Homélie du 7 juin 2020

Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé

Sainte Trinité - Année A

Une homélie de fr. Benoît Standaert

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

La grâce de Jésus notre Seigneur, l'amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit toujours avec vous.

Cette salutation solennelle vient de saint Paul: il conclut ainsi sa deuxième épître aux Corinthiens (2 Co 13,13). Il récapitule tout en un souhait qui nous unit au Père, au Fils et au Saint-Esprit, dans la grâce, l'amour et la communion. Il dit tout en un seul mouvement !

Et c'est bien ce que nous célébrons tout particulièrement aujourd'hui, jour de la fête de la Sainte Trinité, huit jours après la Pentecôte. Notre rite latin depuis des siècles a proposé de fêter e ce jour le mystère de la sainte Trinité. C'est en réalité un dédoublement de la fête, question de rester encore dans l'atmosphère propre de dimanche dernier. On pourrait dire : c'est la Pentecôte johannique où Dieu vient habiter notre demeure, selon la parole de Jésus dans Saint-Jean : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure ! » (Jn 14,23). Invoquons ce Dieu trois fois saint, qu'il vienne et ravive en nous notre foi, notre espérance et notre charité.

Seigneur Dieu, lumière au-delà de toute lumière, viens et ravive la compréhension de notre foi
Seigneur Jésus, Fils de Dieu, viens et renouvelle notre patience par ton amour
Seigneur Esprit saint, viens et vivifie notre espérance de la gloire.

Bien chers frères et soeurs, vous ici présents et vous tous qui pouvez nous suivre grâce à la connexion internet.

Vivons et contemplons le mystère de la Trinité. « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure ! » (Jn 14,23).

Vers où nous conduit la vie spirituelle ? Évagre le Pontique, un moine venu se retirer dans l'un des trois déserts de l'Egypte ancienne au quatrième siècle, avait esquissé un itinéraire en trois étapes : la vie pratique - la lutte sur huit fronts, englobant toute la personne humaine. C'est ce que nous avons vécu durant les 40 jours du Carême. Une voie qui nous purifie. Puis vient la première phase contemplative de la vie du moine. Il contemple Dieu dans ses oeuvres, ses merveilles, sa providence, grâce au coeur pur, il voit Dieu. C'est ce qui correspond au temps pascal, fait de lumière répandue par le Christ ressuscité et sa proximité. Mais Évagre a prévu encore une troisième étape, qu'il ne décrit pratiquement nulle part mais à laquelle il aime se référer constamment comme la fin ultime de la recherche du moine : la contemplation de la sainte Trinité. Or c'est bien ce qu'en liturgie nous fêtons aujourd'hui ! La liturgie retrace pour nous tous le cheminement qu'Évagre en premier, suivi par Cassien et tant d'autres, avait esquissé pour la vie du moine qu'il cherchait à être. Vie pratique, vie contemplative première et vie qui ne contemple plus que le mystère de la sainte Trinitié.

Quand le moine russe Andreij Roublow au 15e siècle s'est mis à peindre l'icône de l'hospitalité d'Abraham, il n'ignorait certainement pas qu'il peignait le sommet de toute vie spirituelle. Avec grande rigueur il a visualisé la scène décrite dans la Genèse au chapitre 18. Abraham accueille trois anges qui sont de passage. Notez leurs ailes et les trois sceptres ou bâtons de pèlerins. Ils acceptent de s'arrêter et de s'asseoir sous l'arbre, le chêne de Mambré. Il va leur servir tout un repas. Et la surprise sera qu'alors qu'il donne tant, il recevra encore bien davantage : sa femme Sarah aura d'ici un an un fils ! Recevoir Dieu avec nos pauvres dons, c'est être comblé par son Don à lui, sa vie, la communion à son amour infini. « Nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure ».

Considérons de plus près le travail du saint moine Andreij : la figure à droite nous accueille et nous fait entrer dans l'échange des trois personnes. C'est l'Esprit qui va nous rendre en tout conforme au Fils, la figure du centre, facilement reconnaissable avec les deux couleurs qui indiquent son humanité en rouge et sa divinité en bleu azuré. Le Fils, lui, est tout penché vers la troisième figure au bout de la table, à la place d'honneur. Le Fils sonde du regard les profondeurs du Père, il est tourné vers le sein du Père, et tout le mouvement qui part de l'Esprit aboutit par la manche et le genou au sein du Père et à ses deux mains où se noue et tout connaît un nouveau départ. Le Père regarde droit devant lui, il envoie l'Esprit. Son sceptre, tout droit, et le moins visible des trois, trouve celui du Fils davantage penché et plus long en image, tandis que le sceptre de l'Esprit est entièrement visible et le plus penché. Double mouvement donc d'aller et de retour, mouvement inlassable, infini, comme une respiration constante. Les trois bénissent ce qu'il y a au centre, une coupe et dans la coupe un agneau. L'icône est appelée aussi en Orient l'icône du grand Conseil. Dieu le Père propose au Fils d'entrer dans l'histoire et d'assumer le rôle de l'Agneau qui enlève le péché du monde. Le Fils de sa main bénit la coupe et l'Esprit confirme avec sa main qui plane sur la table et pénètre le tout. La consécration eucharistique dans la liturgie byzantine est trinitaire, elle se fait par la volonté du Père, le consentement du Fils et la confirmation de l'Esprit. Roubljow a peint l'amour divin d'avant la création qui entoure la table de l'histoire humaine. Mais il a peint aussi l'amour et la prière qui habite son propre coeur. Comme moine il priait notamment la prière de Jésus. C'était sa respiration profonde, continuelle : Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu, prends pitié de moi, de nous-

On dit « Seigneur » dans l'Esprit. Le « Fils de Dieu » exprime la relation au Père, et la demande rejoint ce regard puissant du Père, source de pitié, de miséricorde, de toute sainteté dans l'Esprit envoyé.

Seigneur notre Dieu.
Notre table où nous t'accueillons.
devient la tienne où tu te donnes, pain de vie et vin de joie dans l'Esprit. Nous te rendons grâce, infiniment.
Maintiens-nous dans la liberté de l'Esprit avec laquelle ton Fils s'est donné jusqu'au bout.
Alors tout aura part à ta gloire, ici, maintenant et à jamais. AMEN

 

Le Seigneur, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux

En ces jours-là, Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Il emportait les deux tables de pierre. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR. Il passa devant Moïse et proclama : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. » Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna. Il dit : « S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c’est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. »

Ex 34, 4b-6.8-9

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : R/

Béni soit le nom très saint de ta gloire : R/

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : R/

Béni sois-tu sur le trône de ton règne : R/

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes : R/

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim : R/

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel : R/

Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56

La grâce de Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Tous les fidèles vous saluent.

Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.

2 Co 13, 11-13

Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Jn 3, 16-18

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