Homélie du 13 juin 2021

C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle grandit, elle dépasse toutes les plantes potagères

Dimanche, 11ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Homélie :
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Il ne s'agit donc pas de n'importe quel règne ! Il en est du règne de DIEU, comme d'un homme qui fait ceci ou cela- C'est comme si Jésus cherchait ses mots : « Que pourrais-je bien inventer pour vous mettre dans la tête ce que c'est, vraiment, le règne de Dieu -

Oui, s'il s'agissait d'un règne humain, on pourrait parler d'un puissant monarque siégeant à Versailles ou quelque autre cour somptueuse : non ! Il s'agit du règne de Dieu. Au départ vous le verrez à peine ; une petite semence un petit gland, une graine minuscule : rien à voir avec un règne humain mais tout à voir avec le règne de Dieu. Jésus veut rendre attentif à la présence secrète de Dieu dans la moindre créature. Saint Grégoire le Grand en fait un commentaire détaillé : « Les miracles quotidiens de Dieu ont perdu de leur valeur du fait de leur répétition. Voici que se cache dans une seule graine d'une très petite semence, la masse entière de l'arbre qui naîtra. Mettons bien devant nos yeux l'étonnante grandeur d'un arbre. Nous trouvons son origine dans la très petite semence. Maintenant examinons où se cachent dans cette très petite graine la force du bois, la rudesse de l'écorce, le piquant de la saveur et de l'odeur, l'abondance des fruits, la verdeur des feuilles. Au toucher, la graine n'est pas robuste : d'où vient donc la dureté du bois ? Elle n'est pas rugueuse : d'où sort la rudesse de l'écorce ? Elle est sans saveur : d'où vient la saveur des fruits ? Elle ne sent rien : d'où vient le parfum qui s'exhale des fruits ? Elle n'a rien de vert : d'où vient le vert de ses feuilles ? Tout est caché en même temps dans la semence, mais tout ne sort pas en même temps de la semence. »

Mon idée, en citant Saint Grégoire, c'était d'attirer l'attention sur la nécessaire humilité à laquelle tout chrétien est appelé. Tout savants que nous soyons, sommes-nous à même de « penser à Dieu en l'aimant » comme le disait J. Joubert ? Sommes-nous capables de nous réjouir des prouesses technologiques, des merveilleuses découvertes de la science, - pensons aux astronautes qui tournent pour le moment autour de la terre - sans pour autant nous prendre pour des dieux ? A la phrase souvent citée : « Il faut raison garder » ne pourrait-on pas ajouter « Il faut Dieu garder » ? Si proche de son décès et sans m'éloigner de l'évangile de ce jour, je ne puis m'empêcher de parler de notre frère Christian : au commencement de sa vie il n'était, lui aussi, qu'une semence minuscule ; mais elle contenait en puissance tout le développement de sa longue existence : le tronc, les branches, les feuilles, les fleurs, bref toute sa personne résumée dans ce verset de psaume : « Le juste grandira comme un palmier dans la maison de notre Dieu » (ps.91)

Le règne de ce Dieu jardinier, oui, il faut de l'attention pour l'apercevoir. L'attention qui poura un chrétien s'appelle la foi : non pas la foi du charbonnier mais la foi du simple croyant, assidu à l'écoute de la parole de Dieu ; mais aussi la foi du scientifique ou du penseur le plus pointu capable d'analyser, d'observer un brin d'herbe, une goutte de sang ou un atome et, de se mettre à genoux, de remercier et d'adorer le règne de Dieu au milieu de nous. Et nous pouvons ajouter : remercier, surmonter le chagrin en rendant grâce pour une vie reçue en cadeau et promise à la résurrection. Ce règne de Dieu ne suppose pas la passivité ou la paresse mais la décision de faire totale confiance à ce Dieu qui, après que l'homme ait jeté la semence en terre, veille sur sa croissance et son épanouissement. Pensons à St Paul disant, à propos de la collaboration avec son compagnon Apollos : « Ego plantavi , Apollo rigavit, Deus autem incrementum dedit ! » : « J'ai planté, Apollos a arrosé, Dieu a fait fructifier. » Ou encore, le célèbre médecin Ambroise Paré après avoir soigné un malade : « Je le pansai, Dieu le guérit. »

Jésus parle donc d'une active passivité, du sommeil paisible et confiant de celui qui, ayant fait sa part de travail, ne prétend pas faire la mouche du coche mais laisse agir la grâce invisible et accepte, selon les mots de Paul, de « cheminer dans la foi, non dans la claire vision. » Alors la profession de foi est une mise en route de la confiance en un Dieu que l'on aime adorer et chanter pour sa fidélité, sa droiture, son amour.

Soeurs et frères, que cette célébration dominicale soit pour nous l'occasion de mettre Dieu à l'honneur pour que son règne vienne parmi nos proches et dans tout le monde habité.

 

Je relève l’arbre renversé

Ainsi parle le Seigneur Dieu : « À la cime du grand cèdre, je prendrai une tige ; au sommet de sa ramure, j’en cueillerai une toute jeune, et je la planterai moi-même sur une montagne très élevée. Sur la haute montagne d’Israël je la planterai. Elle portera des rameaux, et produira du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique. En dessous d’elle habiteront tous les passereaux et toutes sortes d’oiseaux, à l’ombre de ses branches ils habiteront. Alors tous les arbres des champs sauront que Je suis le Seigneur : je renverse l’arbre élevé et relève l’arbre renversé, je fais sécher l’arbre vert et reverdir l’arbre sec. Je suis le Seigneur, j’ai parlé, et je le ferai. »

Ez 17, 22-24

Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut, d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité, au long des nuits.

Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu.

Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur pour annoncer : « Le Seigneur est droit ! Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

91 (92), 2-3, 13-14, 15-16

Que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur

Frères, nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ; en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision. Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur. Mais de toute manière, que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur. Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps.

2 Co 5, 6-10

L’homme qui jette en terre la semence, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence grandit, il ne sait comment

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Mc 4, 26-34

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