Homélie du 31 mai 2026

 Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé 

La Sainte Trinité - Année A

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

On n'a pas changé ces paroles d'évangile depuis 2000 ans !
Depuis lors, génération après génération, des mots ont été créés, ajoutés, pour essayer d'expliquer, de clarifier, de rendre compréhensible le mystère. Mais, au fait,  le mot « Trinité  » 
est-il plus compréhensible ; nous touche-t-il davantage que la simple annonce : 
«  Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné...., oui, donné son Fils, son unique » ?

Or c'est de cela qu'il s'agit et de rien d'autre ! Et chaque fois que l'on s'écarte de cette Bonne Nouvelle, on fait fausse route : Jean nous le rapporte en des termes un peu secs : 
«  Celui qui croit est sauvé, celui qui ne croit pas est jugé.  »

Croire, croire en la Trinité, ce n'est pas simplement, vous le savez mieux que moi, penser et remuer les lèvres en disant «  je crois  », mais je n'y comprends rien ! Et, ne pas croire, c'est
parfois honnêtement, légitimement, refuser d'adhérer à des vérités qui me dépassent, tout en vivant dans le service et le respect de mes frères humains. Par contre, si je récite le Credo sans me soucier de justice et de compassion pendant la semaine, suis-je un croyant selon le cœur de Dieu, sur le modèle de la Trinité ?

Cherchons dans les Ecritures de quoi éclairer notre lanterne.


Voici Le Dieu que Moïse découvre au Sinaï : tendre et miséricordieux : il se heurte à un peuple «  à la nuque raide  ». Tendre et miséricordieux : c'est écrit sur la carte d'identité de Celui qui nous appelle à l'aimer.


Autre portrait de Dieu, tracé par Paul quelques centaines d'années plus tard :
 un Dieu d'amour et de paix - osons-nous encore prononcer ce mot aujourd'hui ? Les chrétiens sont appelés à L'imiter. «  Vivez en paix...saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix et Dieu sera avec vous. » Dans nos milieux monastiques nous restons asses sobres concernant ce «  baiser de paix  » peut-être surtout parce que, nous connaissant trop bien depuis des années, nous craignons l'hypocrisie ou une réconciliation trop superficielle, mais par dessus tout, parce que cette paix ne peut être que reçue de Jésus, du Père, du St Esprit : ce n'est pas une petite paix humaine mais une grande paix trinitaire puisée à sa source.

Et voici Une autre manière de «  croire  » en la Trinité : nous l'avons fait en chantant le Cantique de Daniel : «  A Toi, louange et gloire éternellement !  » Louer Dieu, lui dire : 
«  Tu es super !  » ou alors l'accueillir dans nos pensées intimes ou au détour d'une conversation, comme dans le village de mon enfance où il n'était pas rare d'entendre quelqu'un discrètement glisser un : «  God zij dank  », «  Dieu merci  ».... Sans oublier notre frère Aubain Meunier : 
un jour de grande fête, un frère lui demande : «  ça va, Père Aubain : et lui de répondre : «  Non, je  ne me sens pas bien, mais ça n'empêchera pas l'Eglise de jubiler aujourd'hui !  » Etre capable, 
en cette fête de la Trinité, de louer ou simplement, de remercier pour les choses de tous les jours ne serait-ce pas une dimension de notre vie chrétienne à redécouvrir ? Louer ce Dieu qui le premier a jugé que ce qu'il avait fait était bon.


Et voici l'Evangile : accompagnons le Pharisien Nicodème, notable juif venu de nuit à Jésus pour l'interroger. Il est touché par les signes de Jésus dont il a été témoin et il est plein de questions : «  Comment peux-tu faire ce que tu fais, si Dieu n'est pas avec toi ?


«  Comment peut-on naître une fois qu'on est vieux ?


Et encore : «  comment puis-je naître de l'Esprit ?  »


Jésus le rabroue gentiment : «  Tu es maître en Israël et tu ignores ces choses !  »
 Les collègues pharisiens de Nicodème seront moins gentils quand il prendra la défense de Jésus menacé de mort : «  Etudie et tu verras que de la Galilée il ne sort pas de prophètes.  »
 Et voilà qu'à ce vieillard plein de doutes mais aussi plein de désirs d'y voir clair dans sa vie 
et dans sa religion, Jésus vient annoncer la quintessence du message évangélique à savoir que
 Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné, non pas un cadeau, une petite aide, un conseil, mais son Fils, afin que nous vivions par lui , afin que toi, Nicodème, tu vives par lui. C'est donc 
une question de vie : «  La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant  »  dira St Irénée de Lyon.


Mes sœurs, mes frères, la formule d'accueil que vous entendez à chaque Eucharistie, j'espère qu'elle résonnera pour vous de manière nouvelle comme un bain de jouvence, comme une bonne nouvelle de la part de ce foyer ardent de charité qu'est la Sainte Trinité :

«  Que la grâce de Jésus notre Seigneur Jésus-Christ
 l'amour de Dieu le Père
 et la communion du Saint-Esprit. soit toujours avec vous

Amen !

 

Le Seigneur, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux

En ces jours-là, Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Il emportait les deux tables de pierre. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR. Il passa devant Moïse et proclama : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité. » Aussitôt Moïse s'inclina jusqu'à terre et se prosterna. Il dit : « S'il est vrai, mon Seigneur, que j'ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. »

- Parole du Seigneur.

Ex 34, 4b-6.8-9

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : R/

Béni soit le nom très saint de ta gloire : R/

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : R/

Béni sois-tu sur le trône de ton règne : R/

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes : R/

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim : R/

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel : R/

Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56

La grâce de Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Tous les fidèles vous saluent.

Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.

- Parole du Seigneur.

2 Co 13, 11-13

Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé

Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

- Acclamons la Parole de Dieu.

Jn 3, 16-18