Homélie du 30 juillet 2017

Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ

17ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Une homélie de fr. Dieudonné Dufrasne

Nous sommes au ch.13 de l'évangile selon st Matthieu. Nous sommes, oui encore et toujours, au ch. 13. Nous l'avons commencé il y a quinze jours, lors du 15e dimanche de ce temps ordinaire. Nous en avons poursuivi la lecture dimanche dernier, 16e du temps ordinaire. Et nous en terminons la lecture, ce 17e dimanche.

Durant tout ce temps, Jésus, qui était sorti de la maison, était assis au bord du lac.

Et nous, nous étions et nous sommes encore parmi la foule, elle-même assise sur le rivage.

De toute évidence, il fait soleil sur la plage, avec un vent léger venant du large. Nous nous sentons bien, nous avec Jésus et Jésus avec nous. Tantôt nous déballerons nos petits pains au seigle et ferons frire des poissons fraîchement pêchés. Mais, pour le moment, ce sont les paroles de Jésus qui nous nourrissent le coeur et l'âme.

Nous sommes là autour de lui comme cette bonne terre dans laquelle tombent les grains qui promettent de donner du fruit à raison de 100, ou 60, ou 30 pour 1. Et Jésus, en nous regardant, ne peut s'empêcher de nous dire : « Rendez-vous compte, mes amis, à quel point vous êtes heureux, heureuses vos oreilles parce qu'elles entendent ce que vous entendez ». Et se laissant aller à son propre bonheur d'être avec nous, Jésus va prononcer un petit mot parmi les centaines de mots qu'il a déjà prononcés : le bon grain, l'ivraie, le grain de moutarde, le fils du Mauvais, les anges moissonneurs, les pleurs et grincements de dents, etc. etc., un mot qui sonne comme du cristal : la joie.

« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau. Et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il a pour acheter ce champ ».

Cette joie, il ne l'a pas méritée par ses efforts ou ses mérites. Non, elle était là, cachée sous ses pieds comme si elle lui était réservée de tout temps. Cette joie est un pur cadeau qu'il reçoit tout ébloui, une joie faite à sa mesure, à la mesure du trésor préparé personnellement pour lui.

Une joie éblouissante, apo tès chôras autou, dit le grec, une joie que le latin appelle gaudium, une joie profonde. C'est la joie même à laquelle l'Ange de l'Annonciation invite Marie : chaire Maria : sois dans la joie, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, oui, le même verbe, tu as trouvé, trouvé un trésor : tu vas mettre au monde le Fils du Très-Haut. Une même insistance donc : une joie qui n'est pas le fruit de tes efforts ou de tes mérites, mais une joie qui a été déposée en toi par Dieu. Et je suis chargé, dit l'Ange, de te la faire découvrir.

Nous sommes ici, soeurs et frères, au coeur du mystère de l'expérience de la foi. Chacune, chacun de nous est appelé à découvrir que Dieu l'a voulu, l'a choisi, l'a précédé, dès le sein maternel comme ose le dire le Psaume 138 :

« C'est toi, ô Dieu, qui m'as formé les reins, qui m'a tissé dès le sein de ma mère. Déjà tu connaissais mon âme et mes os n'étaient point cachés de toi quand je fus façonné dans le secret, brodé au profond de la terre. Je te rends grâce pour tant de mystères, prodige que je suis et que tes oeuvres ! »

Chacun(e) doit, au long de son existence, découvrir le fil rouge qui part du coeur de Dieu et traverse, sans se briser, la trame du tissu personnel de sa vie. Et Dieu, par toutes les ruses de sa tendresse, fait en sorte que jamais le fil rouge ne se brise, et que ma joie ne soit mise en péril.

Dans un de ses poèmes, le frère bénédictin, Gilles Baudry, écrit ceci:

« Au matin, à chaque réveil, je ressuscite. Et je reste étonné qu'aux premières lueurs du jour, je sois mis en état d'annonciation, et sois rendu digne d'entendre : « Sois dans la joie ! », marquant ainsi d'un signet la page de garde où ma vraie vie peut commencer ».

 

Tu m’as demandé le discernement

En ces jours-là, à Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. » Salomon répondit : « Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? »

Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. »

1 R 3, 5.7-12

Mon partage, Seigneur, je l’ai dit, c’est d’observer tes paroles. Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent.

Que j’aie pour consolation ton amour selon tes promesses à ton serviteur ! Que vienne à moi ta tendresse, et je vivrai : ta loi fait mon plaisir.

Aussi j’aime tes volontés, plus que l’or le plus précieux. Je me règle sur chacun de tes préceptes, je hais tout chemin de mensonge.

Quelle merveille, tes exigences, aussi mon âme les garde ! Déchiffrer ta parole illumine et les simples comprennent.

Ps 118 (119), 57.72, 76-77, 127-128, 129-130

Il nous a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils

Frères, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères. Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire.

Rm 8, 28-30

Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.

Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. »

Mt 13, 44-46

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