Homélie du 25 avril 2021

Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis

Dimanche, 4ème Semaine du Temps Pascal - Année B

Une homélie de fr. Benoît Standaert

Bienvenue à vous tous, chères soeurs, chers frères, ici dans la chapelle de Clerlande, ou vous tous connectés grâce à internet à notre lieu et moment de prière.

Nous sommes arrivés au quatrième dimanche de Pâques, juste au milieu des cinquante jours ou sept semaines qui séparent Pâques de la Pentecôte. Et chaque année on nous lit en ce jour-là un fragment du chapitre 10 de saint Jean, le chapitre du Bon Pasteur. Le Christ ressuscité nous apparaît aujourd'hui dans la stature du Pasteur, du Berger qui donne sa vie pour ses brebis. Ce jour est en même temps un jour de prière pour les vocations. Le Bon Pasteur cherche à embaucher des personnes qui relaient son ministère pour qu'à tous il puisse continuer à donner la vie, et la vie en abondance, comme il dit. Invoquons-le, laissons-le entrer dans notre société, culture, communauté pour y rayonner sa bonté, son souci des plus démunis, sa force de rendre à la vie quiconque est à bout, ou épuisé, isolé ou déconsidéré. Qu'il vienne et transmette à chacun de nous tout son Évangile.

Laissons-nous asperger comme chaque dimanche du temps pascal par l'eau bénie dans la nuit pascale, en souvenir de notre baptême en Christ, le Vivant.

Homélie

Bien chers frères et soeurs.

Jésus sauve. Son Nom sauve. Son nom - Yeshouah et Yehoshuah - veut dire : Le Seigneur sauve ! Il fait ce qu'il dit. Et invoquer son Nom apporte le salut. Respirer ce Nom, le répéter sans cesse, le ruminer, le mâcher : voilà ce qui rend le coeur amène, doux, fort, humble, joyeux, plein de vie. Un père du désert - saint Macaire, un des plus grands - raconte comment comme gamin il observait les vieilles femmes du village : elles avaient des gommes qu'elles mâchaient sans cesse. Cela purifiait la bouche, nettoyait l'estomac et faisait du bien partout où cela passait ! Ainsi le moine, disait-il, quand il rumine sans cesse le doux nom de Jésus, il en éprouve bonheur, paix, joie, santé, patience, maîtrise de soi, sagesse de vie.

Quelle est ma vocation ? À quoi Dieu m'appelle-t-il dès aujourd'hui ? Saint Pierre nous donne une clef pour chacun, chacune d'entre nous : « Il n'y a pas d'autre Nom sous le soleil que celui de Jésus pour être sauvé ». Appliquons-nous avec foi au Nom sauveur !

Saint Jean, dans la deuxième lecture, s'émerveille : « Quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés 'enfants de Dieu' - et nous le sommes, dès maintenant !'. Un jour nous lui serons semblables car alors nous le verrons tel qu'il est. Qui espère un tel salut, se rend pur comme lui, Jésus, est pur ». En peu de mots Jean nous conduit jusqu'au sommet de l'expérience : devenir semblable à lui en le voyant tel qu'il est. Qui le contemple, en est transformé : on devient ce qu'on voit, de plus en plus.

Quelle est ma vocation ? Marcher dans la lumière, me rendre pur comme celui-là est pur, réaliser pleinement notre condition d'enfant de Dieu, dans la liberté, la serviabilité, la solidarité. Se conduire comme lui s'est conduit.

L'évangile, également très concis et dense, nous laisse Jésus parler en paraboles. Il y a le berger et il y a les mercenaires. Ces derniers cherchent le gain personnel, non le bien du troupeau. Le bon berger va jusqu'à donner sa vie pour ses brebis. Il les aime et est aimé par le Père parce que justement il met en jeu sa vie pour autrui.

Quelle est ma vocation ? M'approcher de lui, l'observer de près, sonder son coeur, et en arriver à l'imiter : lui en moi et moi en lui, dans une connaissance amoureuse réciproque : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent comme le Père me connaît et moi je connais le Père ».

Mes bien chers soeurs et frères, La Parole de Dieu est simple et forte, condensée et interpellante. Marchons dans sa lumière, retrouvons au fond de nous l'appel unificateur de nos vies. Tous nous avons une vocation. Comme dit saint Paul : chacun a sa place organique dans le corps du Christ, et l'on se complète mutuellement sans exercer de monopole. Car tout le corps n'est pas pied, ou oeil, ou main mais le pied aide l'oeil et inversement. Paul a encore cette remarquable expression : « Chacun, chacune est une manifestation de l'Esprit en vue du bien de tous ». Nous sommes dans le corps un cadeau pour tous les autres dans notre vocation spécifique. Prenons le temps aujourd'hui pour réécouter l'appel premier de notre vocation. Et il n'y a pas d'âge pour s'y retrouver : tout jeune, comme le petit Samuel dans le temple, je puis être appelé à faire entendre ma voix comme un prophète, mais même comme la veuve Anne, très âgée, a son rôle comme femme de prière et prophétesse dans le temple quand entre l'Enfant messianique dans les bras de Marie. Nos vies avancent avec des phases : on devient grand-père et cela change bien des choses, on est pensionné et d'autres possibilités s'offrent. La question se pose parfois : quelle est ma vocation dans ma vocation, comme un appel renouvelé qui me permet de renouer à l'Unique nécessaire, en une simplification et intensification de mon choix de vie. Et tout cela en vue du bien de tout le Corps du Christ. Veillons autour de ce noyau solide et créateur au fond de nous, et osons interpeller aussi autrui : n'est-ce pas quelque chose pour toi, cette voie religieuse, ce ministère de diacre, cette vie davantage concentrée sur la prière et l'étude de la Parole de Dieu ?

Prions donc, intercédons largement, et donnons voix à l'intercession pour que vive le corps tout entier du Christ, également dans des membres particuliers et originaux que sont les couvents et les monastères, comme celui-ci. Le Bon Pasteur affirme : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance ! » Veillons ensemble à cela !

 

En nul autre que lui, il n’y a de salut

En ces jours-là, Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

Ac 4, 8-12

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes ; mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants !

Je te rends grâce car tu m’as exaucé : tu es pour moi le salut. La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux.

Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! De la maison du Seigneur, nous vous bénissons ! Tu es mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t’exalte ! Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !

Ps 117 (118), 1.8-9, 21-23, 26.28-29

Nous verrons Dieu tel qu’il est

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.

1 Jn 3, 1-2

Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis

Jn 10, 11-18

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