Homélie du 11 août 2019

Vous aussi, tenez-vous prêts

Dimanche, 19ème Semaine du Temps Ordinaire - Année C

Une homélie de fr.

Quelle est la vrais mesure de nos jours ? Nous sommes ensemble ce matin pour raffermir notre foi, notre espérance et apprendre à conjuguer notre vie avec celle des autres.

Au début de cette eucharistie, tournons-nous vers le Père de tout amour et de toute miséricorde et reconnaissons notre manque de solidarité et de partage.

Un temps de repos m'a conduit au bord de la mer où je regardais des enfants creuser un trou dans le sable et, de leur petit seau se hâter de le remplir avec l'eau de la mer. Relation du tout petit et de l'infini de l'océan. Sagesse inconsciente de la relation entre la création et nous-même-

Homélie

Tout homme, au long de sa vie, est responsable de « ses choix de vent » comme l'exprime à sa manière Qohèleth. Mais qui est ce Qohèleth soulignant la folie de l'existence, la vanité du parcours de la création et celui de nos vies. Tout est-il vanité ? Tout est-il folie ? Trois ouvrages de la Bible, formant un triptyque, sont attribués au roi Salomon, fils de David : le premier, le livre des Proverbes lié à l'éthique, le second, dont nous avons entendu un extrait, se nomme l'Ecclésiaste appelé aussi Qohèleth est la connaissance de la nature soulignant les rythmes cycliques de la vie se déroulant « sous le soleil ». Il laisse deviner la nécessité de la conversion et ce désir divin qui trouve sa pleine dimension dans le troisième livre, le Cantique des Cantiques, plénitude d'une présence et en même temps attente infinie du Bien-aimé. Ces trois écrits nous invitent progressivement à un dépassement. Dans l'extrait que nous avons entendu de Qohèleth, il s'agit d'un constat physique de notre existence et de son impermanence.

Moi, Salomon, j'ai vu toutes les oeuvres de Dieu qui se font sous le soleil (elles sont décrites dans 12 petits chapitres), le retour cyclique des choses, l'inutilité des efforts de l'homme, fût-il le plus comblé, se succèdent se répètent, invitant à la conversion.

Ainsi, tous les torrents vont à la mer et la mer n'est pas remplie ; ce qui a été, c'est ce qui sera. Rien de nouveau sous le soleil- Sagesse et sottise s'inscrivent dans de l'humour et un certain cynisme. Nous sommes bien sous le soleil, ce qui marque une séparation nette entre Dieu dans le ciel et notre existence.

Après avoir saisi tout ce qui est corporel, fragile et périssable, celui qui s'applique à la sagesse, renonce au siècle tout entier, tend vers l'éternel et découvre l'invisible à travers les figures de la bergère et du Bien-aimé du Cantique des cantiques. Leur rencontre à la fois corporelle et mystique ouvre l'infini du coeur de Dieu. « Mon coeur est sans repos tant qu'il ne demeure en Toi ». Après tous les efforts de cette vie, tout s'envole, rien ne restera. Seul l'amour assurera la permanence de notre existence. Amour, partage, pardon.

Deux petites paraboles de St Luc illustrent la mission de Jésus dans l'Evangile où tout se conjugue en termes de « nous », de solidarité, et non pas en termes de je. La première histoire s'inscrit dans le contexte de la Palestine au 1er siècle. Le père mort, deux fils s'affrontent. Le cadet veut recourir à un arbitre. Jésus refuse une justice humaine qui n'est pas reliée à la venue du royaume de Dieu. Il rejette la cupidité du cadet et son avidité négligeant le prochain.

L'évangile se réfère à la mission de Jésus : aimer Dieu qu'il appelle mon Père et votre Père, à sanctifier son Nom, à faire advenir son Règne, à aimer ceux et celles qui deviennent ainsi nos frères et nos soeurs.

La deuxième parabole décrit la pensée intérieure d'un grand propriétaire terrien qui doit choisir entre la Sagesse de Dieu et le manque de réflexion des hommes. Les affaires de ce propriétaire sont en effet florissantes ; elles sont le fruit de la générosité de la création. Que vais-je faire, se dit-il, devant une telle abondance ? Le distribuer aux pauvres ? L'idée ne l'effleure même pas ! Je vais reconstruire plus grand ma grange, mon grenier.

Son souci est de capitaliser. Son programme est simple, centré sur lui-même : repose-toi, mange, bois, réjouis-toi- Dans les écrits du prophète Isaïe, on retrouve ce leit-motiv : « mangeons, car demain nous mourrons ». Is. 22. 13. Cette expression proverbiale se retrouve dans Qohèleth : « Il n'y a rien de bon sous le soleil, sinon manger, boire et se réjouir » 8. 15. Le Dieu de la parabole n'y va pas par quatre chemins. Insensé, tu es fou : c'est la déraison qui te mène, le terme hébreu évoque la buée qui s'évapore.

C'est l'oubli de Dieu et des autres ! Cette nuit même, on va te redemander ta vie. Qui va bénéficier de ce que tu auras accumulé ? C'est le caractère insensé d'une vie sans Dieu ; le côté passager des richesses-Jésus métamorphose notre réalité terrestre par cet Amour qui nous relie les uns aux autres. Et saint Paul dans l'épître aux Colossiens va encore plus loin : Frères et soeurs, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en haut.

Notre vie est appelée à faire advenir le Royaume de Dieu au sein de notre communauté chrétienne et la nourriture qui nous transforme est celle de l'Eucharistie. Frères et soeurs, marchons ensemble dans la sagesse divine qui passe par le mystère de la Croix du Christ et luttons contre cette part de nous-mêmes qui nous attire vers ces choix de vent que sont l'égocentrisme et les richesses du monde.

Mes soeurs, mes frères, en ce 18e dimanche, les textes nous rappellent le cycle répétitif de la vie où tout peut paraître vanité des vanités, buée sur buée. Jésus nous enseigne à travers deux petites paraboles que la vie ne se conjugue pas à la première personne, mais au pluriel et que nous avons aussi à partager les richesses de la création.

Maurice Carême décrivait le jeu contrasté de la vie dans ces versets :

Qu'a-t-on perdu, qu'a-t-on gagné à l'étrange jeu de la vie ? Ne perd-on pas, avec les années, Jusqu'à l'envie de gagner ?La foi, l'amour, l'argent, la gloire, chacun joue le jeu comme il peut. Mais on devient si vite vieux au coeur de cette immense foire.Qu'a-t-on gagné, qu'-a-t-on perdu au jeu tragique des secondes ? Les dieux sont morts, le ciel s'est tu. Et l'homme est seul, si seul au monde !

 

En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire

La nuit de la délivrance pascale avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.

Sg 18, 6-9

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! Hommes droits, à vous la louange ! Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !

Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi !

Ps 32 (33), 1.12, 18-19,20.22

Abraham attendait la ville dont le Seigneur lui-même est le bâtisseur et l’architecte

Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.

Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte.

Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.

He 11, 1-2.8-12

Vous aussi, tenez-vous prêts

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Lc 12, 35-40

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