choix quand on vient ici, comme vous les faites avec nous. Le premier choix c'est notre disponibilité à écouter de tout notre coeur Dieu qui nous parle.

Invoquons le Christ qui, comme dira saint Pierre, « a les paroles de la vie éternelle ». Allons à lui, le Saint de Dieu qui peut nous sauver.

Homélie

Bien chers frères et soeurs, chers amis.

En ce dimanche on boucle une belle série de lectures johanniques car pendant cinq semaines on a eu droit à écouter le sixième chapitre du quatrième évangile. Nous écoutons aujourd'hui la finale. En même temps la liturgie nous place devant une autre finale où se boucle un cycle narratif qui commence avec l'Exode et s'achève à Sichem. Là Josué invite le peuple à renouer l'Alliance avec le Dieu révélé comme Seigneur dans toute leur histoire depuis la sortie d'Égypte et même davantage. « Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. Et vous ? Voulez-vous servir les dieux que vos pères servaient au-delà de l'Euphrate ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays ? » Et le peuple comme un seul homme déclare : « Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux ! C'est lui le Seigneur qui nous a fait monter du pays d'Egypte, cette maison d'esclavage ! C'est lui notre Dieu ! » Et l'alliance est scellée à Sichem, comme avait fait Moïse au Sinaï. Grande page biblique que ce chapitre 24, à la fin du livre de Josué ! À relire de temps à autre !

Peuple en marche, nous aussi connaissons des étapes et des moments de haute prise de conscience. Josué nous aide à discerner où nous en sommes, et comment nous nous comprenons : il évoque toute l'histoire des interventions divines et le peuple les reprend et les ratifie pour conclure : nous aussi servirons le Seigneur Dieu. On est passé de la maison d'esclavage à la condition du service, libre et en alliance de vie avec Dieu.

Quelqu'un m'a envoyé ces jours-ci un texte qui gravite autour de l'idée : « Compte tes bénédictions ». Tel jouw zegeningen. Count your blessings” !

L'image est assez prenante: une vieille femme va voir son médecin. Elle lui montre une main : chaque doigt est un douleur, une peine, une tristesse. La mort des êtres chers, la perte de tout emploi, la solitude, les déficiences physiques, les amitiés qui n'ont pas duré. Et l'autre main ? demande le médecin. Oui, ce sont mes bénédictions. Voulez-vous les entendre ? Et elle de raconter qu'elle a à manger chaque jour, qu'elle a un toit au-dessus de sa tête, une maison bien chauffée, des voisins attentifs, de quoi payer chaque mois le nécessaire- Alors, dit-elle, je joins mes deux mains, et les bénédictions rendent supportables les douleurs et tristesses. Je suis heureuse et reconnaissante que j'ai deux mains. Je compte mes bénédictions.

C'est ce qu'ensemble Josué et le peuple font à Sichem ! Ils ont rappelé et compté tout ce en quoi ils ont été bénis ! Cela libère le coeur et l'élan de vie !

Dans l'épître aux Éphésiens qu'on lit depuis plusieurs semaines, on entend aujourd'hui une catéchèse sur la vie de couple. L'homme et la femme sont comme le Christ et l'Église : on se donne l'un à l'autre dans un immense respect pour le Christ. La qualité du don réciproque correspond à celle avec laquelle le Christ aime son Épouse, et l'apôtre rappelle l'eau du baptême qui purifie et la pain de l'eucharistie qui nourrit. Ainsi fait le Christ avec son corps qu'il nourrit et en prend soin. Citant la Genèse, il invite à méditer sur le dernier mot : « et les deux ne feront plus qu'un ». Ce qui vaut dans le couple, s'applique aussi au Christ dans sa relation à l'Église, et inversement. Le divin de l'Un passe du Christ à son corps et se vit entre la femme et l'homme. Le mariage entre baptisés se vit comme un lieu où Dieu passe et fait alliance dans notre alliance de soumission mutuelle. Quel défi ! Et quel recueillement est nécessaire pour qu'ensemble on rejoigne toute la profondeur évoquée ici par l'apôtre ! Il y a du divin qui se joue entre nous !

Dans l'évangile Jésus, lui aussi, place ses disciples devant un choix : « Voulez-vous partir vous aussi ? » Certains ont trouvé que le langage sur la pain et le vin comme sa chair et son sang, à manger et à boire, était choquant, oui, insupportable. « Qui peut l'entendre ? » Le réalisme cru peut de fait scandaliser. « Cela vous scandalise ? » dit Jésus. « Mais que direz-vous quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant- » Cette montée n'est pas moins scandaleuse car il s'agit de la croix, la potence à laquelle il sera élevé comme un crucifié- Le pain et le vin sont ainsi associés directement à la mort sur la croix. Qui reste dans la compagnie de Jésus, découvrira ce lien et en communiant au pain et au vin, il communiera à la mort de Jésus et à la victoire sur la mort que Dieu a accompli pour son fils bien-aimé. « Nul ne vient à moi si le Père ne l'attire ». Communier au pain c'est avec crainte ressentir la traction qui vient du Père, traction victorieuse qui nous unit à Dieu. Les « deux ne font qu'un » également ici. Avec les mots de Pierre : « À qui irions-nous, Seigneur ? tu as les paroles de la vie éternelle ».

Trois fois dans les lectures il est question d'une alliance de vie. Il faut choisir. Notre choix nous permet de nous réconcilier avec la vie, par-delà la mort et les figures de mort que nous rencontrons sur notre chemin. Toute la Parole de Dieu nous dit aujourd'hui : « Choisis la vie ! Choisis la bénédiction. Et souviens-toi, ô mon peuple ! Oui, compte tes bénédictions et rends grâces ! »

 

Nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu

En ces jours-là, Josué réunit toutes les tribus d’Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d’Israël, avec les chefs, les juges et les scribes ; ils se présentèrent devant Dieu. Josué dit alors à tout le peuple : « S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. » Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux ! C’est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d’Égypte, cette maison d’esclavage ; c’est lui qui, sous nos yeux, a accompli tous ces signes et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés. Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu. »

Jos 24, 1-2a.15-17.18b

Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire.

Malheur sur malheur pour le juste, mais le Seigneur chaque fois le délivre. Il veille sur chacun de ses os : pas un ne sera brisé.

Le mal tuera les méchants ; ils seront châtiés d’avoir haï le juste. Le Seigneur rachètera ses serviteurs : pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

Ps 33 (34), 2-3, 16-17, 20-21, 22-23

Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église

Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari.

Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée. C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme : comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin.

C’est ce que fait le Christ pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église.

Ep 5, 21-32

Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !… C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Jn 6, 60-69

pageData
Array
(
    [page] => Array
        (
            [title] => Homélie
            [description] => 
            [headerLogo] => Array
                (
                )

        )

    [description] => Monastère Saint-André de Clerlande
)
GET
Array
(
    [page] => liturgie
    [page2] => homelie
    [page3] => 14191
    [page4] => Seigneur_a_qui_irionsnous__Tu_as_les_paroles_de_la_vie_eternelle
)
tooltip