Homélie du 13 décembre 2020

Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas

Dimanche, 3ème Semaine de l'Avent DE GAUDETE - Année B

Une homélie de fr. Grégoire Maertens

Quoi de plus beau que la première antienne du Missel au 2ème dimanche de l'Avent ! « Voici que le Seigneur va venir pour sauver tous les hommes. Il fera retentir sa parole pour la joie de votre coeur. »

En effet, dimanche après dimanche, l'Église essaye de se mettre à la place des chrétiens rassemblés aux quatre coins du monde pour partager avec eux de quoi les maintenir en santé : santé du corps, oui, mais, aujourd'hui, santé de l'âme, dont nous avons tant besoin. Nous sommes donc invités à mâcher, à goûter ce qui nous a été servi par Isaïe, Pierre et Marc, sans oublier Jean-Baptiste.

Isaïe semble nous prémunir contre la peur et la tristesse : « Consolez, consolez mon peuple- ». Récemment dans un article de journal, il était question de consolation : l'auteur expliquait qu'il ne s'agissait pas d'inonder une personne de belles paroles, encore moins de fuir, mais d'être là tout simplement, oser rester assis à côté de quelqu'un qui souffre sans craindre de ne savoir quoi dire. Etre là, près de la personne, sans oublier son âme : « Nos âmes ont été oubliées, écrivait un éditorialiste, or la dimension spirituelle, qu'elle soit chrétienne, juive, musulmane ou laïque fait partie intégrante de notre humanité. L'absence de toute référence à ce besoin d'élévation, de transcendance, est interpellante. » Non moins important encore : faire mémoire de la source de toute consolation : L'Esprit-Saint n'est-il pas appelé « Consolateur, Paraclet ? » Pour parler de Dieu et de son rôle de consolateur, Isaïe préfère des images moins abstraites, plus familières : loin des Pantocrators terribles des absides byzantines il nous fait un portrait incroyable du Seigneur : « Comme un berger il rassemble son troupeau, il porte sur son sein les agnelets et procure la fraîcheur aux brebis qui allaitent. » (Is. 40, 11) Si l'image du berger nous est un peu étrangère, nous ne pouvons dire la même chose de la mère berçant son nouveau-né : pensons-nous parfois à Dieu dans ces termes-là ?

Pierre, quant à lui, nous met en garde contre la crainte et le découragement : il ne s'agit pas de s'effrayer, quelles que soient les catastrophes dont le monde est le théâtre, mais d'attendre : non dans l'indifférence et la passivité mais dans la sainteté : traduisons : dans l'engagement chrétien à la suite de Jésus : tous les évangiles de la première semaine de l'Avent ne nous ont pas donné à méditer sur un petit enfant dont on se prépare à célébrer la naissance à Noël : ils nous ont montré le Maître, sillonnant la Palestine et faisant le bien partout où il passait : nourriture, guérison, consolation pour tous ceux qui l'approchaient. Quand Pierre exhorte les siens : « Faites tout pour qu'on vous trouve sans tache ni défaut » il ne pense pas à autre chose qu'à une vie conforme aux sentiments présents dans le Seigneur Jésus. Et il conclut : non dans la panique mais « dans la paix ».

Jean-Baptiste, enfin, parle de « préparation ». Il me semble cependant qu'il ne s'agit pas d'une incitation à un activisme effréné mais plutôt à un entraînement d'humilité : se préparer à un événement venu d'autre part : le psaume 84 le disait déjà : « Ce que dit le Seigneur, c'est la paix--.son salut est proche--.la vérité germera de la terre--du ciel se penchera la justice --.Dieu lui-même donne le bonheur-- ». Comme le dit St Paul dans la lettre aux Romains : « Il ne s'agit pas de l'homme qui veut et qui court mais de Dieu qui fait miséricorde ». (Rm. 9, 16) Il est question donc surtout de se préparer à recevoir : à reconnaître le donateur : Jean semble pressentir que son baptême à lui n'est qu'une faible image de ce qui suivrait : ce n'est pas lui qui sauve : il se contente de préparer, de désigner, de frayer le chemin des coeurs à celui qui offrira le don le plus magnifique : l'Esprit-Saint , Esprit de Jésus, Esprit du Père, Esprit du Berger qui porte les agneaux sur son coeur, qui guérit pour de bon le monde de ses misères.

Grâce au Christ Jésus, le Père se fait pour nous, en cette Eucharistie, Berger attentionné.

« Peuple de Dieu, voici que le Seigneur est venu pour sauver tous ses agneaux.Il a fait retentir sa parole pour la joie de votre coeur. »

Rendons grâce.

 

Je tressaille de joie dans le Seigneur

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux. Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.

Is 61, 1-2a.10-11

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour

Lc 1, 46b-48, 49-50, 53-54

Que votre esprit, votre âme et votre corps soient gardés pour la venue du Seigneur

Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal. Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, Celui qui vous appelle : tout cela, il le fera.

1 Th 5, 16-24

Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

Jn 1, 6-8.19-28

pageData
Array
(
    [page] => Array
        (
            [title] => Homélie
            [description] => 
            [headerLogo] => Array
                (
                )

        )

    [description] => Monastère Saint-André de Clerlande
)
GET
Array
(
    [page] => liturgie
    [page2] => homelie
    [page3] => 12738
    [page4] => 
)
tooltip