Homélie du 16 fevrier 2020

Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis

6ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Une homélie de fr. Pierre de Béthune

Cet exemple fait en tout cas bien comprendre que, pour Jésus, il ne s'agit pas tellement de réaliser certains préceptes, pour être en règle, et pouvoir, en ce cas, participer à la liturgie. Non ! nous ne serons jamais en règle. Nous ne pouvons jamais avoir bonne conscience, parce que, devant Dieu, nous restons perpétuellement en dette. Et ce n'est pas triste ! Oui, les dettes financières peuvent être des cauchemars. Mais en amour, les dettes sont le meilleur stimulant pour la vraie vie. Devant nos frères et nos soeurs, comme devant Dieu, nous restons perpétuellement en dette. Saint Paul dit quelque part : « N'ayez de dette envers personne, sinon la dette de l'amour ». Il suffit de prendre conscience de tout ce que nous avons reçu et recevons, constamment, pour vivre dans la gratitude.

Ce que le Christ nous dit dans cet évangile, concernant les relations sociales et fraternelles, concernant le mariage, ou encore concernant notre façon d'attester de la vérité, c'est que les exigences de la vie dépassent évidemment nos forces, mais que nous pouvons néanmoins y aller humblement, avec confiance. Parce que, dans ces dispositions, nous verrons que la Loi n'est pas un fardeau : à l'école de Jésus, « le joug est léger » Ailleurs il donne encore beaucoup de précisions, mais dans ce Sermon sur la montagne il donne le mouvement qui porte toute la suite. Un mouvement de confiance humble et paisible. Parce que pour devenir pleinement humain, il faut dépasser ce que nous croyons être nos limites.

Pour conclure j'évoquerai encore une invitation que Jésus nous adresse plus loin dans ce sermon inaugural. Sur ce chemin d'Évangile sans beaucoup de balises, il nous offre en effet une perspective déterminante : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » Cette invitation peut nous sembler encore plus irréaliste que tout ce qui la précédait, mais nous ne devons pas nous effrayer : regardons de plus près les mots de l'évangile. 'Parfait', en grec 'téleios', signifie 'ce qui va jusqu'au bout, 'télos'. Et nous lisons en saint Jean : « Avant la fête de Pâque, ... Jésus, ... ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout ». Mes soeurs, mes frères, la perfection n'est pas, dans l'Évangile, une performance impeccable, une excellence rare, mais simplement le consentement à aller jusqu'au bout de ce que la vie nous propose aujourd'hui. Faire les pas nécessaires pour notre pèlerinage, là où nous en sommes, sans mélanger les 'oui' et les 'non', sans des 'non peut-être ?', mais dans un accueil inconditionnel de ce Dieu nous donne. « C'est lui qui nous donne le vouloir et le faire », et l'énergie d'amour nécessaire. Comme le pape François le proposait vendredi passé aux couples rassemblés place Saint-Pierre pour la Saint-Valentin, notre prière de chaque jour doit être : « Donne-nous aujourd'hui notre amour quotidien ! »

 

Il n’a commandé à personne d’être impie

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. Car la sagesse du Seigneur est grande, fort est son pouvoir, et il voit tout. Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes. Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher.

Si 15, 15-20

Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur ! Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur !

Toi, tu promulgues des préceptes à observer entièrement. Puissent mes voies s’affermir à observer tes commandements !

Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai, j’observerai ta parole. Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi.

Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; à les garder, j’aurai ma récompense. Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur.

Ps 118 (119), 1-2, 4-5, 17-18, 33-34

La sagesse que Dieu avait prévue dès avant les siècles pour nous donner la gloire

Frères, c’est bien de sagesse que nous parlons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n’est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction. Au contraire, ce dont nous parlons, c’est de la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, établie par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dirigent ce monde ne l’a connue, car, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu.

1 Co 2, 6-10

Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement.

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout. Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’, ‘non’, si c’est ‘non’. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »

Mt 5, 20-22a.27-28.33-34a.37

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