Homélie du 7 octobre 2018

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !

Dimanche, 27ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Homelie du 27e?me dimanche ordinaire B

Ce que Dieu a uni, que l'homme ne les sépare pas 7 octobre 2018 

Marc 10, 2-16

Je ne peux pas vous parler d'un sujet dont je ne connais que peu de choses ! Ne serait-ce pas normal que des personnes mariees s'expriment aujourd'hui sur ce qui semble etre central dans cet évangile ? Je me permettrai donc d'elargir la meditation sur le fameux : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne les separe pas. »

Partons du constat qu'il existe, au-dela? de la diversite?, une synthèse harmonieuse, non seulement entre la femme et l'homme mais encore entre la nuit et le jour, l'hiver et l'éte?, le labeur et le repos, l'effort et le plaisir, le corps et l'âme, la mort et la vie, l'Église de la terre et celle du ciel et, pour couronner le tout, entre l'homme et Dieu.

Un jour, une revue allemande a pose? a? notre P. Frédéric la question : « Qu'est-ce que l'ordre pour vous ? » Il a répondu : « L'ordre ne me parait pas comme une situation stable, toute faite. En ce monde, il ne peut être qu'un processus, une tension fragile et délicate. C'est l'effort qu'on fait pour atteindre a? une synthèse vivante. L'affirmation - la these - ne me satisfait jamais a? elle seule. La critique - l'antithèse - non plus. Elles ne respectent pas entièrement la complexite? de la vie. Il n'y a d'ordre créateur que la? ou? l'on s'efforce réellement de bâtir un pont entre les différentes terres, de les unir par le dedans. Parfois cela va vite, parfois tres lentement. Une image pour exprimer cela ? Peut-être, le sourire a? travers les larmes. »

A travers toute la Bible, il y a comme un fil rouge, un incroyable projet de « synthèse, d'unite?, d'alliance des hommes entre eux - « Que tous soient un » - et de Dieu avec eux : « Je vous ai inscrits sur la paume de mes mains », « vous e?tes mes enfants bien-aimes » et encore : « Mon Fils, parlant en mon nom, vous a aimes jusqu'au bout ».

« Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas » ! En d'autres mots : ce que Dieu aime, que l'homme ne le méprise pas, ce que Dieu bénit, que l'homme ne le maudisse pas... Regardons le texte de près : « Ce que Dieu a uni » et non « ce qu'Il va unir » : l'unite? est faite, elle est donnée, tout est accompli. Depuis deux mille ans, la Croix de Jésus se dresse. Depuis deux mille ans, l'homme, lui, se prenant souvent pour Dieu, continue a? travailler a? contre-courant : mots blessants, pensées me?chantes, guerres, attentats, violences physiques, barrières, murs, kalachnikovs ; et par ailleurs : déploiement quotidien d'efforts diplomatiques, Prix Nobel, négociations, rapprochements, déminage, réconciliations, estime mutuelle, douceur. Donc l'unite? est en route chez nous et donnée en Dieu : elle n'est pas une notion, un programme moral a? réaliser; elle est une Personne en chair et en os qui l'a incarnée : « Maintenant, dans le Christ Je?sus, vous qui e?tiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C'est lui, le Christ, qui est notre paix....en sa personne il a tue? la haine » écrit Paul aux Éphésiens 2, 13-16.

Venir a? l'Eucharistie, je pense que c'est faire l'humble constat d'une radicale impuissance : le grand rêve d'unite? conçu par le Créateur n'est pas a? portée humaine. Et si nous croyons le contraire, si nous pensons être capables de réaliser cette unite?, alors soyons honnêtes, arrêtons les frais, ne continuons pas la Messe. Que le prêtre dise simplement : « Allez dans la paix, rentrez chez vous et faites ce que vous pouvez sans trop vous décourager en lisant la presse quotidienne. » Mais justement, le prêtre ne dira pas : « Allez dans la paix » mais « Allez dans la paix du Christ ! » En venant ici nous professons que l'homme-Dieu, Jésus-Christ a joue? sa part irremplaçable, qu'Il est l'amour et que celui qui demeure dans l'amour demeure en Lui. Et comment demeurer dans l'amour sinon en acquérant la simplicite? de l'enfant qui vient demander au Christ Sa capacite? d'aimer contre vents et marées et de ne pas abimer l'amour naissant, ou? qu'il soit.

Et voici l'Eucharistie : le pain rompu, que l'homme ne le jette pas a? la poubelle, la coupe de l'Alliance, le sang répandu par amour, qu'il ne l'écarte pas, le sacrement du pardon et de la réconciliation, qu'il s'en approche, reconnaissant humblement que le travail d'unite? dépasse ses forces mais que, fort de l'amour du Père, il pourra réunir ce qui est menace? de désunion.

Et si, pris de découragement il doute encore du sens de sa quête d'unite? ou de l'aboutissement ses efforts, qu'il se rappelle la parole de Paul aux Galates 2, 20 : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ». La prière après la communion redira tout cela tout a? l'heure :

« Accorde-nous, Seigneur notre Dieu, de trouver dans cette communion notre force et notre joie afin que nous puissions devenir ce que nous avons reçu : le CORPS du CHRIST !

 

Tous deux ne feront plus qu’un

Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun. L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde. Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place. Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme. L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. » À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.

Gn 2, 18-24

Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur. De Sion, que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël.

Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-6

Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine

Frères, Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de sa Passion et de sa mort. Si donc il a fait l’expérience de la mort, c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous. Celui pour qui et par qui tout existe voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ; c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances, celui qui est à l’origine de leur salut. Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères,

He 2, 9-11

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !

En ce temps-là, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »

Mc 10, 2-12

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