Homélie du 20 mai 2021

Qu’ils deviennent parfaitement un

Jeudi, 7ème Semaine du Temps Pascal -

Une homélie de fr.

Bienvenue à vous tous, chers frères et soeurs, pour la fête de l'Ascension ! Un grand Sursum corda : « en haut les coeurs ! », résonne et habite toute la liturgie de cette fête qui est dans le calendrier une des grandes fêtes verticales de toute l'année, ensemble avec la fête du Baptême de Jésus dans le Jourdain. Se mouvoir sur l'axe vertical, c'est autant s'abaisser au plus bas que d'être élevé et attiré vers le plus haut. Qui hésite à descendre, sera handicapé pour monter, voilà ce que l'expérience nous apprend. Une humilité et une transparence sont nécessaires pour participer pleinement à la fête. « Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi », dit le Christ dans saint Jean. Éprouverons-nous cette traction, voilà la question ? Plus quelqu'un est vulnérable, consciemment fragile dans toutes ses faiblesses et qu'il avance ainsi, plus forte sera sa perception que le Christ monté « attire » et nous unit à lui et à Dieu. Regardons la croix radieuse, considérons notamment l'axe vertical et laissons-nous humblement attirer : car, comme l'écrit saint Benoît, on monte en s'abaissant, et l'on rejoint la gloire en confessant son péché. Kyrie eleison.

Homélie

Bien chers frères et soeurs.

Le mystère de Pâques a plusieurs facettes et c'est tout l'art de la liturgie de nous permettre d'en découvrir la diversité. Quand nous considérons simplement la croix dans l'abside, nous voyons certes en premier lieu la crucifixion de Jésus, avec tout de même le paradoxe : ses mains et ses pieds comme son côté ouvert saignent, mais il a les yeux ouverts et nous regarde, victorieux du mal qu'on lui a fait, et son corps rayonne d'une blancheur radieuse, avec une force sereine, large, tranquille, embrassant tout. Tout en bas de l'icône on voit Jésus ressuscitant Adam et Ève, les retirant du monde des enfers et de la mort. C'est en petit l'icône de la Résurrection. Et tout en haut, que voyons-nous : « le Seigneur de gloire ». « Portes, levez vos frontons, élevez-vous portes éternelles, qu'il entre le Roi de gloire ! Qui est ce roi de gloire ? c'est le Seigneur le vaillant, le Christ victorieux du mal et de la mort ! » Ce verset de psaume est revenu plus d'une fois dans nos offices depuis hier soir ! C'est le choeur des humains qui crient au choeur des anges : « Ouvrez les portes ! Qu'il entre le roi de gloire ! » Saint Paul aux Corinthiens fait remarquer en passant : les puissants de ce monde n'ont pas connu ni reconnu le Seigneur. S'ils l'avaient connu, ils n'auraient pas crucifié « le Seigneur de gloire » ! Cette expression, empruntée au Psaume 23, se trouve, dans l'icône, juste au-dessus de la croix et en dessous du Christ glorieux, le Christ Pantocrator, qui règne, « tout » ayant été « placé sous ses pieds », selon un autre verset de psaume, cité ailleurs par Paul. L'icône laisse voir en outre toute la largeur de cette victoire par les quatre figures ailées qui entourent les deux bras du Christ. Ces quatre Vivants, comme l'Apocalypse les nomme, soutiennent le trône de gloire et répandent la bonne nouvelle de la victoire, « l'évangile de la paix », jusqu'aux extrémités du monde. Dans dix jours nous fêteront cette remarquable expansion de la fête de Pâques dans l'événement du cinquantième jour, la fête de la Pentecôte. Pâques, comme fête, éclatera alors dans une universalité illimitée, où toute nation, peuple, race, langue ou culture sera invitée à communier à la victoire du Christ ressuscité.

Ainsi, une seule icône réunit visuellement la multiplicité des aspects du mystère du Christ qui est passé par la mort sur la croix.

L'Ascension nous révèle Jésus assumé dans la gloire de Dieu. Les hommes ont pu l'humilier, le traiter ignominieusement, l'exclure comme la pierre rejetée des bâtisseurs. Dieu l'a exalté, pris à lui, fait participer à sa gloire, à sa force, à sa royauté. Il est désormais « assis à la droite ». Nos mots essaient de dire le changement, le renversement, le contraste complet avec ce que fut sa mort scandaleuse, étant suspendu au bois de la croix. Les poètes sont parfois nos meilleurs théologiens pour nous rappeler l'essentiel d'une fête. Voici ce que l'on a chanté ce matin tôt :

Le Christ est monté près de Dieu triomphant
Préparer la Maison près de Dieu
Il reste avec nous au milieu des vivants
Il reste avec nous, près de Dieu.
Il nous ouvrira, près de Dieu, son Royaume
>Accueillant les pécheurs près de Dieu.

(Didier Rimaud)

J'étais ému en entendant sans cesse ce « près de Dieu ». Il part, il est monté, il s'éloigne mais il reste avec nous au milieu des vivants, il reste avec nous près de Dieu. C'est cela qu'il s'agit de découvrir au coeur de notre foi pascale : avec nous près de Dieu. Il est entre aux cieux, dans le Royaume des cieux, mais ce Royaume est partout, ce Royaume pénètre tout, ce Royaume est tout sauf loin de nous ! « Le ciel est dans ton coeur », rappellent les moines en prière. Ouvre-le et accueille celui qui est monté aux cieux. « Il nous ouvrira près de Dieu son Royaume, Accueillant les pécheurs près de Dieu ». Car « au ciel » veut dire « près de Dieu », dans une communion qui nous unit tous, les vivants et les morts, les pécheurs et les saints.

La troisième et dernière strophe renchérit :

Au ciel nous aurons près de Dieu le Bonheur
Dans la gloire et la paix, près de Dieu
Car nous entrerons dans la joie du Seigneur.
car nous entrerons près de Dieu.
Et nous trouverons, près de Dieu, Notre Dame
Et nos frères les saints, près de Dieu.

Célébrons donc ce Christ victorieux, triomphant, émouvant par sa nouvelle proximité avec chacun de nous, les plus proches comme les plus lointains. « Élevé j'attirerai tous à moi ». Amen. Dans cet espace de vie, de lumière et de paix, confessons notre foi commune.

Le Christ est monté près de Dieu triomphant

Préparer la Maison près de Dieu
Il reste avec nous au milieu des vivants
Il reste avec nous, près de Dieu.
Il nous ouvrira, près de Dieu, son Royaume
Accueillant les pécheurs près de Dieu.
Au ciel nous serons près de Dieu pour toujours :
Plus de froid, plus de faim, près de Dieu
Et nous chanterons pleins de joie, pleins d'amour
Et nous chanterons près de Dieu
Et nous aimerons, près de Dieu, l'univers
Achevé par nos mains près de Dieu
Au ciel nous aurons près de Dieu le Bonheur
Dans la gloire et la paix, près de Dieu
Car nous entrerons dans la joie du Seigneur.
car nous entrerons près de Dieu.
Et nous trouverons, près de Dieu, Notre Dame
Et nos frères les saints, près de Dieu.

(Didier Rimaud)

 

II faut que tu me rendes aussi témoignage à Rome

En ces jours-là, Paul avait été arrêté à Jérusalem. Le lendemain, le commandant voulut savoir avec certitude de quoi les Juifs l’accusaient. Il lui fit enlever ses liens ; puis il convoqua les grands prêtres et tout le Conseil suprême, et il fit descendre Paul pour l’amener devant eux. Sachant que le Conseil suprême se répartissait entre sadducéens et pharisiens, Paul s’écria devant eux : « Frères, moi, je suis pharisien, fils de pharisiens. C’est à cause de notre espérance, la résurrection des morts, que je passe en jugement. » À peine avait-il dit cela, qu’il y eut un affrontement entre pharisiens et sadducéens, et l’assemblée se divisa. En effet, les sadducéens disent qu’il n’y a pas de résurrection, pas plus que d’ange ni d’esprit, tandis que les pharisiens professent tout cela. Il se fit alors un grand vacarme. Quelques scribes du côté des pharisiens se levèrent et protestèrent vigoureusement : « Nous ne trouvons rien de mal chez cet homme. Et si c’était un esprit qui lui avait parlé, ou un ange ? » L’affrontement devint très violent, et le commandant craignit que Paul ne se fasse écharper. Il ordonna à la troupe de descendre pour l’arracher à la mêlée et le ramener dans la forteresse. La nuit suivante, le Seigneur vint auprès de Paul et lui dit : « Courage ! Le témoignage que tu m’as rendu à Jérusalem, il faut que tu le rendes aussi à Rome. »

Ac 22, 30 ; 23, 6-11

Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu ! Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices !

Ps 15 (16), 1-2a.5, 7-8, 9-10, 11

Qu’ils deviennent parfaitement un

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Jn 17, 20-26

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