Homélie du 24 mai 2020

Père, glorifie ton Fils

7ème Dimanche de Pâques - Année A

Une homélie de fr. Martin Neyt

Mes soeurs, mes frères, chers amis.

Quand nous entrons dans une église, que ce soit directement ou par l'intermédiaire d'un écran de TV, c'est le Seigneur lui-même qui vient à notre rencontre et qui nous accueille. Accueillons cette présence toujours nouvelle et confions-Lui notre vie, notre couple, nos enfants, nos communautés.

Ce septième dimanche du temps pascal se situe entre l'Ascension du Seigneur que nous avons célébré jeudi dernier et la venue de l'Esprit-Saint à la Pentecôte, dimanche prochain. Nos vies s'inscrivent entre ce temps de confinement et celui du déconfinement. Moment étrange, mystérieux, qui nous a tous surpris par sa venue.

A travers ces épreuves, ces souffrances qui nous sont imposées, l'humanité peut naître, grandir, trouver un nouveau souffle. Chacun de nous est face à de nouveaux défis, à des manières adaptées de proximité. Avec l'aide du Maître de nos vies, nous pouvons nous ouvrir à la patience et au courage, à la douceur et à la miséricorde, à l'attention aux autres et à la solidarité.

Au début de cette célébration, nous allons demander au Seigneur de bénir cette eau. Nous en serons aspergés en souvenir de notre Baptême. Que cette eau de vie nous purifie, que nos coeurs se tournent vers Celui qui est le Chemin, la Vérité, la Vie.

Prions
Seigneur, Dieu Tout-Puissant, écoute les prières de ton peuple.
Nous qui célébrons les merveilles de notre création et les merveilles plus grande encore de la Résurrection de notre Sauveur.
Daigne bénir cette eau.
Tu l'as créée pour féconder la terre, donner à nos corps fraîcheur et pureté. Elle fut sanctifiée quand Jésus fut baptisé au Jourdain.
Que cette eau nous rappelle notre baptême et nous fasse participer à la joie de Pâques et d'en vivre.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur, Amen

Homélie

Mes soeurs, mes frères.

Nous venons d'entendre cette sublime prière où Jésus se consacre lui-même pour ceux qu'il envoie dans le monde. Oui, dit-il, « Père, l'Heure est venue ». Cette heure est venue aussi pour chacune et chacun de nous afin d'ouvrir à d'autres ce que nous avons reçu, lu, médité, prié, vécu en ce temps de confinement.

Dans notre Église, fragile et dépositaire d'un trésor mystérieux, nous venons de célébrer l'Ascension du Seigneur. Jésus a accompli la mission que le Père lui avait demandée : révéler son Nom au monde et en Lui renaître dans une filiation divine. Quand Jésus est glorifié par le Père, ce n'est pas de l'égoïsme. Il nous révèle un mystère d'amour et d'espérance qui nous ouvre le Royaume de Dieu, habité par les doux, les humbles, les petits. Sa mission est accomplie. L'heure est venue pour nous d'attendre le souffle de l'Esprit Saint, à la Pentecôte et de transmettre à notre tour ce que nous avons reçu. Vivre de sa présence implique de notre côté de tout donner.

La pandémie mondiale, ce moment historique que nous vivons, est pour nous l'Heure où nous commençons à sortir du confinement pour entrer dans un déconfinement. En sortons-nous avec une autre vision de nous-mêmes ? de nos relations ? du respect de la Création ? Aujourd'hui, tant de détresses se révèlent, de solitudes sont apparues, de dévouements hors norme, de manipulations financières.

C'est le temps d'un recommencement absolu, espérons-le. Il s'agit d'atteindre la profondeur, la profondeur au sein même de la profondeur. Il s'agit de pouvoir toujours descendre au plus bas, au plus intime de nous-mêmes, jusqu'à la racine première de notre être. Le confinement nous appelle à une autre manière de vivre, dans l'espérance, dans la reconquête de notre liberté, dans le respect de la création et la solidarité des autres. Être unis à tous et séparés de tous.

Comment glorifier dignement le Nom divin ? Jésus prie son Père de protéger les siens du Mauvais, du monde pour lequel il ne prie pas. « Garde en ton Nom ceux que tu m'as donnés. Protège-les. Qu'ils soient consacrés comme nous le sommes, Toi en moi et Moi en Toi. » Jésus les envoie dans le monde pour qu'ils portent témoignage à la vérité. Il prie pour ceux qui croiront grâce au témoignage de ces disciples. « Qu'ils soient Un comme le Père et moi nous sommes Un.

Je leur ai fait connaître la gloire que tu m'as donnée pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et eux en moi. De même que cet Amour est de toute éternité en Dieu, il est au milieu de nous dès maintenant. Ainsi l'exprime Angelus Silesius : « La rose que contemple ici mon oeil de chair fleurit aussi en Dieu de toute éternité ».

Jésus prie pour les siens et pour ceux qui croiront à travers les siens. C'est une transmission du Père au Christ ; du Christ à ses disciples ; de ses disciples à ceux qui croiront en Lui, de génération en génération jusqu'à nous. L'heure de Dieu, l'heure de l'humanité et de la création, c'est en effet aujourd'hui qu'elle nous est confiée. Marie de Hennezel écrit : « L'épidémie que nous vivons porte à son paroxysme le déni de la mort ». Sous prétexte de protéger les plus âgés, des conditions inhumaines leur sont imposées. C'est une mise sous silence de la mort, une façon de la cacher, créant une immense angoisse collective face à notre condition d'être humain vulnérable et mortel. Nous perdons une culture de l'accompagnement jusqu'au bout.

Des premières communautés chrétiennes il est dit qu'elles n'avaient qu'un coeur et qu'une âme, assidues à la prière et au partage du pain. Reconnaissons ce coeur unanime de ceux qui ont donné toutes leurs forces et leur temps pour sauver des vies au risque de la leur. Nous leur sommes tous infiniment reconnaissants.

Entre ciel et terre, le déconfinement se déroule. La prière de Jésus devient éternelle et recouvre toutes les époques de l'Eglise et de l'humanité. Cette prière liturgique est actuelle, acte suprême de Jésus allant vers son Père. C'est la prière de la Croix, de la Résurrection, du Sacrifice, en un mot « la Prière sacerdotale ».

Mes soeurs, mes frères, par le baptême, nous sommes tous prêtres en Jésus. A chacune et à chacun de nous d'aborder ce temps de Pentecôte, ce temps de déconfinement avec cet esprit d'amour et de miséricorde pour notre temps et celui des générations. Que la prière et l'action de grâce nous accompagnent dans ce futur inconnu.

 

Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Ac 1, 12-14

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. »

Ps 26 (27), 1, 4, 7-8

Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous

Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.

1 P 4, 13-16

Père, glorifie ton Fils

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.

Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

Jn 17, 1b-11a

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