Homélie du 8 décembre 2019

Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche

2ème Dimanche de l'Avent - Année A

Une homélie de fr.

Mes soeurs, mes frères, qu'avons-nous attendu cette semaine ? Qu'attendaient ceux que nous avons rencontré ? Les uns se sont mobilisés autour des nombreux cortèges qui se rassemblaient à Paris et dans la France ; d'autres, les plus petits attendaient la venue de St Nicolas, d'autres encore se préoccupaient les personnes démunies et malades en cette période de froid.

En ce 2ème dimanche de l'Avent, Jean-Baptiste conforte nos coeurs dans l'attente de Jésus-Christ qui renouvelle notre baptême dans l'Esprit et le feu. Les dons de l'Esprit nous sont précisément rappelés par le prophète Isaïe en trois fois deux mots. Quels sont-ils ?
- La sagesse et le discernement, fruits de l'expérience ;
-Le conseil et la force : c'est le courage de vivre dans la bonne direction !
- La connaissance et le profond respect de Dieu qui s'exprime en hébreu par le mot crainte.

Voilà des outils de discernement dans l'attente de Noël. Mettons-nous sous le Souffle de Dieu qu'Il nous donne les dons de l'Esprit Saint et nous fasse entrer en profondeur au coeur de nos vies, de nos relations, du Dieu de miséricorde et d'amour vers lequel nous nous tournons.

Prions :
Que ton Esprit Saint, Dieu créateur, nous transforme par ses dons : qu'Il change notre coeur en un coeur aimant parfaitement accordé à ta volonté, par Jésus ton Fils notre Seigneur.

Homélie

Mes soeurs, mes frères

Ce deuxième dimanche de l'Avent, temps du long désir, est d'abord un éveil de nous-mêmes à nous-mêmes, en quelque sorte un recommencement absolu face au Seigneur qui s'adresse à nous. Lorsque nous pensons être descendus au plus profond de notre être, nous constatons que nous pouvons aller plus loin.

Bien sûr, il nous est possible de nous replier sur nous-mêmes et demeurer dans une solitude mystérieuse. Nous pouvons aussi accepter dans un travail intérieur de transformation, nos limites, nos blessures et celles de la société. C'est un chemin initiatique à la façon dont la perle naît d'une écharde dans la chair de l'huître. Une dernière solution est de garder vives les épreuves du quotidien. Dans cette démarche, la personne est inconsolable parce que touchée par le Souffle de notre Père des cieux, appelée par l'infini. Elle entre alors dans la filiation divine, la voie mystique.

Nous avons été baptisés dans l'Esprit Saint et le feu et nous avons marché au désert avec Jésus et Jean-Baptiste. Et les lectures de ce jour nous invitent à renouveler nos engagements sous la mouvance du Souffle de Dieu et à nous rapprocher de Celui que Jean-Baptiste déclare plus grand que lui et dont il n'est pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.

De nos jours, tant de personnes frappent aux portes du monastère pour suspendre les rythmes d'une vie harassante, trouver ce silence et cette paix intérieure qu'aucun bruit extérieur ne peut perturber, ni celui de notre entourage ni les informations continues des médias.

Chacun de nous peut entrer dans ce désert intérieur de différente manière. Jean Chrysostome osait le proposer à ses fidèles laïcs : « la nuit, levez-vous, contemplez les étoiles, le silence des éléments, cette profonde paix de la nature. Admirez la sagesse et l'amour divin. L'obscurité et le vaste silence nous portent au désert pour y retrouver le coeur de Dieu qui porte nos vies ». Dernièrement, deux journalistes de la RTBF ont passé quelques jours chez nous. A une question posée, ils me répondirent : « nous préparons un film sur l'intériorité. Notre monde en a tant besoin ! ».

Tant de personnes sont en quête d'une paix intérieure avec eux-mêmes. Ouvrons un nouveau chemin. Comme l'exprimait une musulmane à qui on demandait : « Qu'attendez-vous des chrétiens ? », elle répondit d'emblée : « Qu'ils le soient vraiment »-

Invité à Paris par les Amis des monastères, le Père Anselm Grün, rappelait l'existence des quelques 650 monastères bénédictins répartis dans le monde. Ce sont, disait-il, comme autant de lieux de respiration profonde, de prise de distance, de liberté, par rapport à nos sociétés qui tendent de nous enfermer dans leurs points de vue. Nous y trouvons un souffle nouveau qui nous transforme intérieurement. Ce chemin n'est pas sans risque. Il est redoutable et sinueux, au risque de notre propre vie. Au baptême de conversion, Jean-Baptiste annonce la venue d'un plus grand que lui qui baptisera dans l'Esprit Saint et le feu.

Cette invitation nous pousse à découvrir et redécouvrir la relation profonde qui nous unit à la personne de Jésus-Christ. L'intimité de cette relation s'inscrit dans une filiation de paternité où Dieu nous apparaît comme un Père rempli d'amour et de compassion.

Voici les foules qui surgissent de Jérusalem et de partout. Elles vont se faire baptiser par Jean le Baptiste. Celui-ci les accueille sans les ménager ! « Engeances de vipères, s'écrie-t-il, qui vous a suggérés d'échapper à la colère divine ? Vous baptiser ne suffit pas ! Produisez des fruits de justice ».

Son langage prophétique mêle les menaces et l'éthique. St Luc explicite le dialogue des différents groupes qui se présentent et posent la question : « Que devons-nous faire ? ». Aux gens aisés, Jean-Baptiste répond : « Qui a deux tuniques, qu'il partage ; qui a de quoi manger, qu'il partage » ; aux publicains, comme Zachée : « Ne faites rien au-delà de ce qui est fixé » ; aux soldats : « Ne molestez personne, contentez-vous de votre solde ».

Par le baptême, Jean-Baptiste plonge le candidat sous l'eau afin que sorte de l'onde un être nouveau. Tant de signes aujourd'hui sont des appels à créer un monde nouveau, une terre nouvelle et des cieux nouveaux. Peut-on espérer sans ce lien profond avec l'amour et la miséricorde divine ? Notre Dieu Père vient sauver toute l'humanité en nous envoyant son Fils que nous célébrerons à Noël comme une nouvelle naissance pour nous.

Notre époque est narcissique. Comme le disent les Rabbins : « Si l'être humain ne voit pas cette grandeur de Dieu, son étoile, elle, la voit ». L'appel de Jean-Baptiste « Convertissez-vous. Le Royaume de Dieu s'est approché de vous ». est proche du message de l'Evangile . C'est un feu qui embrase nos coeurs et nous prépare à accueillir Celui qui vient réveiller notre filiation divine, renouvelé chaque dimanche dans ce baptême de mort et de vie qu'est le don du Corps et du Sang du Christ jusqu'à ce qu'Il revienne.

 

Sur lui reposera l’esprit du Seigneur

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.

Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.

Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Is 11, 1-10

Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.

Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux !

Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 12-13, 17

Le Christ sauve tous les hommes

Frères, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.

Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c'est en raison de sa miséricorde qu'elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom.

Rm 15, 4-9

Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

Mt 3, 1-12

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