Homélie du 4 juillet 2021

Un prophète n’est méprisé que dans son pays

Dimanche, 14ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Homélie :
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Les paroles que nous venons d'entendre peuvent paraître fort négatives, voire provocantes et décourageantes. Jésus a-t-il pour but de nous choquer, de nous scandaliser ?Ou bien, ce choc ne serait-il pas salutaire comme la parole forte d'un parent, d'un éducateur bien intentionné ?

Quoi qu'il en soit, de toute la liturgie de la Parole de ce jour se dégage une plainte : de tout temps, le message transmis par les prophètes n'est pas reçu ou mal accueilli ; c'est devenu proverbial : « Nul n'est prophète dans son pays » : le prophète Ezéchiel est envoyé à un peuple rebelle, Paul doit faire face à des situations contraires, angoissantes et Jésus se trouve devant un mur d'incompréhension de la part de beaucoup de ses proches : il ne peut que constater l'étroitesse d'esprit et de coeur : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ! Pourquoi as-tu douté ? Où est votre foi ? Ne craignez pas, croyez seulement. »

Je me suis demandé pourquoi Jésus était venu au monde. Et quel était l'état d'esprit du monde de son temps. Et dans quel état de foi ou de non-foi il a trouvé le monde où il est né. Sans avoir de réponse à ces questions, constatons que Jésus, loin de baisser les bras, s'occupe activement de son prochain ; non content de passer en faisant le bien, « il enseigne longuement ». (Mc 8, 34) Mais qu'avait-t-il donc à leur dire, pour les enseigner longuement ? Cela valait-il la peine de continuer à sillonner les chemins de Palestine si c'était pour susciter l'incompréhension voire à scandaliser les gens habitués peut-être à leur routine humaine et religieuse ?

En plus, en quoi cela nous concerne-t-il nous, en ce 21ème siècle : tous ces curés de paroisses ces soeurs et ces missionnaires de tout bord, ces mamans catéchistes et professeurs de religion, qui sont loin de faire la une dans les médias, quelle est leur tâche face à un peuple sinon rebelle mais peut-être sceptique ou indifférent ?

« Il les enseignait longuement ». Oui, ils sont choqués à son sujet mais lui, il enseigne, il remet les pendules à l'heure, il met en garde contre la désinformation en informant. Mais il ne se contente pas de paroles : il y a chez Jésus une immense bonté, une complicité, car il constate que les foules qu'il a devant lui, sont comme des brebis sans berger, qu'il va d'ailleurs bientôt nourrir matériellement. En attendant, il enseigne, il leur révèle LE BERGER, celui qu'il connaît intimement : « Je vous dis ce que j'ai vu près de mon Père, et ce que j'ai entendu de Lui. » Il leur rappelle, au moyen de trente-six paraboles ce qu'ils ont peut-être oublié : que son Père et leur Père n'est pas un potentat vengeur, jaloux de son pouvoir, à l'affût de tout écart, mais un Père ouvrant les bras au prodigue repentant, un Roi remettant des dettes immenses, le Créateur d'un monde prodigieux, soucieux du bien-être de la moindre de ses créatures.

« Ils étaient profondément choqués à cause de lui. » Le peuple chrétien est il choqué par Jésus, par son enseignement, par sa personne ? L'amour des ennemis, les Béatitudes et la priorité réservée aux doux, aux justes, aux miséricordieux, aux coeurs purs, l 'Eucharistie, la présence du Christ dans ce petit morceau de pain, dans cette coupe de vin, la résurrection de la chair- Cela va-t-il de soi pour nous ?

Je pense que Jésus comprend nos doutes et cette expérience de se savoir faible dans la foi : je compare cela avec l'écharde dont parle Paul : elle ne lui sera pas enlevée mais la grâce du Seigneur suffira pour suppléer à sa faiblesse. Il comprend nos doutes mais il veut avant tout faire passer cette bonne nouvelle que le Père est là, présent à toute vie : les psaumes y reviennent sans cesse :

« Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour » ps. 99 Il EST, tout simplement : les trois lettres grecques présentes dans l'auréole du Christ sur toutes les icônes le répètent sans cesse : « o On ; Celui qui est. » Bref : Jésus ne vise pas à choquer mais à former des adorateurs du Père, des amoureux de Dieu.

Le Christ continue son chemin. Il cherche des ouvriers pour enseigner, par une vie évangélique et par la parole ce qui concerne son Père. Il cherche aussi des coeurs ouverts à sa parole à la fois douce et fulgurante. Je pense qu'Il cherche aussi notre amitié, tout simplement et que, grâce à elle Il accomplira de nombreux miracles et de nombreuses guérisons.

Concluons en écoutant ce témoignage d'un auteur spirituel contemporain : « Ce qui est humainement incroyable, à savoir que Dieu est amour pour nous, est arrivé en Jésus-Christ. En Jésus-Christ, ce qui est incroyable aux yeux des hommes est arrivé, à savoir que Dieu nous aime. »

 

C’est une engeance de rebelles ! Qu’ils sachent qu’il y a un prophète au milieu d’eux !

En ces jours-là, l’esprit vint en moi et me fit tenir debout. J’écoutai celui qui me parlait. Il me dit : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi. Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi. Les fils ont le visage dur, et le cœur obstiné ; c’est à eux que je t’envoie. Tu leur diras : ‘Ainsi parle le Seigneur Dieu...’ Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas – c’est une engeance de rebelles ! – ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. »

Ez 2, 2-5

Vers toi j’ai les yeux levés, vers toi qui es au ciel, comme les yeux de l’esclave vers la main de son maître.

Comme les yeux de la servante vers la main de sa maîtresse, nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu, attendent sa pitié.

Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous : notre âme est rassasiée de mépris. C’en est trop, nous sommes rassasiés du rire des satisfaits, du mépris des orgueilleux !

Ps 122 (123), 1-2ab, 2cdef, 3-4

Je mettrai ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure

Frères, les révélations que j’ai reçues sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.

2 Co 12,7-10

Un prophète n’est méprisé que dans son pays

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Alors Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Mc 6, 1-6

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