Homélie du 28 juillet 2019

Demandez, on vous donnera

17ème dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Une homélie de fr. Benoît Standaert

Bien chers amis, bienvenue à vous tous, en ce dimanche rafraîchissant! Respirons bien, respirons Dieu. Il donne son Esprit à celui qui le lui demande.

Saint Paul, dans la deuxième lecture nous renvoie à l'essentiel : notre baptême, cette plongée dans le Christ, un dépouillement avec lui pour renaître, ressusciter avec lui, en une vie pardonnée. Chaque dimanche rappelle Pâques, et Pâques se traduit dans nos vies comme le constant renouvellement de notre baptême, un mouvement de purification et de renaissance, dans la pardon. Invoquons le Christ, qu'il vienne à nous avec sa force de pardon et nous réconcilie avec Dieu et avec tout.

Père très saint.
Tu es proche de chacun de nous.
Tu nous invites à demander, chercher et frapper sans relâche, Et tu donnes la prière à celui qui te la demande.
Donne-nous donc ton Esprit qui prie en nous.
Que nous soyons prompts à accomplir ta volonté en toute chose et
à te rendre grâces en toute circonstance.
Par Jésus Christ, ton Fils et notre Seigneur-

Bien chers amis.

Un vieux dicton rabbinique rappelle que « le monde repose sur trois colonnes ». Heureux qui retrouve dans le quotidien cette solidité d'un triple principe qui affecte nos trois relations essentielles, à nous-même, à Dieu et à autrui. Il y a le principe de l'étude, de la réflexion, de la lumière qui nous vient de l'intelligence des choses. « L'étude de la Torah », disent les rabbins. « La Doctrine des apôtres », disent les Actes. La lectio divina, disait saint Benoît, de son temps. L'écoute attentive et intelligente de la Parole de Dieu, disons nous aujourd'hui, une sagesse pour chaque instant. La deuxième colonne concerne le culte, la prière, la relation à Dieu dans tout ce qui est oraison. L'opus divinum de saint Benoît, l'art de prier sans cesse de Jésus, de saint Paul et du pèlerin russe. La troisième colonne s'incarne dans « les oeuvres de miséricorde », disent les rabbins, la charité de saint Paul, l'humanitas de saint Benoît, l'hospitalité et le service mutuel, l'attention aux plus petits, aux malades, aux enfants comme aux vieillards, à l'étranger, au pauvre qui frappe à la porte.

Ces trois colonnes, Luc les a rejouées à sa façon, dans les trois péricopes qu'on a entendues dans la succession des trois derniers dimanches : aujourd'hui nous recevons une catéchèse sur la prière, avec une anecdote racontée sous forme de parabole. La parabole des trois amis ou celle des trois pains dans la nuit ! Il y a quinze jours on avait affaire à un légiste qui interrogeait Jésus sur le grand commandement. Et là, Jésus illustrait l'amour du prochain par le fait divers d'un homme tombé aux mains de bandits, entre Jérusalem et Jéricho, avec un Samaritain qui le découvre au bord du chemin, à demi mort. C'est la catéchèse des oeuvres de miséricorde. Et dimanche dernier, au beau milieu de tout, il y a, avec les deux soeurs Marthe et Marie, le moment de discernement de l'unique nécessaire qui a priorité sur tout et que nul ne peut ravir. La lumière de la Torah, diraient les rabbins, l'écoute patiente et vitale de la Parole.

En trois dimanches on reçoit ainsi un enseignement complet sur l'essentiel : lucidité dans l'intelligence de ce que Dieu dit et veut, c'est la première colonne ; persévérance dans la prière, la deuxième colonne, et application dévouée au service d'autrui, la troisième colonne. Et les rabbins insistent : n'essayez pas de réduire les trois colonnes à deux ou à une seule. Votre monde s'écroulera. Veillez à honorer Marthe et Marie, le bon Samaritain et l'ami dérangé dans la nuit.

Jésus précise aujourd'hui : ne cherchez pas trop loin pour trouver la solution à votre questionnement. Interrogez votre coeur. « Qui d'entre vous- » nous dit Jésus. S'il est père, il ne va pas donner une pierre à son fils qui lui demande du pain ! S'il est ami, il ne va refuser de donner ce que demande son ami, même si celui-ci le dérange en pleine nuit et insiste avec impudence ! Combien plus Dieu donnera, lui qui est autrement père de chacun de vous et autrement ami à votre égard !
Dieu donne, nous enseigne Jésus. Il donne le meilleur !
Dieu donne le meilleur à qui demande le meilleur !
Dieu ne donne rien d'autre finalement que l'Esprit saint, il donne ce qu'il est, non pas ce qu'il a car il n'a rien, il ne possède rien, n'est intéressé à fermer la main sur rien. Il se donne, sans plus.

Et surtout ne doutez pas, dit Jésus : À qui frappe on ouvrira ! Qui cherche trouve ! Qui demande reçoit ! Jésus le répète jusqu'à six fois, comme un poème lancinant, tant il est sûr de ce qu'il avance ! Heureux qui communie à sa belle confiance en Dieu ! Origène, en écoutant ce passage, analyse chaque expression et retrouve nos trois colonnes : Demande et tu recevras ! Voilà la prière. Cherche et tu trouveras, voilà l'étude - scruter les Écritures ! Frappe à la porte et on ouvrira, voilà l'action ! Et les trois ne font qu'un car Dieu donne.

Prions donc. Étudions chaque jour un peu pour voir clair dans la foi, désirons d'un coeur ardent dans la prière pleine d'espérance, pour enfin vivre la joie du partage, dans le service, l'hospitalité, l'amitié, l'amour.

Chaque eucharistie du dimanche célèbre l'interaction des trois axes de la vie : les fameuses colonnes du monde. Ne négligeons aucun des trois axes, l'étude de la Parole, la prière qui rend grâce et la joie du partage, et découvrons que tout aboutit dans la paix de Dieu, qui est tout et en tous.

 

Que mon Seigneur ne se mette pas en colère si j’ose parler encore

En ces jours-là, les trois visiteurs d’Abraham allaient partir pour Sodome. Alors le Seigneur dit : « Comme elle est grande, la clameur au sujet de Sodome et de Gomorrhe ! Et leur faute, comme elle est lourde ! Je veux descendre pour voir si leur conduite correspond à la clameur venue jusqu’à moi. Si c’est faux, je le reconnaîtrai. » Les hommes se dirigèrent vers Sodome, tandis qu’Abraham demeurait devant le Seigneur. Abraham s’approcha et dit : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le coupable ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? Ne pardonneras-tu pas à toute la ville à cause des cinquante justes qui s’y trouvent ? Loin de toi de faire une chose pareille ! Faire mourir le juste avec le coupable, traiter le juste de la même manière que le coupable, loin de toi d’agir ainsi ! Celui qui juge toute la terre n’agirait-il pas selon le droit ? » Le Seigneur déclara : « Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d’eux je pardonnerai à toute la ville. » Abraham répondit : « J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre. Peut-être, sur les cinquante justes, en manquera-t-il cinq : pour ces cinq-là, vas-tu détruire toute la ville ? » Il déclara : « Non, je ne la détruirai pas, si j’en trouve quarante-cinq. » Abraham insista : « Peut-être s’en trouvera-t-il seulement quarante ? » Le Seigneur déclara : « Pour quarante, je ne le ferai pas. » Abraham dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère, si j’ose parler encore. Peut-être s’en trouvera-t-il seulement trente ? » Il déclara : « Si j’en trouve trente, je ne le ferai pas. » Abraham dit alors : « J’ose encore parler à mon Seigneur. Peut-être s’en trouvera-t-il seulement vingt ? » Il déclara : « Pour vingt, je ne détruirai pas. » Il dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère : je ne parlerai plus qu’une fois. Peut-être s’en trouvera-t-il seulement dix ? » Et le Seigneur déclara : « Pour dix, je ne détruirai pas. »

Gn 18, 20-32

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force.

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l’orgueilleux. Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre, ta main s’abat sur mes ennemis en colère.

Ta droite me rend vainqueur. Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

Ps 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 6-7ab, 7c-8

Dieu vous a donné la vie avec le Christ, il nous a pardonné toutes nos fautes

Frères, dans le baptême, vous avez été mis au tombeau avec le Christ et vous êtes ressuscités avec lui par la foi en la force de Dieu qui l'a ressuscité d’entre les morts. Vous étiez des morts, parce que vous aviez commis des fautes et n’aviez pas reçu de circoncision dans votre chair. Mais Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a pardonné toutes nos fautes. Il a effacé le billet de la dette qui nous accablait en raison des prescriptions légales pesant sur nous : il l’a annulé en le clouant à la croix.

Col 2, 12-14

Demandez, on vous donnera

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. » Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : ‘Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation. » Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : ‘Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.’ Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : ‘Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose’. Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Lc 11, 1-13

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