Homélie du 20 septembre 2020

Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?

25ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Soeurs et Frères, il y a deux mille ans, des gens venaient de tous côtés pour consulter Jésus, lui présenter des malades, lui demander comment faire pour bien vivre, bref, pour se nourrir de ses conseils, de sa parole. C'est ce que nous venons faire ici ce matin.

Dimanche dernier il s'agissait du pardon : pardonner un nombre incroyable de fois : parce que Dieu est comme ça. Ce dimanche-ci Jésus nous laisse deviner qui est Dieu, fut-ce au prix d'une parabole que n'importe quel syndicat qualifierait d'injustice flagrante : peu importe le nombre d'heures prestées, tout le monde jouit du même salaire ! Franchement, est-ce raisonnable, de notre part d'être d'accord avec de telles propositions ?

Dans les deux cas, le programme paraît impossible : on a envie de dire : Seigneur, ce que tu me demandes me dépasse, comment être d'accord avec toi, t'accorder ma confiance : je ne suis pas un naïf, j'ai les pieds bien par terre.

C'est ici, me semble-t-il, le point crucial de l'Evangile : Jésus ne présente pas un programme électoral : il ne met pas en cause nos engagements humains, Lui, le Fils de Dieu, devenu totalement l'un des nôtres, mais il dit : « Le Royaume des Cieux est comparable à un Roi ou au maître d'un domaine etc... » Autrement dit, les royaumes terrestres sont entre vos mains mais moi je vous parle d'un Royaume déjà réalisé, disons « au ciel », et encore en gestation, en construction ici-bas.

Il sait bien que souvent, pour reprendre la prophétie d'Isaïe, « nos pensées ne sont pas les pensées de Dieu, et ses chemins ne sont pas nos chemins » (Is.55, 8) mais il essaye de nous mettre sur la même longueur d'ondes que son Père. Il Le connaît intimement : il sait que « Le Seigneur est tendresse et pitié, que sa bonté est pour tous, qu'il est proche de ceux qui L'invoquent. » (Ps.144)

L'ouvrier de la première heure est choqué par une générosité qu'il juge scandaleusement injuste. Nous lui ressemblons quand nos critères humains ne correspondent pas aux critères divins. Et nous entendons comme une plainte de Dieu :  Ton regard est-il mauvais parce que je suis bon ? Me regardes-tu d'un mauvais oeil parce que je suis généreux ? Es-tu jaloux parce que j'accueille le bon larron, que je pardonne à Madeleine, que je me fais inviter par Zachée, que je partage le repas de ces ouvriers de la onzième heure que sont les publicains et les pécheurs ?

Par chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, Jésus montre, incarne, rend tangible le visage si souvent caricaturé ou méconnu de son Père, notre Père : un Dieu extrêmement bon, au-delà de toute imagination, bon tout court, rien que bon.

Laissons pénétrer en nous l'essentiel de cette parabole : elle n'est pas destinée à nourrir notre intellect, à augmenter nos connaissances : elle est nourriture des coeurs, lumière des yeux pour pouvoir accueillir d'un bon oeil et d'un coeur pur Jésus-Christ, messager de la bonté du Père. Pain de la Parole qui prépare à recevoir le Pain de l'Eucharistie.

 

Mes pensées ne sont pas vos pensées

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Is 55, 6-9

Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais. Il est grand, le Seigneur, hautement loué ; à sa grandeur, il n’est pas de limite.

Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait. Il est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Ps 144 (145), 2-3, 8-9, 17-18

Pour moi, vivre c’est le Christ

Frères, soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire.

Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.

Ph 1, 20c-24.27a

Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : « Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. » Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » Ils lui répondirent : « Parce que personne ne nous a embauchés. » Il leur dit : « Allez à ma vigne, vous aussi. »

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers. » Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : « Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur ! » Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : « Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Mt 20, 1-16

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