Homélie du 12 juillet 2020

Le semeur sortit pour semer

15ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Une homélie de fr. Martin Neyt

Mes soeurs et mes frères bien-aimés.

Au nom de la communauté de Clerlande, soyez les bienvenus à cette Eucharistie du 15e dimanche. Vous qui êtes loin, vous qui êtes proches, que nos coeurs soient unanimes de nous retrouver en présence de Celui qui nous conduit à son Père .

Nous prions certes pour que ce fléau s'éloigne de notre terre, que nos coeurs retrouvent le bonheur de la communion fraternelle et que nous puissions partager ensemble le Corps et le Sang du Christ. En ce jour, j'ai une grande joie à vous partager : Blaise qui a 7 ans, qui est assis à mes côtés, va vivre sa première communion au milieu de nous. Je salue ses parents, Sophie et Jean-François, leur famille et leurs amis, présents ou absents.

La communion au Corps du Christ est un moment béni et essentiel dans notre Église. Beaucoup en ont été privés depuis plusieurs mois. Croyez bien que nous le regrettons vivement en nous remémorant Celui qui nous a demandés de célébrer ce sacrement en sa mémoire jusqu'à son retour.

Les lectures de ce jour nous rappellent à travers la patience que le projet de Dieu se réalise toujours. Tenons-bon jusqu'au bout et que Blaise nous réjouisse de sa présence-.

Tournons-nous vers la Croix du Christ, source de compassion et de bonheur à travers nos faiblesses.

Homélie

Cher Blaise, chers frères et soeurs.

La liturgie de ce jour ouvre le livre de la Création : la pluie et la neige qui descendent des cieux, le rivage de la mer, la semence, le semeur. Avec François d'Assise, le Pape François, les amoureux de la nature, chacun et chacune d'entre nous, nous bénissons le Seigneur pour les merveilles de la création, le chant des oiseaux, tant de beautés qui nous dépassent : l'infini du ciel et des étoiles jusqu'aux plus petits éléments vivants qui surgissent sous un microscope.

Spontanément, devant un paysage, un coucher de soleil, nos coeurs se remplissent de joie et de nos coeurs monte une prière née des psaumes « O Seigneur notre Dieu, qu'il est grand ton Nom dans tout l'univers ».

Peut-être en ce temps d'épreuves à cause du virus, avons-nous encore mieux apprécié la nature qui s'éveille et les arbres en fleurs. L'Evangile de ce jour est si simple pour les coeurs purs, les doux et les petits. Voici que le Semeur est sorti pour semer. Et il a semé en nous une semence d'éternité. En chacun de nos coeurs, il a semé une petite graine, toute petite au moment de notre Baptême. Elle se développe chez Blaise et grandit, nourrie par l'exemple de ses parents, par la parole de Jésus qui nous est expliquée, notre communauté qui l'entoure et l'Esprit de Jésus qui souffle dans nos coeurs.

Enfin, au plus intime de notre coeur nous prions : « Béni soit celui qui a planté en nous une vie éternelle ». Isaïe nous en donne une belle image. Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n'y remontent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; de même la graine d'éternité plantée en nos coeurs, nourrie par le pain venu du ciel que nous recevons en communiant, grandit, nous oriente vers le vie éternelle et notre Père qui est aux cieux.

Cette graine d'amour pousse en chacun aujourd'hui, car aimer ne peut se dire qu'au présent et en termes de « je ». Cette graine demande de la patience pour grandir. Chaque jour, je dois l'arroser et la protéger. Patience et persévérance. L'amour aussi se présente comme une attente de Jésus. Nous l'attendons et nous savons qu'il va nous ouvrir les portes du ciel et nous conduire à son Père, lui le Fils bien-aimé dont nous sommes le frère, la soeur.

Une question grave nous est posée : Pourquoi les humains se disputent et s'entretuent ? Comment les chrétiens soumis à tant de peine peuvent-ils rester témoins de cet amour qui vient d'ailleurs, signes d'espérance et de confiance ? Car, nous sommes bouleversés par tout ce que nous vivons. Pourquoi le covit, la maladie et la mort ? Pourquoi la faim, le chômage ? Pourquoi l'économie nous rend-elle la vie si dure, sans travail ? L'avenir nous semble bien inconnu et dramatique. Saint Paul écrivait à son époque : « Béni soit le Dieu et Père de Jésus-Christ, le Père de toute miséricorde et de toute consolation ; il nous console dans toutes nos détresses, pour nous rendre capables de consoler tous ceux qui sont en détresse par la consolation que nous-mêmes nous recevons de Dieu ».

Dans l'Evangile, nous voyons Jésus expliquer le mystère de son Royaume par des images, comme celle de la semence et du semeur. Les sages et les gens intelligents ne comprennent pas les images de Jésus qui sont trop simples, ou plutôt qui demandent un coeur d'enfant, un coeur simple et pur pour les comprendre et les vivre.

Le prophète Isaïe disait : « Ils ont des yeux et ne voient pas ; des oreilles et n'entendent pas ». Les petits et les humbles comprennent la parole de Jésus et la mettent en pratique. En Afrique, en Amérique latine, les Anciens expliquent : la forêt parle, les arbres parlent, les oiseaux parlent, mais nous n'écoutons pas et nous ne comprenons pas ce qu'ils disent.

Avec l'Évangile, c'est l'Esprit de Jésus qui vient à notre secours si nous l'écoutons. Seul son Souffle vient nous donner la force de Jésus et nous ouvre l'horizon de l'avenir. L'espérance est comme dans la petite graine, c'est attendre confiants en ce que nous ne voyons pas. Jour après jour nous grandissons comme les enfants de Dieu, fils de notre Père et frères de Jésus. L'Esprit de Jésus vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. Notre arme face aux questions du monde, c'est notre prière, la prière d'un enfant.

Les humbles et les pauvres comprennent très bien les images des paraboles. C'est comme une graine minuscule qui devient un grand arbre dans lequel les oiseaux du ciel viennent construire leur nid.

Ce jour de la première communion de Blaise peut devenir en chacun de nous un jour nouveau car l'amour ne cesse de grandir et devient chaque jour un émerveillement, un nouveau départ dans notre vie. Et nous disons à Jésus du fond du coeur : aujourd'hui, je commence.

 

Ma parole fait ce qui me plaît

Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Is 55, 10-11

Tu visites la terre et tu l’abreuves, tu la combles de richesses ; les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau, tu prépares les moissons.

Ainsi, tu prépares la terre, tu arroses les sillons ; tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies, tu bénis les semailles.

Tu couronnes une année de bienfaits, sur ton passage, ruisselle l’abondance. Au désert, les pâturages ruissellent, les collines débordent d’allégresse.

Les herbages se parent de troupeaux et les plaines se couvrent de blé. Tout exulte et chante !

Ps 64 (65), 10abcd, 10e-11, 12-13, 14

La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu

Frères, j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

Rm 8, 18-23

Ils ont donné du fruit à raison de cent pour un

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Mt 13, 1-9

pageData
Array
(
    [page] => Array
        (
            [title] => Homélie
            [description] => 
            [headerLogo] => Array
                (
                )

        )

    [description] => Monastère Saint-André de Clerlande
)
GET
Array
(
    [page] => liturgie
    [page2] => homelie
    [page3] => 12004
    [page4] => Le_semeur_sortit_pour_semer
)
tooltip