Homélie du 15 décembre 2019

Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?

3ème Dimanche de l'Avent, de Gaudete - Année A

Une homélie de fr. Bernard poupart

Mon missel m'offre aujourd'hui cette émouvante citation d'Isaac de l'Etoile : « Les oeuvres de puissance et les signes des miracles l'accompagnaient- A l'opposé, il y avait des manifestations de faiblesse. Et c'est ce contraste qu'il exprimait brièvement dans sa réponse aux envoyés de Jean. Ainsi en est-il de moi aussi, bien aimés : tout au long du chemin de ma vie, je traine avec moi le cortège de ce qui atteste mon salut, de ce qui le contredit, de ce qui approuve, de ce qui proteste, et nulle part je ne vais sans ces compagnons. »

Isaac de l'Etoile vivait sur l'Ile de Ré. Son monastère allait au gré des marées et des caprices de l'océan. La vie monastique n'est pas la même sur une ile et sur le continent. Isaac nous livre un message de consentement : consentir aux humeurs des flots. Saint Jacques le dit autrement en parlant de patience et de fermeté.

Le propos d'Isaïe n'est pas éloigné : « fortifiez, affermissez, prenez courage. »

Ce qui suit peut paraître excessif : les aveugles verront, les sourds entendront, les boiteux bondiront, les captifs seront libérés. Nous avons pourtant tellement besoin de mieux voir, de mieux entendre, et d'aller librement sur nos chemins. Mais en même temps, nous sommes circonspects quand le prophète promet un bonheur sans fin. Le bonheur, tous y aspirent en croisant les doigts. Jésus l'offre d'emblée, presque ingénieusement, dans le discours sur la montagne : bonheur pour les pauvres, les doux, les coeurs simples, les affamés et assoiffés. Jésus vient annoncer que Dieu veut le bonheur.

Il ne peut rien vouloir d'autre !

Il nous a crées dans une promesse de bonheur. C'este ce qui inspirait la prière de Sainte Claire d'Assise : « Je te remercie, ô Dieu, de m'avoir créée. »

Pouvons-nous reprendre cette prière dans les tourments et les angoisses ? Dieu m'a créé pour un bonheur.

« Un bonheur sans fin illuminera leurs visages. Allégresse et joie les rejoindront. Douleurs et plaintes s'enfuiront. »

Comment tenir ce propos dans les tourments du monde ?

C'est le secret de l'espérance. Et il faut toujours réapprendre à regarder le monde avec espérance. Les médias ne nous y aident pas, mais il faut constamment chercher à les démentir. L'Esprit de Dieu est à l'oeuvre en ce monde pour ce bonheur. Il est plus fort que toutes les puissances du mal. Et notre vocation est d'être témoins têtus de cette espérance.

Alors, Gaudete, dit la liturgie de ce jour avec St Paul aux Philippiens. Réjouissez-vous car le Seigneur est proche. La joie ne se commande pas, mais on peut y inviter. Et en donner la raison : le Seigneur est proche. Cette proximité peut s'entendre de deux manières : Il est proche dans le temps, parce que Noël approche. Mais il est aussi proche de nous dans l'espace : il est à côté de nous, avec nous. Il se tient au coeur de l'Église en attente.

Nous savons bien que nous n'attendons pas seulement la fête de Noël. Nous attendons toujours la venue les le déploiement du Royaume de Dieu dans le monde. Et aujourd'hui, en ce temps de l'Avent, le temps du désir, nous logeons notre attente au coeur du monde.

Oui, Dieu vient encore. Il s'est épris de ce monde qu'il a créé pour l'aimer. Il y est entré, le Verbe s'est fait chair, et ainsi, nous ne pouvons plus le chercher en sortant de ce monde. Le monde est plein de Dieu. Il nous suffit de bien regarder. Il faut le croire pour le voir.

Alors nous pouvons dire à celui qui est dans le chagrin, où dans le doute, ou dans la froideur : La petite joie de Dieu est assise à côté de toi. Elle attend que tu lui ouvres ton coeur. Ose te réjouir : cette joie ne vient pas de toi. C'est la joie radieuse de Dieu qui entre dans le monde.

La joie ne se commande pas. Elle fleurit toute seule dans la prairie de nous vies. Elle est douce, mais aussi tenace. Elle guette la plus petite ouverture de ton coeur. C'est Dieu qui nous l'offre. Il nous revient seulement de l'accueillir.

Soyez joyeux dans le Seigneur ! Et dites au monde que Dieu trouve en lui sa joie.

 

Dieu vient lui-même et va vous sauver

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Is 35, 1-6a.10

Le Seigneur fait justice aux opprimés, aux affamés, il donne le pain, le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l’étranger, il soutient la veuve et l’orphelin. D’âge en âge, le Seigneur régnera.

Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10a

Tenez ferme vos cœurs car la venue du Seigneur est proche

Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive. Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

Jc 5, 7-10

Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Mt 11, 2-11

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